L'assassin qui est en moi
L'assassin qui est en moi
Jim THOMPSON.

Note : 5 / 5.
Assassin,  bien sous tous rapports !
Ce texte est basé sur la lecture de « L’assassin qui est en moi », nouvelle et première traduction intégrale du livre de Jim Thompson « The Killer Inside Me ». La majeure partie du roman étant la même, je vais donc reprendre ma chronique.
Lou Ford est un personnage à première vue plus que respectable. Fils d’un médecin connu, habitant encore la maison familiale après le décès de celui-ci, il est en plus adjoint du shérif. Un poste éminemment respectable, qui le place au-dessus de tous soupçons !
Car la face cachée de l’individu est tout autre. Tueur psychopathe, violent et froid, il voue une haine féroce à Chester Conway, de la Conway Construction Company.
Le début de sa vengeance est enfin à portée de son esprit diabolique. Il se souvient que son demi-frère Mike est mort sur un chantier de la Company et que des économies de bouts de chandelle sont à l’origine d’un manque de sécurité évidente.
Elmer Conway, fils alcoolique de Conway et amoureux fou Joyce Lakeland, prostituée et maîtresse de Lou avec qui il entretient des relations plutôt violentes.
Ils trouveront la mort, dans la même pièce le jour où il avait décidé de quitter la ville, elle battue à mort !
Alors commence pour Lou une longue, très longue et sanglante descente aux enfers.
Lucille, amie d’enfance et maîtresse officielle, décède, elle aussi, puis tous les gens qui de près ou de loin peuvent avoir des raisons de le soupçonner… et la liste est longue.
Lou Ford est le digne penchant en plus violent du Nick Corey de « 1275 âmes ». Sous des airs de brave homme, de flic débonnaire dans une petite ville sans trop de problèmes. En réalité, être avide de sang et machiavélique, les traumatismes de son enfance resurgissent en lui. Et ce malgré les attentions que lui a apporté son médecin de père. Il est également responsable des années de prisons effectuées par Mick qui s’est accusé d’un forfait qu’il avait commis.
Beaucoup de personnages secondaires dans ce roman de Lucille, éternelle fiancée et maîtresse attitrée : Joyce Lakeland, maîtresse de passage adepte d’une certaine violence sexuelle ; les gens de la police ; Bob Maples, le vieux sheriff ; Johnny Pappas, pauvre gosse et beaucoup d’autres tous à des degrés divers victimes de la folie de Lou.
Un des premiers romans très noir de Jim Thompson, qui laisse augurer de la suite, sorte de prémices de « 1275 âmes ». Même trame, un homme de loi, un sentiment d’être rabaissé par la vie et les gens, d’où cet esprit de vengeance meurtrière.
Ce roman me parait beaucoup plus sombre et le personnage de Lou Ford encore plus retord sombrant petit à petit dans la folie !
Il faut quand même reconnaître une chose, et cela après vérification, c’est que le prénom d’un des principaux personnages féminins n’est pas le même suivant la version !   Lucille Stanton devient ou plutôt redevient Amy Stanton ! Prénom de la version originale !
Il faut aussi dire que cette nouvelle traduction fait cinquante pages de plus à format quasi identique.
Une réédition qui s’imposait.
Extraits :
-  C'est drôle que ce soit quelqu'un qui n'est pas de la partie qui trouve la solution à ces problèmes là... Si ça ne leur plaît pas qu'ils fassent autre chose. C'est bien vu, ça. Et même excellent.
- Vous m'étonnez vraiment, Lou. Ça fait des années que je vous vois en ville, et franchement vous ne m'avez jamais donné l'impression d'être un grand penseur...
- Je me demande si je ne viens pas de découvrir la raison pour laquelle je n'ai pas vendu cette maison : j'y reste pour me punir.
- Je ne suis que ce pauvre crétin de Lou Ford, de Ploucville. Incapable d'inventer un alibi, parce que je n'ai rien fait qui nécessite d'avoir un alibi.
- À ce propos, quel est le score, à l’heure qu'il est ? Un cadavre, ou deux ?
- « Et qu'il y a une chose que j'ai comprise à ton sujet, c'est que tu n'aimes pas ce métier. Il ne l'a jamais aimé ».
- Avec chaque jour qui passe, cette impression devient plus forte.
- Il avait tout eu, et on ne sait pourquoi, il avait préféré ne plus rien avoir du tout.
- « De toute façon, je n'aurais pas pu partir. Comme vous l'avez compris, je suis cloué ici. Quel que soit le temps qu'il me reste à vivre, je ne serai plus jamais libre... ».
Éditions : Rivages/ Noir (2012)
Titre original : The Killer Inside me. (1952)
Traduit  de l’anglais (États-Unis) par Jean-Paul Gratias.