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Rappelle-toi, Ève.
Daniel CARIO.

Note : 4,5 / 5.
Forget me not…
Troisième « Thriller » de Daniel Cario paru chez « Groix Éditions & Diffusion » après « Les Yeux de Caïn » et « Ne reposez pas en paix ».
Ève Blandine est une belle femme, pour ne pas dire une très belle femme. Mannequin, elle semble avoir tout pour réussir, fille unique d’une famille de notables normands, père médecin, mère sage-femme. Elle est connue dans le monde de la mode sous le pseudonyme de « Myosotis ». Elle est consciente que sa carrière est malgré tous ses efforts derrière elle.
Mais tout cela va commencer à se détériorer lorsqu’elle découvre un numéro du journal « Le Point du jour » dans sa boîte aux lettres. Une annotation manuscrite lui conseille de lire la page 9. Sur celle-ci figure un feuilleton « Le Monstre du parc, première épisode ». Elle commence la lecture, plutôt distraitement, puis de plus en plus intriguée. Certains faits lui paraissent être de très vagues souvenirs de sa propre enfance. Détails qu’elle pensait être la seule à connaître. Cela ressemble à un conte de fée avec pour héroïne une dénommée Linda, dont les parents lui passent le moindre de ses caprices… ce qui était son cas ! Il est aussi question d’une poupée de grand prix ramenée par son père de Hongrie.
Ève se remémore alors son enfance au Touquet, une grande demeure cernée d’un haut mur, ce qui n’était pas la coutume dans la région. Il lui revient une petite maison « La maison du monstre » dont elle n’avait pas le droit de s’approcher… ce que, bien sûr, elle a fait. Ce qui lui a valu une sévère réprimande de sa mère. La mort de ses parents dans un incendie qui a ravagé le domaine, mais où par miracle elle a survécu !
Semaine après semaine, le conte de fée, dont la lecture est un cauchemar pour la jeune femme, se poursuit par journal interposé. Parfois elle reçoit une missive intitulée « Requiem ». Et toujours c’est sa propre enfance qui est étalée entre les lignes.
Au siège du journal, on ne connait pas le nom de l’écrivain, car il paye pour que ses textes paraissent… une porte qui se ferme. Son voisin aussi se prétendant écrivain, est-ce lui ?
Commence alors pour Ève une longue descente aux enfers, elle fuit à
Paris, essaye de se ressourcer en Normandie. Sa beauté s’étiole, elle est renvoyée de l’agence de mannequin qui l’emploie, elle perçoit la folie qui s’est emparée d’elle… car une question la hante « Qui est derrière tout cela ? »
Un livre dont le suspense reste entier sur 410 pages. Nous sentons l’angoisse de l’héroïne, puis sa raison vaciller.
Encore un excellent roman de Daniel Cario.
Extraits :
- Les fautes commises ne sont pas de ton fait, mais tu es responsable, puisque tu existais et que tu n'as rien fait pour savoir. Je ne sais pas encore ce que cela signifie, mais quand tu l'apprendras tu seras bien obligée d'en convenir.
- « A toujours lui accorder ce qu'elle demandait, à lui offrir les cadeaux les plus coûteux et à céder à tous ses caprices, ils avaient fait de leur enfant une véritable chipie. »
- « C'était Linda qui avait inventé cette chansonnette, car elle avait beaucoup d'imagination.
Un peu trop même... »
- Linda Bévène était une enfant compliquée. Elle profitait de la tendresse de ses parents et surtout celle de sa mère. Le parc était le territoire de ses jeux. Elle avait le droit de s'y promener à son gré, sauf dans un endroit. Il s'agissait d'une construction qui ressemblait à une maison en miniature. - Tu commences à te poser les vraies questions, Ève. Celle qui aurait dû te venir à l'esprit voilà si longtemps. Mais la princesse était trop imbue de sa petite personne pour se soucier de ce qui se passait autour d'elle. »
- « J'aurais parié qu'en rentrant tu te précipiterais sur ta boîte aux lettres afin de prendre le journal que j'étais supposé t'avoir laissé. La suite logique de ton fonctionnement mental de petite bourgeoise friquée en accord avec les scénarios des romans de quai de gare que tu dois lire. Quand tu lis.
- « Je savais que tu aurais à cœur de te procurer toi-même le Point du jour que tu attendais avec tant d'impatience, aussi ne te l'ai-je pas fourni. Félicitations, Eve, juillet parvenu, tu fais des progrès. »
- « De princesse des cœurs, elle devint reine du royaume. L'ingrate oubliait peu à peu ses parents. »
Éditions : Groix Éditions & Diffusion (2018)

Autres chroniques de Daniel Cario chez Groix Editions et Diffusion :
Les Yeux de Caïn.
Ne reposez pas en paix.