La cabane

La cabane du métayer.
Jim THOMPSON.

Note : 4 / 5.
À couteaux tirés.
Première édition en français de l'intégrale de ce roman datant de 1952 . La précédente traduction avait pour titre 
« Deuil dans le coton » dont une chronique figure dans ce blog.
Pauvre blanc, il est amoureux d'une métisse, Donna, fille d'un des hommes les plus riches de la région. 
Ils se rencontrent et s'aiment à la sauvette, la différence sociale et raciale sont des obstacles à leur liaison. 
À l'école Tommy est surpris par Abe Toolate prenant un reste de sandwich dans la poubelle de sa professeur. Il est convoqué chez le directeur de l'établissement, et cela se passe plutôt mal.
Dans ce coin de l’Oklahoma, un différend oppose les paysans qui cultivent le coton et des prospecteurs qui puisent le pétrole. Le père de Tommy, pauvre métayer, est tenté par le pactole qu'il pourrait toucher s'il acceptait les conditions d'une compagnie pétrolière. Mais les terres dont il est locataire sont situées au milieu de la propriété du riche métisse, Matthew Ontime, qui est le père de Donna.
L'entrevue entre les deux hommes se passe très mal et Tommy qui assistait à la scène doit intervenir, Matthew est désarçonné de sa monture. 
Mary la compagne depuis de longues années de Pa qui est encore jeune n'est pas insensible au charme de Tommy, beaucoup de problèmes pour ce jeune homme.
Et quand Matthew Ontime est découvert poignardé par une arme appartenant à Tommy, la situation de celui-ci ne s'arrange pas. Bien au contraire.
Thomas (Tommy ou parfois Tom) est le héros un peu malgré lui de ce drame. Il est persuadé d'être un enfant adopté. Alors il vénère cet homme, certes un peu brutal, il travaille comme une bête, mais c'est normal vis à vis de celui qu'il appelle « Pa ». Celui-ci a aussi adopté une très jeune fille Mary tout de suite après son veuvage. Mais la vérité est très éloignée de la version que connaît Tommy. 
Il y a un détail amusant qui diverge selon les traductions. Dans l'ancienne les noms des indiens ont été traduits par exemple : Abe Tardif ou Matthew Bienvenu. Dans cette nouvelle traduction les noms sont d'origine : Abe Toolate (Trop Tard) ou Matthew Ontime (À temps) suivant leurs dates de naissance.
Une lecture agréable, je pense que la nouvelle traduction y est pour beaucoup.
Ma chronique pour « Deuil dans le coton » est
ici et résume un peu plus l'histoire.
Extraits :
- Cette fille a tout, et tout ce dont un homme peut rêver.
- On grandit vite en ce pays cotonnier, ou on ne grandit pas. On cesse d'être un enfant dès qu'on quitte le berceau.
- C'est une vieille dame très comme il faut et plutôt stricte, que beaucoup d'élèves n'aiment pas. Mais elle a toujours été d'une incroyable gentillesse avec moi.
- Ma question est assez lamentable. On ne demande pas aux morts pourquoi ils n'arrivent pas à se lever et à marcher.
- Tu n'as pas de regrets parce que tu n'as jamais assumé tes torts. Tout était sa faute à elle-oui, et aussi la mienne.
- Le voilà maudit par ma faute. Maintenant que les cris de l'enfer se sont refermés derrière lui, plus rien ne compte.
- Kossmeyer -surnommé «Caustic » Kossmeyer par les journaux, quand ce n'est pas pire-, s'est pointé dans ma cellule, et là, d'un seul coup…
Éditions : Rivages/ Noir (2019).
Titre original : Cropper's Cabine (1952).
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Hubert Tézanas.