Orsay

Mystère à Orsay.
Alain LOZAC’H.
Note : 4 / 5.
Time is Monet.
Il m’arrivait assez souvent de côtoyer Alain Lozac’h dans divers salons littéraires à l’époque déjà ancienne hélas où je résidais en Bretagne. C’est aussi un habitué des recueils annuels de nouvelles publiés par « La Gidouille ».
Un roman en trois parties et deux épilogues, qui commence à Belle-Île-en Mer en 1920 pour se terminer à Paris en 1993. Entre les deux, nous séjournerons à Lódz en 1937 et à Paris en 1945.
Un marin est assassiné à Belle-Île-en Mer, pourquoi ? Querelle entre marins-pêcheurs ? Un clou vide sur un mur laisse à penser qu’un tableau a été volé. L’inspecteur Jérôme Cabourg, aidé de Jenny, une jeune anglaise spécialiste de la peinture impressionniste, enquête en vain. Il va même interroger la grande Sara Bernard, une habituée des lieux. Est-ce un tableau non répertorié de Claude Monet ? Le mystère reste entier. Un inconnu de nationalité polonaise était présent sur l’île, il a pris le premier bateau, est-ce lui le voleur et l’assassin ? 
Mais la piste est mince et au fil du temps nous retrouverons Jenny Westmacoot qui est devenue une spécialiste de renommée internationale des impressionnistes français qui travaillent pour sauver les œuvre d’art et aussi l’inspecteur Cabourg qui a eu une conduite plus ambiguë durant la période de la guerre 1939/1945. 
En suivant les pérégrinations de ce tableau fantôme, nous, les lecteurs, feront connaissance de nombreux autres personnages durant toutes ces années de recherches qui débutent par l’assassinat d’un pauvre marin-pêcheur que rien ne prédestinait à posséder un tableau de Claude Monet.
Un roman sur la spoliation d’œuvre d’art par le régime nazi, et les tentatives de certains services de l’état ou de conservateurs de musés pour tenter de les mettre à l’abri.
De nombreux personnages connus sont cités, Sara Bernard, bien évidemment à qui Oscar Wilde offrit un bouquet de lys.
Beaucoup de peintres également, Matisse, Turner, ainsi que de nombreux impressionnistes tels que Sisley et Pissarro, entre autres. 
Une lecture très instructive sur un sujet rarement traité dans le roman contemporain.
Extraits : 
- Le lendemain, il prenait le train pour Berlin. Ce cadeau ferait sûrement plaisir à son épouse qui avait une passion pour les impressionnistes français.
- Elle imaginait un peintre à son œuvre sur la terrasse, un peu comme Turner qui avait illustré Londres et la Tamise dans le fog. Claude Monet en avait fait de même quelques décennies plus tard. Elle s'étonna que peu de peintres impressionnistes aient choisi la montagne pour thème. La ville, les ponts, les gares, les cathédrales, les jardins, la mer semblait être leur paysage de prédilection.
- À la fin de la journée, le lieutenant Collers fait l'inventaire des œuvres maîtresses récupérées dans la journée. Deux Cézanne, trois Monet, cinq Van-Gogh, etc...
- Vous voyez bien, tout est carré. Je ne vois pas comment vous pouvez déclarer qu'un de ses tableaux est celui qui aurait fait l'objet de la transaction dont vous avez parlé.

- Nous estimons à environ 40 000 les objets partis de France qui n'ont pas reparu. Vous voyez, vous n'êtes pas au bout de vos peines.
Éditions : La Gidouille (2018).