Un homme
Un homme plein de misère.

Jacques ABEILLE.

Note : 5 / 5.
Le fait du Prince.
Ce livre regroupe en un seul volume deux titres : « Les Barbares » et « La Barbarie ». Il est le prolongement de « Les jardins statuaires » mais peut se lire séparément malgré tout. Les barbares, commandés par « Prince », ont envahi la ville de Terrèbre. Malgré la crainte des habitants, pas de pillages ni de mises à sac.
Un professeur, qui est le seul à connaître la langue des envahisseurs, est enlevé, conduit auprès du Prince et contraint de le suivre dans un voyage qu’il veut entreprendre. Le but de cette épopée est de retrouver « Le Voyageur », qui a écrit le livre sur « Les jardins statuaires ».
Commence alors un long voyage, il s’avère que le Prince souffre de démence, son homme de confiance Uen’Ord veille sur lui, bien aidé en cela par La Femme Bleue.
Un jeune des enfants perdus, Félix, se joindra à eux et deviendra un guerrier formé par Uen’Ord ; il sera un compagnon de route du Professeur qui sera l’amant épisodique de la Femme Bleue.
La troupe des barbares diminue en nombre, certains retrouvant leurs contrées quittent la caravane.
Le Professeur et Félix feront le tour des maisons de prostitution pour tenter de retrouver Licia ou Trudi, sa mère, qui savent peut-être ce que le Voyageur est devenu ?
Est-il encore en vie ou décédé ? Certains sont affirmatifs en parlant de mort violente.
Beaucoup de personnages dans ce livre de science-fiction. Le Professeur (qui, à l’instar du Voyageur dans « Les jardins statuaires », n’a pas de nom), découvrira un monde violent et se découvrira également des facultés d’adaptation loin de l’université ou il vivait à Terrèbre.
Il est très difficile de résumer ce livre très dense, car en plus d’actions dans un univers futuriste, il est aussi beaucoup question de la condition féminine, pas toujours agréable hélas. Certaines prennent les armes pour former des bandes de cavalières redoutées.
Un excellent roman, plein d’aventure, avec des dialogues de haute tenue, des descriptions magnifiques d’un monde imaginaire où l’on chemine avec les protagonistes de ce gros livre de plus de 800 pages.

Encore un grand moment de lecture grâce à la plume magnifique de Jacques Abeille.
Extraits :
- « Voyez-vous, Professeur, les hommes ne savent combattre la barbarie, en eux-mêmes d'abord, que par une barbarie plus grande encore. C'est pourquoi les vaincus sont toujours les plus civilisés. »
- Je ressaisis soudain l'importance et la valeur de la fugitive péripétie qui m'avaient engagé dans cette aventure.
- C'est pourquoi si volontiers nous adoptions des enfants perdus. Il est toujours possible qu'un tel enfant soit le fruit du passage oblique d'un cavalier.
- Ici aussi tout dépendait de l'eau.
- « La jeunesse est une grâce extrême, me dit-elle en posant ses mots, pourtant la beauté n'est pas toujours désirable. Félix est beau, très beau même, mais je n'aurais sans doute pas fait un geste vers lui si le Prince ne m'en avait donné l'ordre. »
- Et les petites filles, puis les jeunes filles, Félix, c'est la beauté de la terre.
- Vous êtes un homme dangereux, Professeur, car vous utilisez une arme peu commune : la bonne foi.
- « Il convient peut-être de se fier aux rêves qui nous projettent au-delà de nos limites. »
Éditions : Folio SF. (2018)
Autres chroniques de cet auteur.
L’animal de compagnie (Sous le pseudonyme de Léo Barthe).
Les jardins statuaires.