Neal Cas


Première jeunesse.
Neal CASSADY.
Note : 4 / 5

Retour vers le passé !
Aussi étrange que cela puisse paraitre je n’avais jusqu’à présent jamais lu Neal Cassady, ce compagnon de Jack Kerouac, qui est l’inspiration et le partenaire de Jack dans son célèbre livre « Sur la route » sous le pseudonyme de Dean Moriarty.
Ce livre commence par un « Avertissement de l’édition américaine » signé d’un grand nom de la Beat Generation, Lawrence Ferlinghetti.

Dans ce texte nous apprenons que le « Prologue » de près de 60 pages a été récemment trouvé et nous raconte l’histoire du « Clan » Cassady depuis l’arrivée de ses différentes composantes aux États-Unis.
Contenu de cet ouvrage :
- Prologue. Première jeunesse, qui comprend « Ultimes précisions » par Carolyne Cassady et « Fragments ». Plan initial. Pour Une histoire de la Hip Generation et Lettres (diverses correspondances) avec Jack Kerouac pour la plupart et une avec Ken Kesey comme destinataire.
Dans « Première jeunesse », l’auteur nous raconte sa petite enfance dans les bas-fonds de Denver. Sa mère, Maud Cassady, dont il est le neuvième enfant, meurt quand il a 10 ans. Son père surnommé « Le coiffeur », métier qu’il a exercé, est un clochard alcoolique notoire. Neal est donc souvent obligé de se débrouiller seul malgré son jeune âge. Les compagnons de buveries de son père, s’ils ne l’importunent pas trop, ne lui sont d’aucun secours. C’est « Débrouilles toi comme tu peux ».  L’école est obligatoire donc il y va malgré tout, parfois.

Sinon c’est une suite d’aventures souvent tragi-comiques, mais qui auraient très bien pu très mal se terminer. Comme ce voyage en train où l’enfant se retrouve seul dans un wagon d’un train de marchandises entouré de « hobos », présences qui ne sont pas faites pour le rassurer.
Son père lui est bien dans le train, mais dans une situation inconfortable !
Des bons moments, relativement rares, comme des vacances à la campagne chez la tante Eva et les moments passés avec ses cousins et surtout ses cousines… découverte du sexe !
Durant quelques temps, le père et le fils vivent dans « La Maison de L’Entôleur », et ce n’est pas une promotion sociale, loin s’en faut.
Puis il fait la connaissance de Bobby qui sera son premier véritable ami, malgré une certaine rivalité amoureuse.
Puis vient l’époque des (nombreuses) conquêtes féminines, les relations très difficiles avec ses autres frères ou demi-frères, les allers et retours entres les domiciles respectifs de son père ou de sa mère firent que les années passèrent tant bien que mal…
Durant le cours de sa jeunesse, un homme fait beaucoup de rencontres, et dans le cas de Neal Cassady, c’est encore plus vrai, même avant l’époque de Jack Kerouac, Allan Ginsberg et William Burroughs. Donc le lecteur croise beaucoup de personnages dans cet ouvrage.
Une écriture somme toute classique, quasiment sage pour un personnage qui ne l’était pas !

Une lecture très intéressante qui permet elle aussi de mieux comprendre les écrivains de ce mouvement littéraire que fût « La Beat Generation ».
Extraits :
- En sorte que c'est au cours de cette soirée de gala qu'elle rencontra l'homme qui allait devenir son second mari, Neal Cassady.
- L'intempérance de Neal se solda par le fait que plus personne ne poussa sa porte, encore qu'il soit possible que lui-même n'est jamais été là pour la leur ouvrir.
- Sinon, les jours de dèche quand on manquait de presque tout, sauf d'alcool à brûler (« pur jus de réchaud ») ou de lotion capillaire tout ce petit cinéma m'était épargné.
- Et bien qu'il eût été condamné depuis des années, il abritait, et abrite encore une centaine de misérables.
- Outre que la crasse lui faisait une seconde peau et qu'il empestait, il était fort laid, le front bas, des lèvres molles retroussaient un perpétuel rictus sur fond de chicots charbonneux.
Éditions : Les Belles lettres (2015).
Titre original : The First Third (1971/1981)
Traduit de l’américain  par Gérard Guégan.