des jours sans fin

Des jours sans fin.
Sebastian BARRY.

Note : 4 / 5.
Nord & Sud.
Dernier roman traduit à ce jour de Sebastian Barry, un des auteurs irlandais contemporains les plus appréciés.
Nord & Sud, le titre de ma chronique, ne concerne pas la période de ce que les anglais nomment par le doux euphémisme de « Troubles » du conflit irlandais, mais la guerre de Sécession américaine. 
Comme dans pratiquement tous les romans de Sebastian Barry, nous trouvons un personnage du nom de McNulty, Thomas de son prénom. Il prend la suite d’Eneas (Les tribulations d’Eneas McNulty), de Jack (L’homme provisoire) et de Roseanne (Le testament caché).
Thomas McNulty est un tout jeune garçon irlandais de Sligo que les Grandes Famines avaient chassé d’Irlande avec des millions de ses compatriotes. Quand il commence le récit de sa vie, il pense que nous sommes durant l’année 1851, il s’était engagé dans l’état du Missouri dans l’armée. Il est accompagné par son ami John Cole, un jeune américain de la Nouvelle-Angleterre et se connaissaient déjà depuis quelques années. Ils avaient travaillé ensemble comme danseurs dans un saloon, danseurs travestis car ils sont jeunes, beaux et aux traits fins. Et la paye permet de manger à peu près à sa faim. Mais les années passent et la barbe commence à pousser mettant fin à leurs numéros.
Leurs premières périodes leurs permet de se confronter à la violence des guerres contre les indiens avec le massacre de femmes et d’enfants, la dureté du métier des armes…
Puis vient la guerre de Sécession où de nombreux irlandais sont engagés dans les deux camps. 
Mais dans ce monde et dans cette époque troublée, beaucoup d’amour peut surgir là où on ne l’attend pas sous les traits de Winona par exemple, des amitiés aussi …
Beaucoup de personnages dans cette épopée américaine, en particulier nos deux héros personnages hors-normes.
Un bon roman d’aventures dans le Grand Ouest américain en ces temps troublés par la Guerre de Sécession. C’est violent mais les guerres sont toujours violentes, surtout les guerres civiles.
Sebastian Barry parle souvent des irlandais embrigadés de gré ou de force dans ce conflit. Et ils furent très nombreux.
Malgré la qualité de ce roman, mon préféré de Sebastian Barry reste « Un long long chemin »
Extraits :
 
- De toute façon, la mort fait de votre visage celui d'un étranger.

- Que moi, j'étais le fils de pauvres gens de Sligo anéantis tout pareil. Nous autres les McNulty, on avait pas vraiment de quoi se vanter.
- Ils ont juste besoin d'illusion, l'illusion du beau sexe.
- C'était un catholique, une chose rare en Amérique, à part les Irlandais, mais il était Irlandais, en tout cas son père l'était.
- Le beau John Cole, mon galant. Notre amour enfin révélé à la vue de tous.
- Sheridan, Dignam, O'Rielly, Brady, McBrien,Lysaght, un défilé de noms irlandais aussi long que la rivière Missouri.
- Les Irlandais sont des furieux. Des gars explosifs. Avec eux, on sait jamais.
- Ces Johnny Rebelle sont irlandais, anglais, des gars comme ça.
- Les Confédérés irlandais hurlent eux aussi, ils prononcent des mots grossiers en gaélique.
- Le Sud croule sous les billets de banque. Qui valent pas plus que le bois pour allumer le feu.
- Un vieux chagrin coule dans mon sang, comme une seconde nature, et un nouveau chagrin me retourne les sens. Il y a une sorte de mutinerie en moi.
- J'approche. C'est un beau jour pour mourir, comme on dit.
Éditions : Joëlle Losfeld (2018).
Titre original : Days Without End (2016).
Traduit de l’anglais (Irlande) par Laeticia Devaux.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Annie Dunne
Un long long chemin
Le testament caché
Du côté de Canaan
L’homme provisoire.