Contes de la folie
Contes de la folie ordinaire.
Charles BUKOWSKI.

Note : 4 / 5.

Vie de fou !
Je poursuis à la vitesse d’un escargot ivre la découverte de l’œuvre de Charles Bukowski par la lecture de ce recueil de courts textes dont le titre original est nettement plus provocateur que celui de la version française. Jean-François Bizot nous raconte « Le jour où j’ai rencontré Bukowski ». Excellente entrée en matière.
Viennent ensuite les textes suivants (Je ne vais pas parler de tous !) :
- La plus jolie fille de la ville. La vie dans un bordel au Texas. Le petit ramoneur. La machine à baiser. Trois femmes. Trois poulets. Douze singes volants qui ne sont jamais arrivés à baiser. Vie et mort d'un journal underground. Le jour où nous avons parlé de James Thurber. La politique est l'art d'enculer les mouches. Autant qu'on veut. La chatte blanche. J'ai vécu avec l'ennemi public n°1. Comme au bon vieux temps. Le grand mariage zen. Con comme le Christ. Pas de chaussettes. J'ai descendu un type à Reno. Carnets d'un suicidé en puissance et Le Zoo libéré.
« La vie dans un bordel au Texas », titre racoleur s’il en est ! Quelques jours entre coups et extases sexuelles ! Tout cela pour quelques larmes à la descente d’un car !

« Le petit ramoneur », un texte très étrange, sorte de fable sous amphétamines. Une femme met un homme au régime mais s’il perd du poids, il rétrécie en même temps ! Arrivé à 20 centimètres de haut, il décide de prendre les choses en mains !
« Trois femmes ». Nuit d’orgie pour un homme dont la compagne a invité deux amies… et beaucoup de boissons alcoolisées.
« Douze singes volants qui ne sont jamais arrivés à baiser ». Des singes qui volent… six mâles et six femelles… et tout cela pour rien. Scénario qui  se perd en cours d’écriture.
« Vie et mort d'un journal underground ».Bukowski travaille à la Poste et écrit dans « Open Pussy », un journal underground. Dire que cela fait plaisir à sa hiérarchie serait mentir !
« Le jour où nous avons parlé de James Thurber ». C’est aussi le jour où Bukowski se fait passer pour André, un poète français qui a la réputation d’avoir un sexe hors normes. Alors Bukowski va en profiter… tout en parlant littérature !
Il est possible d’être la plus jolie fille de la ville et de ne pas être heureuse. Cass en est le parfait exemple.
Il est beaucoup question de femmes évidemment ! Toutes un peu plus folles les unes que les autres ! Mais il faut être franc, les hommes ne sont pas mieux, si ce n’est pire.
Pour la forme et l’écriture c’est du Bukowski pur jus ! Souvent vulgaire, grossier, obsédé sexuel, grand buveur devant l’Eternel, mais tellement jubilatoire !
Extraits :
- Pour les mecs, elle n’était qu’une machine baiseuse. Cinglée ou pas, ils s’en moquaient.
- À la fin, elle a grimpé sur le lit, et ça a été un des meilleurs coups de ma vie…

- Sarah me comblait. Tout en elle s’épelait S.E.X.E. Je m’étais vraiment branché sur elle à l’arbre de Noël des employés du dépôt.
- Nous entrons dans un Age Nouveau, l’Age Atomique, l’Age de l’Espace et surtout, l’Age de la Surpopulation. Je vais sauver le monde. Je vais résoudre le problème de la Surpopulation.
- Il a fait les plans d’une femme mécanique qui te baise mieux que toutes les grandes putes de l’Histoire ! Tout ça sans Tampax, sans emmerdes, sans baratin !
- Je te jure, chérie, on dirait un gros plat de spaghettis et de bouts de viande enveloppé dans un costard déchiré !
- Ça me pinçait toujours le cœur quand elle se tirait, j’avoue. Parfois elle restait dehors deux ou trois jours. Et nuits. Ce n’était pas très gentil de sa part.
- Ces deux-là connaissaient la littérature sur le bout des doigts. On a parlé du Winsburg de Sherwood Anderson, de Dos Passos, Camus, et des familles célèbres, les Brontë, les Dickey, les Crâne. De Balzac aussi, et même de James Thurber.
- Mon cher Bukowski :
Pourquoi n’écrivez-vous jamais sur la politique ou les grandes affaires internationales ?
M.K.

- Et la bouteille au milieu, dans cet hôtel minable en plein centre de L.A. C’était samedi soir dans une des villes les plus dures du monde.
Éditions : Grasset (1977). Le livre de poche (1981).
Titre original : Erections, ejaculations, exhibitions and general tales of ordinary madness (1972).
Traduit de l’anglais (États-Unis)  par Jean-François Bizot et Léon Mercadet.