Le cercle

Le cercle des impunis.
Paul MERAULT.

Note : 4,5 / 5.
Crimes d’outre-tombe.

Je découvre cet auteur grâce à ce roman qui a obtenu le prestigieux « Prix du Quai des Orfèvres 2019 ». Œuvre en 44 chapitres, un épilogue et plusieurs annexes.
Nous sommes à Londres, à Brixton plus précisément. Quartier que l’auteur qualifie d’« Une localité moins fréquentable encore que l’enfer ». Alors un mort sur le trottoir n’est pas une chose banale mais qui ne suscite qu’indifférence. Surtout s’il s’agit d’un policier. Un taxi ne peut éviter le corps alors il est obligé de s’arrêter, la victime est Peter James, qui avait récemment intégré la Brigade des Stupéfiants. Brian Perkins, Superintendant de la police Londonienne, se pose une question : que faisait ce policier dans cette rue mal famée ?
Pendant ce temps, Michel Caradec retrouve Marseille, il a dû quitter Paris suite à une mutation qui ressemble fort à un blâme. Il doit remplacer un collègue qui part en retraite.
L’autopsie du cadavre de Peter James réserve bien des surprises et dans ces circonstances elles sont toujours mauvaises, mais là elles dépassent l’entendement ! Le cadavre a été transporté, il a été vidé de son sang, un fœtus mort-né est dans son ventre et un tatouage orne sa langue. Une bougie brûlant dans un chandelier sur fond bleu ? Que représente ce dessin ? Et pourquoi est-il tatoué sur la langue de la victime ?
À Marseille, Michel Caradec n’a pas te temps de s’installer qu’il est confronté à un meurtre atroce. Martinez, le commissaire dont il devait prendre la suite n’aura pas profité de sa retraite. Son corps est découvert à l’Evêché, quartier général de la police, vidé de son sang et pendu par les pieds ! Sa langue a été tatouée, une bougie brûlant dans un chandelier sur fond bleu. Mais pour l’instant ni Londres ni Marseille ne connaissent cette similitude.

Perkins interroge un chirurgien Patterson, sorte de savant fou déjà condamné pour meurtres. Celui-ci nie en bloc, et preuve à l’appui il montre deux moignons… pour ne plus céder à la tentation, il s’est fait amputer des deux mains !
Mais la collaboration entre les deux polices s’organise. Ann, l’adjointe de Perkins est dépêchée à Marseille, où un autre crime est perpétré. Un corps sans tête est découvert, rien à voir, a priori, avec les deux autres. Ici il semble que l’on soit dans un règlement de compte sur fond de trafic de drogue, mais un tatouage sur le corps de la victime oriente les enquêteurs vers une page Facebook. Où l’on voit une bougie allumée dans un chandelier et une inscription passant en boucle : « Lux Lucet In Tenebris ».

Perplexité en Angleterre et dans la capitale Phocéenne ? On pense à des extrémistes de droite, en particulier aux « Killing Cops » mouvement dissout… On fouille aussi du côté d’un accident de voiture ayant coûté la vie à Renoir, un député, accident ou meurtre ? Les rumeurs les plus folles se propagent à la vitesse grand V alimentée par un fort mistral !
Qui est cet homme qui a intitulé « L’HUMILIÉ » ses mémoires que lui rédige sous la menace une célèbre journaliste.
Un très bon roman se déroulant entre Londres et Marseille avec une conclusion qui m’a beaucoup interpellée car elle fait partie de l’histoire religieuse de la Provence.
Extraits :
- Un malade mental ne se serait pas arrêté à une seule victime. Il aurait profité de la situation pour faire un carton.
- La pointe de mistral n'était pas chargée, comme dans ses souvenirs d'enfance, de l'odeur d’iode caractéristique des villes côtières.
- Un flic, c'est comme un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne. J'ai pas raison ?
- Perkins aimait ce décor, cette atmosphère criminogène qui estompait la frontière entre la vie et la mort, entre le clair et l'obscur. Les criminels agissaient rarement dans la lumière crue.
- Elle se demandait comment cet homme qui avait prêté serment, formé pour sauver la vie, avait pu tuer en provoquant les pires des souffrances.
- Le statut de certaines victimes n'a pas pesé lourd face à des enjeux importants.
- Devant l'urgence de la menace islamiste radicale considérée comme prioritaire, ils ont laissé tomber les surveillances de ce groupe.
- Mon arrière-grand-mère est née dans le quartier du Panier. Elle a commis l'irréparable en se mariant avec un pêcheur breton échoué dans les calanques. Ce mélange détonnant a produit des caractères impossibles. Je n'ai pas échappé à cette malédiction, enfin, surtout pour ceux qui me côtoient.
Éditions : Fayard (2018).