Quitter l'hiver

Quitter l’hiver.
Sylvette HEURTEL.
Note : 5 / 5.
Secrets insulaires..
Premier roman de Sylvette Heurtel après plusieurs recueils de nouvelles dont je parle sur ce blog.
En premier lieu, je tiens à remercier Sylvette pour sa dédicace que je vous livre ici :
- Pour Yvon, fidèle lecteur et figurant de cette histoire bretonne, avec mon amitié. Sylvette. 24 janvier 2019.
Madeleine se relève difficilement de gros problèmes de santé, peut-être pour elle son dernier voyage ? Faire le voyage inverse de celui commencé quarante ans plus tôt. Elle se remémore sa fuite, car ce fut plus une fuite qu’un départ. Elle se revoit, seule et démunie, attirée par la grande ville, la liberté et « La Voix ». Cette voix qui sortait de son transistor et qui illuminait ses nuits. Elle a rencontré cet homme qui l’a adopté et a gravi les échelons de cette station radiophonique. Elle a remplacé « La Voix » quand l’heure de la retraite a sonné pour lui. Elle a réussi sa vie professionnelle mais pas sa vie sentimentale. Son heure de passer la main est venue, alors c'est le moment du retour vers son passé.
En cours de route, elle décide de prendre une jeune auto-stoppeuse en se rappelant qu’elle a, elle aussi, voyagé de cette manière. Elle fume de l’herbe comme thérapie contre la douleur. Appréhende-t-elle ce retour ?
Pour Katia, aujourd’hui c’est le moment de fuir. Hier soir son patron a essayé de la violer, elle l’a violemment frappé à la tête avec une lourde bouteille. Il est tombé et n’a plus bougé. Une question la taraude, est-il mort ?
Alors quand cette femme qui semble malade lui a dit qu’elle allait en Bretagne, elle s’est dit « Pourquoi pas, là bas ou ailleurs ? » Elle porte aussi en elle un lourd secret.
Madeleine et Katia décident de s’arrêter avant le but final dans un petit port de la côte nord de Bretagne. Elles louent une maison à un marin pêcheur, nommé Yvon. Katia veut aller en mer, Yvon n’est pas très chaud, mais finit par accepter. 
Nous faisons connaissance de Marc, chanteur lui aussi natif de l’île. Il essaye de relancer sa carrière après une période de traversée du désert. Un nouveau CD et quelques concerts sont prévus. Le retour aux sources pour lui c’est de partir en piste avec les copains d’enfance. Boire jusqu’à plus soif toutes les nuits. Une mystérieuse Jane qui se dit peintre et photographe descend également du bateau qui relie l’île au continent.
Madeleine retrouvera Victor un cousin, complice de son enfance, et de nombreux îliens.
Il est l’heure pour Madeleine de révéler à beaucoup de monde la vérité sur sa fuite, vérité soigneusement cachée quarante ans plus tôt.
Un roman baignant dans l’ambiance très particulière d’une île bretonne.
Il est aussi beaucoup question de musique en particulier d’une chanteuse Rosemary Stanley que Sylvette m’a chaudement recommandé.
Un excellent roman qui me permet moi aussi de retrouver mes racines.
Personnellement c’est assez amusant de savoir que l’on a servi de modèle pour un personnage de livre.
Après avoir été figurant dans un film,(At Eternity’s Gate de Julian Schnabel, sur la fin de vie de Van Gogh sans être sûr d’apparaître) me voilà dans un livre ! 
Extraits :
- La confiance n’était pas dans ses cordes à l’époque, elle ne comptait que sur elle-même.
- Elle n’avait jusqu’alors quitté l’Île que pour la pension chez les sœurs, et ne connaissait rien mais elle n’avait pas peur.
- La blessure cachée cessa vite de saigner, la cicatrice devint insupportable comme si les douleurs confiées par des inconnus atténuaient la sienne.
- Je vais en Bretagne, montez, mettez votre sac dans le coffre.
- Rien ne l’accrochait vraiment à la vie avant qu’il croise Neil Young, Jimi Hendrix et les Stone au hasard de la radio.
- Le propriétaire les attend déjà bien qu’elles soient pile à l’heure. Chemise à carreaux, barbe et cheveux gris en bataille il passe devant elle pour ouvrir la porte vitrée, Katia doit baisser la tête pour rentrer.
- Le moment de partir est là au bout de sept jours étirés dans le temps, vite passé mais aussi marquant que des mois entiers dans le village.
- Ne l’inquiète pas, je suis ici. Les bateaux étaient moins confortables autrefois.
- Victor la réconcilie avec ce qu’elle est vraiment, et n’a aucun doute, elle est au bon endroit.
Éditions : Henry des Abbayes (2019).
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Contes Malpolis.
Contes déraisonnables.
Nous n’en parlerons pas.
Tous ces titres chez Henry des Abbayes éditions.
Préface d’Hervé Hamon.