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Acid Queen.
Nicholas BLINCOE.
Note : 3, 5 / 5.
Les nuits de Manchester.
Poursuivant mes lectures d’anciens romans de la « Série Noire » qui furent parmi mes premières lectures il y a très longtemps, je découvre cet auteur anglais avec ce roman datant pour la traduction française de 1998.
Estela, transsexuelle de fraiche date, revient à Manchester. Pour se remettre des émotions du voyage rien ne vaut quelques exercices sexuels. Elle trouve pour cela, dans une boîte de nuit, un jeune drogué Yen. Son opération étant récente elle évite encore la pénétration, qu’elle remplace par une fellation qui semble ravir le jeune homme. Mais au réveil, celui-ci a disparu, et les poches pleines d’objets qui ne lui appartenaient pas, en particulier un pistolet qui devait servir à Estela pour  honorer un contrat, tuer John Burgess, patron de la boîte de nuit où elle a « levé » Yen.
Mais celui-ci est tué dans ce dancing avec l’arme qu’il avait dérobé. Pour Estela, la situation est pour le moins embarrassante, surtout que son commanditaire aimerait bien avoir des nouvelles positives.
Alors elle va plonger dans la nuit de Manchester, pas celle de la ville du football roi, non celle de la pègre des boîtes de nuit et des gangs. Car elle a un lourd passé avec cette cité, du temps où elle se nommait Paul Saurel ! Quelles étaient à ce moment-là ses relations avec l’homme qu’elle doit tuer ? Et qu’a-t-il (elle) obtenu en échange de son départ ?
La faune des nuits chaudes d’une grande ville, la même que partout ailleurs, à la recherche d’alcool, de drogues ou de sexe et surtout d’argent facile. Mais cela peut être un exercice périlleux, pouvant amener à une mort violente.
La guerre des gangs fait rage, jamaïcains contre pakistanais, arbitrée par quelques anglais, restaurants mitraillés, tentatives de faire main basse sur les trafics de drogues, bref la vieille Angleterre est bel et bien enterrée !
Allons finir la nuit en boîte, l’ambiance est assurée !
Beaucoup de personnages, tous un peu fêlés sur les bords, abus de produits prohibés pour certains !
Estela/Paul connait Manchester, malgré que l’architecture a changé, la mentalité des hors-la loi reste la même !
Michael, ancien hooligan de couleur, s’est (un peu) retiré des affaires. Il est malgré tout encore au courant de pas mal de choses.
John Burgess a gravi tous les échelons de l’échelle sociale, est-ce pour se diversifier qu’il a acheté une agence de voyage ou alors a-t’il un autre but ?
Junk, qui comme son surnom  l’indique, a été à un moment de sa vie tellement drogué qu’il en était devenu fou ! Il est toujours fortement impliqué dans les affaires de John Burgess tout en gérant son propre business, mais à très petite échelle. Mais cela peut, malgré tout, être dangereux.
Un bon roman, sans beaucoup d’originalité, mais avec son lot d’actions et de coup tordus.
Une phrase résume bien la situation de la société  anglaise :
- Le triangle d'or : Manchester, Bradford, Karachi. Les Pakis font venir la poudre, les négros la vendent, et les cons de Blancs l'achètent. C'est cool...
Extraits :
- Cette femme s'était transformée en reine du cinéma. Amjad répondit par un haussement d'épaules ; il pouvait s'agir de n'importe quoi : l'IRA, des supporters de foot, une bagarre, peut-être une descente dans un des bars homos du coin.
- Décidément, sa vie n'était faite que de contrariétés.
- J'ai cru que tu serais dans ton élément, que tu saurais au moins la jouer cool. Ou ce qu'on considère comme cool chez ces canards d'anglo-protestants.
- L'accent de Manchester avait disparu en même temps que sa pomme d'Adam.
- Seule la tête de Teresa dépassait de la couette : son petit visage et ses grands yeux d'Irlandaise.
- Quoiqu'il y ait eu entre Burgess et Paul/Estela, eux seuls connaissaient la vérité.
- Paul ! Putain, qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?
- Si Burgess nourrissait le moindre soupçon, il enterrerait Junk de ses propres mains. Il le farcirait de speed par tous les orifices jusqu'à ce qu'il explose.
- La fuite possédait diverses vertus, Junk en était conscient ; malheureusement, chacune s'accompagnait de complications subtiles.
- Elle reconnut ce geste : une poignée de main hollywoodienne à la mode de Manchester.
Éditions : Série Noire / Gallimard (1998).
Titre original : Acid Casuals (1996).
Traduit de l’anglais par Jean Esch.