O chateau

Ô dingos Ô châteaux.*
J.P. MANCHETTE .
Note : 4 / 5.
Fuite sanglante !
Roman datant de 1972, mais je ne me souviens pas de l’avoir lu à l’époque, contrairement à certains titres de cet auteur. J’ai dévoré de nombreux romans noirs à l’époque de mes premières armes de lecteur !
Dans le chapitre zéro, sorte de prologue, Thompson accomplit son contrat. Rentré à Paris, il accepte un autre travail, bien que la future victime soit un enfant.
Une luxueuse limousine aux vitres teintées arrive dans un manoir Louis  XIII transformé en asile. Un riche philanthrope, Michel Hartog, vient chercher une jeune fille, Julie Bellanger. Celle-ci est dans cette institution depuis 5 ans, elle était, dit-elle, libre de partir quand elle le voulait.
La voiture s'arrête devant un immeuble haut de gamme, et alors Julie est témoin d'une agression dont est victime Hartog. Sévèrement tabassé, celui-ci refuse de porter plainte. Julie visite cet hôtel particulier ainsi que sa chambre, les bureaux et les appartements du maître de céans.
Elle fait aussi connaissance de Peter dont elle doit s'occuper. Le moins que l'on puisse dire c'est que ce garçon n'est pas très facile et semble détester cordialement son oncle qui en a la garde. Mettre au lit Peter est une épreuve, l'enfant cassant, de rage, au passage le poste de télévision.
À la suite de cela, elle dîne avec Hartog qui lui explique que Peter a surtout besoin d'amour et qu'il compte sur elle pour cela. Julie se rend très bien compte que l'ambiance de la maison est des plus étranges.
Hartog lui dit qu'il part quelques jours pour affaires à Munich et qu’il lui laisse toute liberté d’agir pour le bien de Peter.
Elle propose à l'enfant une promenade au jardin du Luxembourg, endroit qu’il ne connaît pas du tout.
Et à ce moment-là, tout semble dérailler. Julie et Peter sont kidnappés, et commence alors un
roadmovie sanglant.
Nous retrouvons Thompson, qui, suite au contrat passé plus tôt dans le récit, est l’instigateur de cet enlèvement. Le but est que l'on retrouve Julie et Peter pendus, une lettre de celle-ci attestant qu'elle s'est suicidée après avoir tué l'enfant.
Mais le plan du tueur ne va pas du tout se passer comme convenu, Julie ayant plus de ressources que l'on pensait. Julie et l'enfant fuient, Thompson et ses acolytes les poursuivent...
En route pour une cavale infernale... en  train, voiture, avion… coups de feu, incendie… règlements de compte etc… qui laissera pas mal de cadavres sur le bord de la route !
Un tueur nommé Thompson (cela ne s’invente pas) qui a quelques soucis de santé, mais possédé d’une grande conscience professionnelle. Il doit tuer donc il tuera, du moins il essaiera !
Une  jeune fille, Julie, est embarquée dans cette affaire à l’insu de son plein gré, en compagnie de cet enfant Peter, qui se découvre beaucoup d’amour pour cette jeune fille.
Un homme richissime et philanthrope, Michel Hartog qui a hérité de beaucoup d’argent à la mort de son frère et de l’épouse de celui-ci. Il a aussi, façon de parler, récupéré leur fils Peter (le sale môme) !
Fuentès, ancien associé d’Hartog, qu’il ne porte pas dans son cœur, vient de temps en temps se rappeler à son bon souvenir en le tabassant allégrement ! Sans que sa victime porte plainte !
Des tueurs (dont certains, juste retour des choses)  seront tués.
Mais qui est qui dans cette affaire ?
Je trouve à la lecture de certains romans de l’époque un vocabulaire un peu désuet, par exemple ici rousseau pour roux ou rouquin. Il me semble que dans « Billy-ze-Kick », l’auteur parlait aussi du rouge ordinaire « Kiravie » ! Ici également, c’était l’époque des bouteilles en verre 5 étoiles ! Extraits:
- C’était son estomac qui l’ennuyait. C’était reparti. Il recommençait à souffrir.
- Ça marchait pas quand Patatrac ! – le frère à Hartog se paie un palmier avec son avion. C’étaient lui et sa femme qui avaient tout le blé. Aussi sec, Hartog se retrouve tuteur du môme et maître du blé. Il a plaqué l’autre con, Fuentès, lequel ne lui a jamais pardonné. Il vient de temps à autre pour lui casser la gueule.
- Elle se regarda également nue et n’aima pas ce qu’elle voyait. Elle se trouvait garçonnière, charpentée comme un cheval, les seins trop plats, les épaules trop musclées, les hanches trop étroites et la taille pas assez fine. Ses cheveux très noirs, mi-longs, soigneusement arrangés et frisés artificiellement à leurs extrémités, semblaient une perruque. Bref, elle avait l’air d’un travelo récemment opéré.
- Cette maison était pleine de bars. Un rêve d’alcoolique.
- C’était un homme de cinquante ans à peu près, d’aspect britannique. Son visage brun avait les proportions d’une saucisse à cocktail. Ses cheveux semblaient des bouts de chaume maladroitement collés sur son crâne, de même sa moustache petite et ébouriffée. L’œil était bleu.
- Thompson, dit Nénesse, c’est un maître. Il n’y en a pas deux comme lui. En tout cas, pas en France.
- On ne la pend plus ? demanda Coco, ahuri.
On la tue. C’est tout ce qui importe.
Éditions : Gallimard (1972) / Folio poche.
* Folle à lier.
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