une assemblée de

Une assemblée de chacals.
S.Craig ZAHLER.

Note : 5 / 5.
Un mariage d’enfer !
Seconde lecture de cet auteur après le très noir « Exécution à Victory ». Je rassure tous mes lecteurs, celui-ci est au moins aussi noir, et comme c’est un western, encore plus par certaines tortures indiennes, principalement, mais pas que. Pays sauvage et époque violente.
Un homme, Oswell Danford, qui semble bien sous tous rapports, père de famille, rangé de sa jeunesse tumultueuse, reçoit par télégramme une invitation, celle d’assister à un mariage.

James Lingham qui épouse une dénommée Beatrice Jeffries, le convie, ainsi que son frère Godfrey à ses épousailles. Un autre ami à eux Dicky (Richard Sterling) sera aussi de la fête.
La dernière phrase du texte les intrigue « Toutes les vieilles connaissances seront présentes ».
Qui sont ces « Vieilles connaissances » ? Du bon ou du très mauvais ?
Accompagné de son frère, il quitte son épouse temporairement, il l’espère, et écrit à celle-ci pour lui raconter sa jeunesse qui ne fut pas exempte de tous reproches.
L’époque où, avec d’autres hommes, ils constituaient « Le Gang du grand boxeur ». James Lingham, un colosse, était le boxeur ; mais ayant tué un homme sur le ring, il devient l’ombre du combattant qu’il était. Ils vivaient de braquages de banque, pour de petits butins, mais un jour il y eut mort d’homme. Alors ils furent recrutés par un Irlandais, Quinlan, qui espérait prendre le commandement d’une tribu d’indiens connus pour leur férocité. Chose qui fut faite, après un massacre et en humiliant leur chef.
Un jour « Le gang du Grand Boxeur » reprit sa liberté en laissant Quinlan et quelques-uns de ses hommes ligotés quasiment aux mains des Indiens. Tous espéraient qu’ils furent tués.
Mais il s’avère que les « Vieilles connaissances » sont Quinlan et certains de ses hommes dont des jumeaux…
La cérémonie va-t-elle se transformer en bain de sang ?
Le début laisse augurer de la suite. La veille, durant le bal organisé pour la cérémonie, les chevaux des futurs mariés sont éventrés…
Que la fête commence !
Tous les nombreux (42) chapitres ont un titre qui mettent dans l’ambiance, par exemple celui qui débute ce roman « Ils auraient dû prêter attention à Otis ». Mais qui est Otis ? Et qui sont les protagonistes de ce qui va, petit à petit, être un déchainement de violence gratuite.

Je ne lis pas souvent de western mais celui-là est excellent !
Un auteur à découvrir, ou à redécouvrir, dans un genre autre que le roman noir contemporain.
Extraits :
- Le surnom de Dicky l'émasculait encore davantage.
- Les O'Connor étaient tous rancuniers, et elle perpétuait cette fière tradition.
- La femme de vingt-neuf ans n'était pas sûre que Jim l'aimât plus que ces trois animaux de compagnie, mais il l’aimait assez pour l'épouser.
- C'est alors que je sus avec certitude que nous avions fait une énorme erreur en nous ralliant à ces hommes, et je l’ai aussi vu dans le regard de mes compagnons.
- Les Appanuqis voyageaient aussi avec des grotesques pour s'amuser, des Mexicains, d'autres sortes d'Indiens et des blancs qu'ils avaient remodelés à coups de couteaux, de pierres et de tortures.
- Il semblait impossible de cambrioler un tel endroit, mais Quinlan avait imaginé comment faire.
- Je croyais qu'il était mort, répéta Lingham.
- On le croyait tous, répondit Oswell.
- On l'espérait tous, corrigea Dicky.
- Il y a eu pire. La guerre de Sécession. Alamo. La peste.
- Ça, c'est une barbe. Il y a des bestioles là-dedans, seulement des croix qui ne voient jamais le soleil ?
- Éditions : Gallmeister (2017).
Titre original : A Congregation of Chacal (2010).
Traduit de l’américain par Janique Jouin-de Laurens.
Autre titre de cet auteur sur ce blog :
Exécutions à Victory.