Icelander
I
celander
Dustin LONG.
Note : 4,5 / 5.
 
Flannerie* en sous-sol.
Auteur américain que je découvre avec ce premier roman pour le moins baroque.
Les personnages, nombreux, sont présentés dans les premières pages selon un inventaire nommé :  « 
Dramatis Personce ». Puis vient un « Prélude », ensuite deux autres parties « Ludo » et « Cluedo » et se termine en apothéose par un « Postface» !
Nous sommes à New Crúiskeen , c’est la fête au village, on célèbre Emily Bean, sorte de Sherlock Holmes locale, détective qui fait de sa vie une croisade contre le mal. 
Mais la fête est ternie par l’assassinat de Shirley Mac Guffin. «Notre Héroïne », qui était la meilleure amie de la victime et fille d’Emily ne semble pas vouloir enquêter sur ce meurtre ! 
J'avoue un énorme problème pour faire cette chronique, comment résumer une œuvre qui n'est pas résumable ? 
Un récit commence avec une femme cherchant son chien qui a mystérieusement disparu, où l'on rencontre des créatures pour le moins bizarres nommées «Refurserkir » où l'on se promène dans le sous-sol de l'Islande ?
Nous assistons à une passe d’armes (verbale) entre Dieu voulant débarquer en Islande et provoqué en duel par Thor !
Pour vous expliquer mon désarroi, je vais copier une partie du bas de la page soixante-dix-sept :
- L'alternance des narrateurs dans cette portion du roman rend la chronologie quelque peu obscure, mais des indices internes suggèrent que les parties narrées par Nathan durant l'été 1998, alors que toutes les autres parties se déroulent (comme le reste du texte) pendant la fête d'Émily Bean de 2001 (excepté quand le contraire est explicitement précisé).
De nombreux personnages très souvent complètement décalés, qui semblent sortis du cerveau enfiévré d’un auteur plein d’imagination.
L’héroïne de ce texte se nomme tout simplement« Notre Héroïne » !
La quatrième de couverture nous parle d’un hommage étourdissant aux pulps et à la mythologie nordique. Pour moi c’est aussi un hommage à Flann O’Brien, dont les chroniques journalistiques avaient pour titre :"Crúiskeen Lawn" qu’il rédigeât, pendant vingt-cinq ans et ce jusqu'à sa mort dans l’Irish Time ». 
Autres des nombreux points communs entre les deux auteurs, les innombrables notes de fin de page ce qui est particulièrement vrai dans « Le troisième policier », chef d’œuvre de Flann O’Brien. La journée en hommage à Emily Bean ressemble étrangement au « Bloomday », créé par quelques écrivains irlandais dont Flann O’Brien et Patrick Kavanagh. 
Une lecture ardue comme peut l’être « Le troisième policier » mais très intéressante.
Un livre déroutant et une découverte avec des années de retard.
Extraits :
- Il avait une beauté traditionnelle, celle à la mâchoire carrée d'un Kirk Douglas, d'un Charlton Heston ou d'un Burt Lancaster. Elle avait l'air super absorbé par leur conversation.
- Intellectuellement sexy. La neige continuait de tomber, mais cela avait cessé de m'énerver quelque part entre chez moi et ici.
- C'est donc pour cela que ces deux-là ne se sont pas battus et que le pays fut construit par eux deux. Thor le Marteau et Christ le Clou.
- Entre ces deux points dans le temps, discrets et en apparence non continus, nous connûmes seulement un vide avec lequel le silence et l'obscurité même ne pouvaient être comparés.
- Je remarquais soudain que je commençais vraiment à me sentir un peu saoule, même si je n'avais bu que quatre bières, ce qui en temps normal n'aurait même pas suffi à me donner le tournis.
Éditions : Asphaltes (2010).
Titre original : Icelander (2006)

Traduit de l’anglais par Audrey Coussy.
*
Cette faute d’orthographe est volontaire et pleinement assumée.