Irvin
L’Artiste au couteau.
Irvine WELSH.

Note : 4 ,5 / 5.
Retour en enfer.
Auteur écossais mondialement connu pour son roman  « Trainspotting »et son adaptation cinématographique.
Jim Francis est un artiste en vue, ses sculptures, qui ne sont pas au goût de tous, ont du succès. Il vit en Californie avec sa jeune épouse, Melanie et leurs deux enfants, Eve et Grace. Un jour sur la plage, son épouse et une de ses filles sont importunées, mais l’arrivée de Jim calme leurs ardeurs. Disant à son épouse qu’il va déposer une plainte à la police, il s’absente. Un coup de téléphone de sa sœur lui annonce le décès de Sean, un de ses fils de sa précédente existence écossaise. Il décide de rentrer à Edimbourg.
Mais dans cette ville son passé va le rattraper, et la violence va reparaître dans sa vie.
Une question doit trouver une réponse, Comment est mort Sean et qui était-il vraiment ? Car malgré que ce soit son fils, il ne le connaît pas !
Un drogué, c’est sûr, un homosexuel, c’est ce que semble confirmer Frances, une belle jeune femme, elle aussi alcoolique et droguée, aux mœurs plus que légères.
En Californie, Melanie apprend par un policier très amoureux d’elle, que l’on a trouvé le cadavre nu d’un de ses agresseurs, apparemment noyé. Pas de trace par contre de son complice.
Pour Jim, certains bruits le mettent sur la piste d’un dénommé Anton Miller, ami (et sûrement plus) de Frances Flanagan.
Pendant ce temps, troublé par plusieurs révélations du policier Harry, Melanie décide de partir pour Edimbourg.
Jim Francis dont on découvre bien vite qu’il est en réalité Francis Begbie est un sculpteur en vogue bien que très décrié. Il a refait sa vie, mais chassé le naturel, il revient au galop.
Deux familles, l’américaine artistique et familiale, l’écossaise avec un lourd passé de drogue et de prison.
Trente-sept chapitres dont 5 fois « Le petit livreur » et 6 fois «  Partenaires de danse » forment un puzzle noir.
Une plongée dans le prolétariat pour ne pas dire le sous-prolétariat écossais. Un monde d’alcoolique, de drogués, de filles perdues et de voyous de bas étage.
À noter que les dialogues entre habitants d’Edimbourg sont en langage local ce qui donne :
- Jsuis en sursis avec le dass, mais j’ai placé lplus gros sur un compte pour lptit.
Une œuvre forte et une écriture ciselée.
Extraits :
- Jvous laissais tous les deux pleins dmerde jusqu’à que votmère revienne.
- Mais qui était-elle ? Elle était bonne et forte et j'étais mauvais et faible. Ce qui me frappait le plus à son contact. Le fait que j'étais faible.
- Il sent dans son dos les regards stoïques et approbateurs d'hommes forts, et sait que certains d'entre eux ont jadis dansé avec le diable, au bord du précipice, pour se reculer au dernier moment.
- Incroyable, se dit-il, inspirant à pleins poumons, et décidant de se détendre sur le lit en lisant l'Orange mécanique sur son Kindle. Il se souvient d'avoir vu l'adaptation ciné quand il était jeune.
- Sa vie lui semble de plus en plus fracturée, comme si son passé avait été vécu par quelqu'un d'autre.
- Quel genre de jeune homme se contenterait d'être seulement « pote » avec une jeune fille pareille ?
- Des gènes irlandais, élevé en Écosse... pas super comme mélange, pas la meilleure recette pour une vie sobre.
- Quand l'ancien psychopathe du quartier devient le gentil de l'histoire, ça en dit long sur les problèmes de cette ville.
Éditions : Au Diable Vauvert (2018).
Titre original : The Blade Artist (2016).
Traduit de l’anglais (Écosse) par Diniz Galhos.