Marc Villard
Sharon Tate ne verra pas Altamont.

Marc VILLARD.
Note : 4,5 / 5.

Soixante-neuf, année dramatique…
L'année 1969 ne fut pas uniquement comme le dit la chanson, une année érotique. Elle fut aussi dramatique, avec son lot de morts violentes, comme le montre ce court roman de Marc Villard.
Le prologue nous narre la mort de Brian Jones que l’on retrouve noyé dans sa piscine par un jour de très grande chaleur dans la campagne anglaise. Il avait été viré des Rollings Stones !
Puis nous changeons de continent. Le 9 août 1969, Los Angeles, une série de meurtres vont être commis, les assassins, les membres d’une secte « La Famille », le gourou, un dénommé Charles Manson.Les victimes au nombre de 5 avec parmi elles, Sharon Tate, l’épouse de Roman Polanski. Ils récidiveront le lendemain avec le meurtre des LaBianca, mari et femme.
Le troisième décès est celui d’un jeune noir. Lui est inconnu du grand public, mais hélas pour lui, il le deviendra d’une manière posthume, Meredith Hunter tué lors du festival d’Altamont en Californie. Ce festival organisé par les Rollings Stones, vexés de ne pas avoir été invités à Woodstock, marqua la fin de la période hippie… triste fin !
Une sale période pour les Stones, ils ont été escroqués par leur managers, critiqués par les médias américains pour le prix des places de leurs concerts. Pour tenter de regagner l’estime du public, il reste l’idée d’un grand festival où ils se produiront gratuitement ! C’est mal engagé, le lieu change à plusieurs reprises, pour au final se dérouler à Altamont, sur un circuit automobile. Autre énorme problème, la sécurité, les Stones proposent les « Hell’s Angels » car à Hyde Park, les « Hell’s Angels » anglais avaient eu ce rôle et cela s’était très bien passé ! Leurs salaires seront réglés en canettes de bières. Un beau plateau : Santana, Flying Burrito Brothers, Jefferson Airplane et Crosby, Stills, Nash and Young et les Stones pour clôturer la soirée.
Environ 300000 spectateurs dont un jeune noir Meredith Hunter, qui était accompagné de sa petite amie Sheryl Gibson (personnage romanesque, semble-t-il). C’est d’ailleurs elle qui fait le lien dans ce livre entre l’affaire Charles Manson, car elle fut membre de « La Famille » du gourou. Prise de remord, elle a refusé de participer à la tuerie du 9 août, s’est enfuie et a rencontré Meredith Hunter, petit trafiquant d’armes. Avait-il eu, lors d’une vente, un problème avec les « Angels » (comme le suggère ce roman) ? Mais il sera tué par ces derniers.
Un récit plus chronologique que ma chronique, d’une époque qui entre Woodstock et Altamont , passe de l’amour à la violence, qui peut être résumé ainsi, comme l’écrit Marc Villard :
La peur Altamont a succédé à l'extase Woodstock.
Il est bien évidemment beaucoup question de musique dans ce livre. À mon goût personnel cette époque musicalement était une des plus riches que j'ai connue.

Il est aussi, très brièvement question d’Emmett Grogan des Diggers de San Francisco, auteur de « Ringolevio »
Extraits :
- Mais, à cette heure, elle ne peut pas rembobiner le film, revenir à Gallup.
- Charlie leur confia que la chanson des Anglais n'était en fait qu'un point de passage entre les Beatles et lui, Jésus-Christ. Le nouveau.
- Elle se dit que seul l'argent la sépare d'une pute, en fait.
- J'ai un mauvais rapport aux Beatles. Je verrais mieux un truc genre Wild Thing.
- On a ça dans le meurtre des LaBianca par la famille Manson.

- L'apport de Sonny Barger à la culture californienne est difficile à évaluer, mais sa relation avec les forces de l'ordre est minutieusement consignée par la police.
- Quand son premier rêve prend forme, elle nage dans une vapeur d'acide pendant que les Beatles entonnent Rocky Racoon.
- Keith Richards, qui ne refuse jamais de la came gratuite et des filles au même prix, décide de passer la nuit au sein du campement.
- Les Angels, qui préfèrent leurs motos à leurs femmes repoussent les fans à la schlague. Ambiance.
Éditions : Cohen & Cohen (2014).