Prise directe

Prise directe.
Eoin Colfer.
Note : 3 / 5.
Tiré par les cheveux.
Écrivain irlandais, surtout connu pour sa série "Artémis Fowl". Ce livre est sa première tentative de roman noir. Première tentative qui ne m'a pas réellement convaincu.
Le titre de cette chronique est à double sens. En effet, le héros Daniel McEvoy perd ses cheveux, et il suit un traitement d'implant, le second sens est que cette histoire est vraiment tirée par les cheveux.
Ancien casque bleu irlandais, Daniel McEvoy vit dorénavant dans le New Jersey. Il est portier et garde du corps, un peu homme à tout faire dans un établissement minable, casino de seconde zone dans la bonne ville de Cloisters, qui est, on s’en doute, très loin du paradis sur terre.
Il a une relation un peu étrange avec Connie, une de ses collègues de travail ; camarades, ils ont mêlé leurs corps et leurs solitudes durant un week-end passé ensemble.
Un soir elle est importunée par un homme qui s'avère être un avocat très connu, Faber. Celui-ci est relativement à l'aise et possède des amis puissants. Il est également très imbu de lui-même.
Les ennuis de McEvoy commencent, comme par hasard le lendemain où il découvre le cadavre de Connie, et ce n’est pas une mort naturelle loin de là ! Et ils vont s’enchaîner vitesse grand V avec dans leurs sillages un paquet de cadavres.
Daniel McEvoy est un personnage sympathique, bon garçon qui n’a pas eu une vie facile. Il a vu et vécu pas mal de situations dramatiques durant sa carrière de Casques Bleus irlandais en poste au Liban par exemple. Certains souvenirs viennent le hanter. Mais pour l’heure à part de se sortir de situations périlleuses, c’est la perte de ses cheveux. Son apostasie, comme quoi même les héros ont leur faiblesse. Surtout que l’homme qui lui fait ses implants, Zeb Kronski, travaille illégalement car il n’a pas l’autorisation d’exercer sur le territoire américain. Et en plus lui aussi est assassiné ! Mais son fantôme tiendra compagnie à Daniel tout au long des aventures de ce dernier. 
Un avocat marron, une policière ripou (avec ou sans x) qui est sa complice, une autre honnête, pour rattraper la réputation des autorités, un gangster irlandais (qui lui n’arrange pas l’image de marque des Irlandais) sont certains des personnages de ce roman.
Un avis très mitigé et plutôt négatif.
Pas un grand roman, qui, à mon gout, mélange un peu trop le roman noir et l’humour potache.
Extraits :
- « Vous êtes quoi ? Un perroquet ? Un putain de perroquet irlandais attardé ? Vingt Dieu. »
-  Connie est le genre de fille qu'un homme est enclin à protéger. Sa beauté appartient à un film des années 50 ; une chevelure à la Rita Hayworth qui ondule quand elle marche, telle la coulée de lave d'un volcan, et de grands yeux verts toujours chaleureux malgré un boulot merdique et un ex qui l'est encore plus.
- Je veux juste retrouver ma jeunesse pour une ou deux nuits, Dan. D'accord ?
- J'aime beaucoup cette période de l'année dans le New Jersey. L'air sur ma peau est familier, il me rappelle cette bonne vieille terre d'Irlande.

- Mes tableaux par terre. Une illustration de Jack Yeats sur l'Irlande de l'Ouest, rapportée de Dublin dans un tube de transport, déchirée par pure méchanceté.
- Elle parvient à me distinguer d'un œil vague, rampe vers moi, telle une créature de La nuit des morts vivants.
- Je bénéficie de dix secondes d'avance auquel on peut ajouter une minute ou deux, à moins que Deacon soit assez folle pour me courser à moitié nue.

- J'ai besoin d'une chope de Guinness mais cinq minutes à remplir et d'un rendez-vous avec une poupée au visage constellé de taches de rousseur.
Éditions : Série Noire Gallimard (2012).
Titre original : Plugged (2011).
Traduit de l’anglais par Antoine Chainas.