le bikini de
Le bikini de diamants.
Charles WILLIAMS.

Note : 4,5 / 5.
La chasse aux diamants !
Un de mes livres préférés de cet auteur américain (1909 /1975), auteur entre autres de « Calme Blanc » et de « Aux urnes les ploucs ».
J’ai chroniqué ce roman à la fois noir et humoristique il y a quelques années dans une autre traduction parue sous le titre « Fantasia chez les ploucs ».
Billy est un très jeune garçon, qui est le narrateur de ce récit. La profession de son père qui travaille dans « Les investissements sur gazon dans les hippodromes » fait qu’il manque souvent l’école. Sam Noonan, son père, décide de rendre visite à son frère Sagamore qui vit dans ce que l’on pourrait qualifier de trou du cul de l’Amérique.
La première chose que Billy remarque c’est l’odeur qui règne. Odeur qui émane de baignoires disposées tout autour de la maison, qui contiennent un liquide pour le tannage des peaux de vaches, profession déclarée de Sagamore.
Et c’est dans ce coin paradisiaque que vient camper le docteur Severance et sa nièce Melle Harrigton qui souffre d’anémie et qui a besoin de repos. La charmante (même très charmante demoiselle) est strip-teaseuse de son état sous le nom de scène de Choo-Choo Caroline.
Pour le repos, ce n’est pas gagné, loin s’en faut. En effet entre les problèmes de Sagamore avec le shérif et ses hommes, Melle Harrigton est poursuivie par trois gangsters qui en veulent à sa vie ou à son bikini brodé de diamants.
Gangsters qui se transforment en chasseurs de lapins mais à la mitraillette… qui, les maladroits, se trucident mutuellement.
Sagamore est arrêté pour distillerie clandestine de whisky, mais quand les flacons se brisent dans le bureau du shérif, c’est du tanin qui parfume durablement les lieux.
Billy et Caroline échappent au dernier tueur, mais la jeune fille se perd dans la nuit et dans la vallée, ce qui fait beaucoup pour une seule et même personne.
Les frères Noonan flairent la bonne affaire et lancent un appel au peuple : 
Récompense !!!
Fille nue perdue dans les marais !!!
Récompense : 500$ de récompense.
Mlle Choo-Choo Caroline, Célèbre danseuse 
exotique, perdue.

La ruée vers l’or ou les diamants et le cirque à ciel ouvert peut commencer !
Nous retrouvons les mêmes personnages (très typés) que dans la précédente traduction (ce qui semble évident) ainsi que dans sa fausse suite « Aux urnes les ploucs ».
Billy, petit garçon innocent, vu son jeune âge, c’est normal. Pop son père et son oncle Sagamore sont deux personnages vivant toujours à la limite de la légalité. Le reste de la famille, c’est l’oncle Finney construisant une arche de Finney et pour cela redoutable voleur de planches.
Choo-Choo Caroline, délicieuse jeune femme, court vêtue d’un simple bikini, ce qui ne dérange pas trop sa pudeur, étant strip-teaseuse de son état, égarée dans la campagne profonde.
Autres personnages, les gangsters qui la poursuivent, et les forces de l’ordre, habituels dindons de la farce et de l’histoire.
J’adore ce roman, petit chef-d’œuvre d’humour noir et décalé. J’ai fait cette chronique sans regarder celle écrite pour « Fantasia chez les ploucs » et j’avoue que ma lecture de ce titre remontant vraiment très loin, je ne peux pas faire de comparaison entre les traductions.
Extraits :
-Mais j'ai pensé que c'était un endroit où les gens avaient tous des trucs qui clochaient : le Dr Severance et son pincement au cœur, le shérif et sa pression artérielle, Mademoiselle Harrington et son anémie, et puis la typhoïde qui traînait, et maintenant tante Bessie et son diabète du sucre. J'espérais qu'on allait rien attraper de ce genre.
-Il portait un Panama et un veston croisé, et il tenait une mitraillette dans ses mains, le genre qu'on voit dans les BD.
-Mais avant, y a eu tout ce bazar avec les hommes du shérif qui a tellement passionné les gens.
-Quelques gouttes sont tombées sur le crâne chauve du shérif et ça a fait ploc, ploc, ploc. Je me suis bouché le nez et je l'ai observé. C'était un peu bizarre, sa façon de se comporter.
-Oui, m'sieur. Celui en diamants. Mais il ne lui tient pas très chaud, et y a pas grand-chose pour la protéger des moustiques.
-Avec rien qu'un bikini sur elle.
-Friquée, célèbre, nue et perdue, a dit Pop.
Éditions : Gallmeister. Collection Totem Noir.(2017).
Titre original : The Diamonds Bikini.(1956).
Traduit de l’américain par Laura Derajinski.
Postface par François Guérif.