des cendres

Des cendres sur la Breizh.*
Yann VENNER.

Note : 3,5 / 5.
Fumer tue... et pas toujours lentement !
Roman de la série commencée il y a déjà plusieurs années par la trilogie « Black Trélouzic » .
Un jour, au point du jour, devrais-je dire, Fanch, érection matinale oblige, a une idée très précise en tête, mais le téléphone sonne (Comme chantait feu Claude François), et ce n'est pas une bonne nouvelle ! Au bout du fil, Félix Stereden, ancien flic de profession et alcoolique de son état ! La raison de cet appel, « Le loup rouge » le bar-tabac de Fanch a été cambriolé ! Et en guise de signature, deux mots : « Fuck Bugalez », les stocks de tabac et d'alcool sont dans l'ordre pour le tabac partis en fumée et pour l'alcool évaporés ! Mais visiblement pas pour tout le monde ! Surtout qu'il apparaît vite qu'il y a une sorte d'épidémie de cambriolages de bars-tabac dans la région !
Et la piste terroriste n'est pas écartée, quelques jeunes Bretons et Bretonnes s'étant radicalisés et ayant prêté allégeance à Daesh.
Une autre épidémie se propage, la mort des fumeurs, pas après des années de tabagisme, mais de manière soudaine et violente. Toujours par des paquets achetés sur Internet !
Et revoilà donc Bugalez Holmes et Cabioch Watson en pleine enquête !
Et vogue la galère, direction Jersey puis Londres...
Nous retrouvons ici les personnages récurrents des romans de Yann Venner dont j'ai déjà longuement parlé sur ce blog :
Pour les personnages, honneur aux dames et à notre amie québécoise : Gwendoline, tel Jack Kerouac, qui est à la recherche de ses ancêtres bretons.
Les "héros" Fanch Bugalez et Eugène Cabioch, dit « La Brebis » sont très sympathiques et absolument à contre-courant (pour des marins, mon humour est plutôt facile). Anars pacifistes, ayant des relations tendues avec la maréchaussée, et l'église ne dédaignant pas la dive bouteille, enfin des gens biens. Même si parfois, ils ne respectent pas toujours les lois.
Roman pour le moins déroutant qui mêle des faits-divers d'actualités (les attentats de Daesh en Europe) à un humour potache malgré tout moins présent que dans certains ouvrages précédents !
Une lecture agréable bien dans la lignée des précédents ouvrages de la série.
Extraits :
- C'est signé deux ou trois ados en mal de reconnaissance.
- L'homme semble en état de choc, a besoin d'un remontant, cela tombe bien, il a une belle descente.
- Ainsi Benoît, imprégné de slogans, de paroles plus ou moins pieuses, pourra au bout d'une année se convertir. Et choisir de porter le prénom de Mohamed au lieu du sien. Puis Benoît Radoulec deviendra el Radouk. Une anagramme parfaite !
- Tu vas quand même pas plagier Frédéric Dard ! Nous faire du San Antonio à la petite semaine.
- Ce drapeau représente la Bretagne dans son intégralité et non plus une pensée, une idéologie ou un parti politique précis. Le drapeau flotte sur la plupart des mairies et sur de très nombreux bâtiments publics.
- Assassiner Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré, Charb tout ça pour quelques traits de crayon, iconoclaste peut-être, mais sans plus !
- Et La Brebis savoure sa dernière gorgée de bière, dans un état proche de l'orgasme platonicien.
- D'autant plus, conclut Fanch, que le fait de tolérer les intolérants au nom de la tolérance revient à détruire de l'intérieur la démocratie.
Éditions : Les éditions du Trozoul. Chemins d'Écriture. (2018).
* Suspense à Trébeurden.