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Nouvelles de l’au-d’ici...  de Bretagne et d’ailleurs.
Yann VENNER. *

Note : 4 / 5.
Ici et ailleurs, hier, aujourd’hui et demain…
Ce recueil est, il me semble, le premier de Yann Venner, que je connais plus comme auteur de romans noirs (plusieurs sont chroniqués ici). Il écrit aussi de la poésie.
Seize nouvelles dont voici les titres :
Sculpteur des mots. L'escalier. Jean-Marie Lahaine. Rêve de chien. Hypermnésie. Éforgerie. Le châtiment. Petit traité d'ethnologie bretonne. Un drame au village. Le pouce qui glousse. Une pointure de trop. L'intelligence du vent. L'erreur. Le Bar à Gouin. Le murmure de l'aube et Voyaginaire.
« Sculpteur des mots », qui est dédié à Armand Robin, est le récit de la vie de Jobic. On dit pauvre comme Job, on pourrait ajouter heureux comme Jobic sur sa terre bretonne, entre ses propres mots croisés et ses sculptures sur granit, nous sommes en Bretagne. Auprès de son pen-ti, il vivait heureux, il n’aurait jamais dû le quitter des yeux ! 

« Le châtiment ». Le peintre Janus Baum signe sa toile puis s’endort du sommeil du juste, fier du travail accompli. Mais au matin il est mort. Sur le sol douze boules de gui tombées d’un chêne ! Texte pour le moins surprenant.
« Petit traité d'ethnologie bretonne ». Je pensais être féru de culture bretonne, mais ici je tombe de haut ! Exemple de mon ignorance :
… Le Breton est un charmant petit animal de compagnie. Il jappe en noir et blanc, travaille d'arrache-pied, mais n'aboie jamais.
Je pense qu'il est temps de me remettre fortement en question.

« Le pouce qui glousse » On dit couramment « Unis comme les doigts de la main », si comme dans cette histoire le pouce se prend pour le « Roi de la main ». Pas sûr que les autres doigts n’en prennent pas ombrage !
« Le Bar à Gouin ». Au bar à Gouin, les clients viennent et baragouinent, et boivent des coups aussi. Le propriétaire c’est Phileas, Brin de Zinc est un consommateur. L’un raconte, l’autre écoute !
Des personnages divers et souvent originaux, Odradek qui a des problèmes avec ses jambes et sa béquille, chacune n’en faisant qu’à sa tête ! Alors pour monter un escalier, c’est loin d’être évident ! Une maîtresse d’école qui doit régler un problème de vol de coquillage ! Fredi Lance est policier dans un monde futuriste à l’aéroport Blaniakbar de Toul’house !
Des nouvelles qui très souvent ressemblent fort à des contes orientaux. D’ailleurs deux nouvelles (ou contes ?)  Une pointure de trop et  Le murmure de l'aube sont précédemment parus dans la revue « Algérie/Littérature action ».
À noter de très beaux dessins de Gilles Blanchard pour illustrer certains textes.
Extraits :
- Il ne fallait pas la laisser s'enrhumer, cette valeureuse Bretagne-qui avait servi de chair à canon trop longtemps-sinon la France entière toussait, prenait la fièvre.
- Un cauchemar est passé ; laissera-t-il des traces ?
- Le bruit grouillant des galets sur la grève s'agglutine à mes oreilles. S'accroche à mes basques humides l'odeur du varech…
- Une fourmi bretonne sur deux va aux vêpres...
- Les mœurs et les coutumes bretonnes ont encore de belles journées devant elles, en attendant la procession prochaine et qui ne saurait tarder...
- Sous-traiter le manuscrit. Je sais qu'elle le lira avec moins d'a priori. Pas comme moi, torturé par le moindre mot.
- On va te remettre sur ton bateau et t’envoyer valser la gavotte sur ton canot breton, toi et tes congénères !
Éditions : Les éditions du Trozoul-Chemins d’Écritures (2018).
* Illustrations intérieures de Gilles Blanchard.