Handsome Harry

Handsome Harry. *
James Carlos BLAKE .

Note : 5 / 5.
La balade d'Harry Pierpont.
James Carlos Blake est un auteur américain né en 1947 au Mexique. J'avais beaucoup aimé il y a quelques années son roman « Crépuscule sanglant ».
La vie pour le moins mouvementée d'Harry « Hamdsome » Pierpont, membre du gang de John Dillinger. Autand John Dillinger est entré dans la légende, autant Harry Pierpont est toujours resté dans l'ombre. Mais c'est de sa propre volonté qu'il a accepté un rôle subalterne alors que pour beaucoup de choses, son avis était souvent prépondérant. Je le découvre donc avec ce roman. 
Plusieurs parties dans ce livre : 
- 16 octobre 1934 ; En taule ; En cavale ; En bordée ; En déroute et 17 octobre 1934.
La première ligne de cet ouvrage est la suivante :
- Voilà, tout le gang est mort sauf Russell et moi.
Et un peu plus bas :

-Moi, ils vont m'achever demain matin.
Comment cet homme en est-il arrivé là ?

Bagarreur, il l'est,voleur de voiture, il le devient, braqueur, il le sera.
Il commencera par des vols minables de voitures et des braquages d'épicerie qui ne rapportent pas grand chose d'un point de vue monétaire, mais quelques années de prison. Emprisonné, il sait se faire respecter et passe pas mal de temps au mitard, ce qui lui confère une certaine notoriété.
En faisant la connaissance de John Dillinger, sa « carrière » va prendre un nouveau départ, les nouvelles cibles sont les banques, parfois avec leurs assentiments. La combine est la suivante, pour cacher des malversations internes la banque est dévalisée et le butin majoré ; si les gangsters partent avec 10000 dollars le butin est officiellement de 15000. Tout le monde y trouve son compte. Et roulez jeunesse.
Harry retrouve Mary, sœur d'un de ses premiers complices et amour de sa vie, elle le suivra durant toute sa vie aventureuse.
Car des aventures, il y en aura, de bonnes périodes dans les passages « En cavale » et « En bordée ». Des mauvais moments aussi « En Taule » puis des très mauvais dans l'épilogue « En déroute ». 
L'auteur nous explique très bien la différence entre les deux personnages principaux de ce récit. Harry, homme de l'ombre, très respectueux avec certains principes, fidèle en amour avec Mary et en amitié. John Dillinger est son contraire et a surtout un gros défaut, il est décrit comme un obsédé sexuel, peu regardant sur la qualité des ses partenaires, ayant même des relations sexuelles avec les homosexuels des différentes prisons qu'il fréquentera.

Un roman, mais avec des personnages et des faits ayant réellement existé. L'Amérique des années de prohibition, des braqueurs passés à la postérité. Harry nous parle par exemple de Bonnie and Clyde, en avouant que, voyant une photo de cette dernière, il aimerait avoir une aventure avec elle.
Une courte postface de l'auteur « James Carlos Blake et la loi » clôt cet ouvrage.

Un excellent livre, sans temps morts, avec une narration très précise, se déroulant durant une époque troublée de l'histoire américaine.
J'adore la couverture qui reconstitue l'image que l'on se fait des histoires de gangsters. 
Extraits :
- Si on nous poursuivait, on lâcherait des clous derrière nous. On verrait bien s’ils continueraient avec des pneus crevés.
- Sheetz avait un coup préparé pour nous. Un gros. En fait, peut-être même obèse.
- Chaque couple a son style. Celui de John et Billie est un peu plus animé que les autres, c'est tout.
- Comme le disait le grand Marc Twain, ajouta Charlie, les annonces de nos morts ont été très exagérées.
- Notre préférence était évidente : le Wisconsin était le seul de ces trois États à ne pas pratiquer la peine de mort.
Éditions : Gallmeister/ Americana (2019).
Titre original : Handsome Harry (2004).
Traduit de l'américain par Emmanuel Pailler.
* Confessions d'un gangster.
Préface de François Guérif.
Autre titre de cet auteur sur ce blog :
Crépuscule sanglant.