Le diable en personne

Le diable en personne.
Peter FARRIS.

Note : 4,5 / 5.
Georgia on my mind !
Jeune auteur américain que je découvre par ce roman, son second chez ce même éditeur après « Dernier appel pour les vivants ».
Maya est jeune, trop jeune pour mourir, et pourtant elle en a vu dans sa vie, beaucoup trop. Et pourtant elle pourrait ne plus vivre très longtemps. Sa situation n’est pas brillante pour ne pas dire désespérée ! Elle sait trop de choses. En effet, jeune prostituée elle est la favorite du maire, ce qui l’a conduite dans ce coffre de voiture. Accompagnée de personnages qui ne lui veulent aucun bien, bien au contraire. Elle sait que sa mort ne sera pas douce, loin de là. Toute résistance semble inutile. Seul un miracle semble pouvoir la sauver, et celui-ci se réalise par l’intermédiaire de Leonard Moye. Ce dernier n’aime pas, mais pas du tout, que l’on entre sur ses terres sans lui demander la permission !
Il sauve la vie de la jeune femme qui trouve refuge chez lui. Mais qui dit refuge ne dit pas forcément calme et sérénité.
Car Mexico, son proxénète, connait le danger de cette jeune femme et pour tout arranger, le maire, qui est fou d’elle, ne veut pas qu’elle soit rayée du monde des vivants et il veut la revoir ! Or chacun dans ce panier de crabes, mêlant crime organisé, prostitution sur une grande échelle, corruption et violence en tous genres veut défendre sa part de gâteau.
Le combat entre Maya, Leonard aidé de Chambers, un policier du coin et les sbires de Mexico sera pour le moins sauvage et beaucoup y perdront la vie.
Leonard Moyes est un excentrique mais qui ne s’en laisse pas conter. Depuis que son épouse est décédée, il vit avec un mannequin qu’il habille avec les effets de la défunte. Les rares fois où il va en ville, il l’emmène avec lui. Il est la risée des enfants, mais les parents ne s’y frottent pas trop. On pense qu’il distille de la gnole dans les collines mais la police n’a jamais pu le prendre la main dans le sac ! Bref un dur à cuire.
Maya fait partie de ces très jeunes femmes alimentant le commerce de la prostitution, achetées et vendues, corvéables, quittant une ville pour une autre, n’ayant plus aucun libre arbitre. Mais elle sait trop de choses, alors pour la faire taire, une seule solution, la faire disparaître, quelques alligators s’en chargeront !
Chambers, le policier, Le Maire, Mexico et toute sa bande de truands, font partie des nombreux personnages secondaires de ce roman très noir.

Un très bon roman, dans le décor rural d’un comté de Géorgie.
Extraits :
- Elle avait vu l’anormale dans toutes ses manifestations. Comportements vicieux et dépravés, passions perverses, hommes à quatre pattes hurlant comme des chiens, avec des engins longs et fripés qui évoquaient la trompe d'un tamanoir, ou bien ratatinés comme des champignons.
- Et, foi de Leonard, on ne fait pas de mal à une femme sur mes terres. Tu comprends ? Ma loi ici. Ma justice.
- Mexico avait des dossiers sur tous ses clients. Il était le John Edgar Hoover des macs. Audio. Vidéo. Suffisamment d'éléments pour tuer une carrière, briser un mariage, entacher une réputation, menacer une vie.
- La ville de M. le Maire était à l'agonie.
- Un politique qui n'est pas agité mentalement n'accède pas au pouvoir. Ni les vrais sentiments ni les émotions n'ont leurs places en politique.
- Pour ce qu'on en sait, il pourrait bien y avoir des cadavres en décomposition tout autour de nous.
- De retour sur l'asphalte, ils passèrent devant une église baptiste–une des trente-trois que comptait Trickum County–et un panneau déplorant la chaleur brutale de ce mois d'août qui disait : IL FAIT ENCORE PLUS CHAUD EN ENFER.
- Après s'être débattu avec l’honnêteté toute sa vie, Leonard se sentait prêt et apte à dire la vérité.
Éditions : Gallmeister (2017).
Titre original : Ghost in the Fields. (2017).
Traduit de l’américain  par Anatole Pons.