L'ange gardien
L’ange gardien.

Christa FAUST.

Note : 4 / 5.
Poing final.
Nous retrouvons dans ce roman Angel Dare, célèbre star du porno. Elle a changé de nom, (elle en change souvent),  et de lieu de résidence. Ici elle vit à Yuma en Arizona où elle travaille comme serveuse. Elle semble aspirer à une existence plus tranquille, mais pourtant son passé la rattrape et avec lui une kyrielle de retrouvailles pas toujours très agréables. C’est même plutôt le contraire !
Le premier qui débarque est un de ses anciens amants, au cinéma comme dans la vie, Vic « La Brique » Ventura. Le temps ne l’a pas arrangé, les drogues dures non plus. Leur rencontre sera brève, le temps pour Vic de lui présenter son fils Cody, qu’il a eu avec une autre actrice du porno. Il est abattu ! Son patron du moment aussi. Elle se retrouve avec Cody sur les bras. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec lui et le passé d’Angel, « La vie n’est pas un long fleuve tranquille », mais plutôt une mer agitée.

Cody est jeune et adepte des sports de combats extrêmes. Son but ultime : participer à l’émission de télévision « All American Fighter : Nouvelle Generation ». Pour cela il est managé par Hank « Hammer (Le marteau) Hammond, un vétéran des rings au passé glorieux mais qui maintenant a beaucoup de problèmes. Que sa consommation de pilules diverses n’aide pas !
La première question qui se pose est : pourquoi cette tuerie ? Est-ce un problème avec Cody qui participe à des combats clandestins au Mexique ? Aurait-il refusé de « se coucher » comme convenu ? Ce qui aurait déplu à Lovell, organisateur de ces rencontres ? Vic avait-t-il permis,  à son corps défendant, à certaines personnes de retrouver la trace d’Angel. Car elle fait partie du programme de protection des témoins et n’a pas que des amis !
Elle sait que des Croates sont à sa recherche avec à leur tête Vukasin qu’elle croyait mort et enterré.
Commence alors un roman trépidant, plein de renversement de situations, de morts et de sexe qui nous tient en haleine jusqu’à un final plein de mélancolie…
La voiture remplace le cheval mais la chanson est la même « I'm a poor lonesome Angel… »
Après la pornographie, les sports extrêmes, même violence et miroirs aux alouettes… beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.
Extraits :
- Autrefois, j'adorais entendre prononcer mon nom. Puis je l'ai détesté. Là, je ne savais plus trop quoi ressentir.
- J'avais l'impression d'être un fantôme qui faisait semblant de vivre. Je traçais des traits dans ma tête pour compter les jours entre deux voyages au tribunal du comté de LA.
- Je me souviens de lui, en manque, pesant moins lourd que moi, une coquille vide et décharnée qui n'était plus que l'ombre de ce qu'il avait été.
- Lovell tient Cody, annonçais-je aussitôt la porte fermée.
- Je savais combien la situation s'était tendue aux postes frontaliers, avec cette hystérie terroriste de par le monde.
- J'avais déjà compris à ce moment-là que la pipe ne serait pas une option. Pas pour moi en tout cas.
- C'est ainsi qu'on m'avait nommé dans les gros titres. La justicière du porno. Dirty Harriet. La Tueuse aux talons aiguilles.
- Les filles autour des barres étaient entièrement nues, tandis que celles qui sillonnaient la salle portaient des robes de strip-teaseuses d'une vulgarité époustouflante, en matière extensible bon marché.
- Et même s'il était à présent majeur, le simple fait de regarder cette vidéo me donnait l'impression d'être une perverse parce que je me l'étais moi-même tapé.
Éditions : Gallmeister / Americana (2018).
Titre original : Choke Hold (2011).
Traduit de l’américain par Christophe Cuq.