Contes du jour et de la nuit

Contes du jour et de la nuit.
Guy de MAUPASSANT.
Note : 4 / 5.
Clair-obscur.
Pourquoi ce titre pour cette chronique ? Clin d’œil au titre du recueil et aussi, car certaines nouvelles sont illuminées de soleil et d’autres très tristes.
Cette édition commence par une longue préface de Pierre Reboul.
Titres des nouvelles de ce recueil :
Le crime au père Boniface, Rose , Le père, L’aveu, La parure, Le bonheur, Le vieux, Un lâche, L’ivrogne, Une vendetta, Coco, La main, Le gueux, Un parricide, Le petit, La roche aux guillemots, Tombouctou, Histoire vraie, Adieu, Souvenir et La confession.
Certains de ces textes se trouvent dans d’autres recueils comme « La parure », un très beau texte que l’on peut qualifier de triste. Par contre « Le bonheur » est un hymne à ce même bonheur. Une belle histoire d’amour.
« Rose », une femme raconte à une amie une histoire pour le moins étrange qui lui est arrivée. Elle avait embauché une jeune femme nommée Rose, une perle, la servante idéale. Sauf que ce n’était pas tout à fait la vérité… une grande nostalgie assaille la narratrice.
« Le père ». Une femme, un homme, une balade à la campagne (enfin ce qui était la campagne à l’époque), une liaison amoureuse et la séparation, sauf que la dame est enceinte ! Alors l’homme fuit…
« Le vieux ». Il en met du temps à mourir le vieux, on ne va pas inviter les voisins tous les jours.
« Un lâche ». Le Vicomte Gontrand-Joseph de Signole est un gentleman. Il a provoqué un manant en duel. N’a-t-il pas été trop rapide à s'ériger en défenseur d’une belle femme ?
« Coco » est un pauvre vieux cheval, il a fait sa part des travaux de la ferme, il méritait bien quelques temps de retraite. Mais...
« La confession ». C'est la triste histoire de deux sœurs qui sont restées vieilles filles, sauf que l'une avant de mourir fait une confession à l'autre... une terrible confession !
C’est un brave homme le père Boniface. Facteur, il fait son travail de manière satisfaisante, sauf qu’un jour il prévient la gendarmerie après avoir entendu des bruits étranges !
Une femme perd une parure, elle et son mari se saignent aux quatre veines pour la restituer ! Et tout cela pour rien ! Le monde est cruel. Cruel aussi pour ce pauvre homme dans la nouvelle « Le gueux ». Un jeune menuisier surnommé « Le Bourgeois », pourquoi a-t-il assassiné un couple ? On voyage à « Tombouctou » par exemple, il est aussi beaucoup question de chasseurs dans « La Roche aux Guillemots ».
Un long et très complet dossier termine cet ouvrage.
Dommage que certaines des nouvelles de Maupassant figurent dans plusieurs recueils.
Extraits :
– Ah ! t’as entendu. Et ta femme, c’est-il comme ça que tu l’assassines, hein, vieux farceur ?
- Si. Tu n’y penses pas. Quel que soit le bien- être qui engourdit notre corps, nous désirons toujours quelque chose de plus... pour le cœur.
- Pendant trois mois, elle fut sa maîtresse. Il commençait à se lasser d’elle, quand elle lui apprit qu’elle était grosse. Alors, il n’eut plus qu’une idée en tête : rompre à tout prix.
- Et pis n’li dis rien tant qu’i n’verra point ; que j’y gagnions ben six ou huit mois !
- C’est égal, elle avait un idéal trop facile, des besoins trop primitifs et des exigences trop simples. Ce ne pouvait être qu’une sotte.
- Et il riait tout de même à l’idée de toute cette eau-de-vie bue aux frais d’un autre ; il riait d’un rire content de Normand en bénéfice.
- Je les ai tués parce que j’ai voulu les tuer.
- Cependant... puisqu’il est mort... il me semble... qu’il peut bien attendre un jour de plus.
- Quant au mari, le madré coquin, il héritait. Il a bien tourné depuis, paraît-il, il est maintenant conseiller municipal.
- L’histoire des deux sœurs était attendrissante. On la citait au loin ; elle avait fait pleurer bien des yeux.
Éditions : Folio Classique 2014.