Bad Penny blues

Bad Penny Blues.
Cathy UNSWORTH
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Note : 4 / 5. 
La balade de Jack l’Effeuilleur. 
J’ai rencontré Cathy Unsworth au festival du Goéland Masqué de l’année dernière. C’est une romancière que j’apprécie bien que je ne sois pas un fan de romans noirs anglais. 
Un ouvrage qui pourrait être un inventaire de la chanson anglaise et mondiale entre 1959 et 1963, dates où se passe cette histoire, basée sur des faits réels. Trois parties et une bande-son : 
1° partie : With This Kiss (Yolanda) 1959.
2° partie : Night of The Vampire ( The Moontrekkers) 1961.
3° partie : Jack The Ripper ( Screaming Lord Sutch) 1963.
Le tout en 35 chapitres ayant comme nom le titre d’une chanson, cela va des Beatles, Paul Anka aux Animals ou alors des chanteurs que j’ai oubliés Conway Twitty ou encore Lesly Gore.
Durant le prologue une femme rêve du meurtre d’une autre femme… elle se nomme Stella, et vient juste de se marier avec Toby. Tout est beau, la vie se présente bien pour eux. Ils se sont connus au Royal Collège of Art. Coup de foudre immédiat, et mariage à suivre. Le monde superficiel et facile des artistes.
Pete Bradley est policier, un matin il découvre une femme assassinée, une prostituée , il ne le sait pas encore mais elle est la première d’une longue série. Le monde glauque et sombre plongeant dans la noirceur des bas fonds de la capitale anglaise.
Nous suivons la vie de ces trois personnes durant ces années. Les meurtres se suivent et se ressemblent. La presse anglaise , comme sa consœur américaine, adore accoler des surnoms aux meurtriers. Comme les victimes sont retrouvées dénudées, alors il devient « Jack l’Effeuilleur ».

Beaucoup de personnages dans ce roman : un couple fraîchement marié, Stella et Toby, un jeune policier Pete Bradley, des membres du milieu londonien, du monde politique, de la noblesse anglaise, le tout imbriqué les uns dans les autres, et les victimes des femmes qui vendent leurs corps et deviennent des aussi des victimes.Il est aussi à noter la présence de figures connues de l’histoire anglaise, Oswald Mosley, homme politique fasciste, et l’écrivain Colin Wilson. Il est également beaucoup question du monde politique anglais de l’époque et de l’affaire Profumo, membre du gouvernement ayant entretenu une liaison avec une jeune prostituée qui avait dans le même temps une relation avec un attaché militaire soviétique ! 
Nous assistons également en compagnie de Pete Bradley au combat de boxe entre l’Anglais Henry Cooper et le jeune noir Américain Cassius Clay. 
Le Londres du Swinging London, mais la face noire de ces années qui marquèrent cette période.
Un long roman difficile à résumer et d’une lecture qui s’avère ardue, mais qui nous plonge dans une époque révolue et dans l’ambiance d’une ville qui était le centre du monde des arts.
Extraits : 

- Ou étais-je Alice, passée de l'autre côté du miroir ? Tout semblait trop blanc, trop grand, trop brillant. La céramique sous mes doigts plus froide qu'une table d'autopsie.
- Encore une fille de joie. Même si elle a pas dû franchement se marrer sur la fin.
- Deux visages que j'avais déjà vus en rêve. Mes yeux parcoururent l'article.
- Il traîne avec des drôles de type. Pat aime les extrêmes : quand il fréquente la haute société, c'est la crème de la crème, mais lorsqu'il décide de s'encanailler, il peut descendre très bas. Fricote avec des voyous de l'East End qui sont fascinés parce qu'il vient de la petite noblesse.
- Parce que Marks n'est qu'un rouage dans une machine beaucoup plus grosse.
Éditions : Rivages / Noir (2014).
Titre original : Bad Penny Blues (2009).
Traduit de l’anglais par Karine Lalechère.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Le chanteur.
London noir.