Opération

Opération Renard du désert.
Spike MILLIGAN *.

Note : 5 / 5.
Le brave soldat Spike.**
Suite toujours aussi délirante des mémoires de guerre de Spike Milligan. Le premier tome « Comment j’ai participé à la chute d’Hitler » figure sur ce blog.
Dans le prologue Spike Milligan avoue :
-« J’ai un peu égayé les évènements de ma guerre ».
Donc suivons les événements de la seconde guerre mondiale à la suite de l’auteur.

Les faits narrés ici se déroulent en Afrique du Nord entre janvier et mai 1943.
Ne vous attendez pas à des actes d’héroïsme, ici c’est le sale côté de la guerre, celle-ci vue par ce que l’appelait en France « Les appelés du Contingent », pauvres bougres qui servaient de chair à canon, ici en Afrique du Nord.
La vie d’un pacifiste embarqué bien malgré lui dans la galère d’une guerre qui ne le concernait pas plus que des millions d’autres.
Rien d’héroïque durant ces années, où l’on perd sa jeunesse, la principale occupation est de faire des trous pour se cacher et parfois dormir. La bouffe est dégueulasse, les femmes au loin. Le bromure ne résout pas tous les problèmes de libido de jeunes gens dans la force de l’âge. « Le carrosse de la passion » est un convoi, destination les bordels d’Alger. Prostituées et alcool au menu. Mais la guerre est malgré tout présente, direction la Tunisie pour la victoire.
Spike Milligan fait l’amère constatation suivante après ce succès :
- Et voilà que moi, le pacifiste, je ressentais comme mes camarades l’ivresse du barbare.
En fait de personnages, je ne vais pas faire un inventaire à la Milligan ! Des hommes surtout, les femmes ne sont là qu’en rêve la nuit et en souvenirs le reste du temps.

Sinon les amis et musiciens, en particulier Edginton, et les compagnons de fortune (plutôt rares) et d’infortune (tout un régiment !), bref du beau et moins beau monde.
Un mot sur le lieutenant Tony Goldsmith, brave homme mort au combat. Milligan rencontre aussi Harry Secombe, avec qui en compagnie de Peter Sellers ils formeront le trio comique « Goon Shown » qui sévira sur les ondes de la BBC.
Je suis très bon public pour ce genre de récit complétement déjanté. Inconditionnel des Monty Python, je suis également un fan de Spike Milligan, qui poussa l’humour jusqu’à faire graver sur sa pierre tombale et en gaélique irlandais « Je vous avais bien dit que j’étais malade » !  

Extraits :
- Nous nous trouvions dans le camp X–les soldats de moins de quatorze ans n'y avaient pas accès sans leurs parents.         
- Un mot sur la nourriture : dégueulasse.
- Là-bas, en dehors de la bibine, il y avait une serveuse dont les protubérances mammaires flottaient le long du comptoir, escorté par jamais moins qu'une centaine de paires d'yeux.
 - Le « Carrosse de la passion » part à 13h30 et vous serez tous de retour à 23h59 comme de braves petites Cendrillon.    - Ce n'était pas vraiment du Cole Porter, mais nous ne touchions pas non plus les mêmes cachets.
- Si la brièveté est l'âme de l'esprit, alors ce journal a été écrit par Oscar Wilde.         
- Vous voyez ? Ils ne pensent qu'à ça, ces feignants ! La bibine, le foot et le sexe !
Éditions : Éditions du Wombat / Les Insensés. (2018).
Titre original : « Rommel » « Gunner Who, ». A confrontation in the desert. (1974)
Traduit de l’anglais par Thierry Beauchamp.
* Il est également l’auteur des illustrations.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Le règne hystérique de Siffoney 1er, roi d’Irlande.
Mon rôle dans la chute d’Hitler.
* * Titre honteusement plagié, en forme de clin d’œil au roman « Le Brave Soldat Chveik » de Jaroslav Hasek.