contes grivois

Contes grivois.
Guy de MAUPASSANT.
Note : 4 / 5.

Plaisir, mon bon plaisir !
Un recueil lu il y a des années, que j’avais beaucoup aimé. Ayant envie de relire Maupassant, (j’ai déjà commencé avec  « Les prostituées ») je ne boude pas mon plaisir (d’alcôve), de redécouvrir cet ouvrage.
Textes choisis, préface et dossier de Georges Belle. Un copieux contenu dont voici les titres : Jadis ; Une partie de campagne ; Le gâteau ; La bûche ; Mots d'amour ; Marroca ; Le lit ; Un coq chanta ; Le verrou ; Une ruse ; Le baiser ; Le remplaçant ; L’atout ; La serre ; La fenêtre ; Enragée ; Les caresses ; L’ami Patience ; Au bord du lit ; Un sage ; Rose ; La patronne ; La confession ; Bombard ; La revanche ; La chambre 11 ; L'inconnu ; Le moyen de Roger ; Joseph ; La confidence ; Imprudence ; Sauvée ; Le signe ; Une soirée ; La baronne ; Les épingles ; Allouma ; Mouche et Les tombales.
Je ne pourrai hélas pas parler de tous ces textes.
« Une partie de campagne » est une histoire coquine et hélas un peu triste ! L’amour ne dure que ce que dure les roses ! « Le gâteau », dans certaines soirées, le préposé à la coupe de la brioche est un poste très convoité, mais les temps changent et les traditions se perdent.  « La rouille ». Il faut toujours se méfier, si certaines choses ne sont pas utilisées régulièrement, il se peut qu’elles aient un certain retard à l’allumage !  « Une ruse » m’a beaucoup amusé, un vieux médecin parle avec une jeune patiente et lui explique comment il est venu en aide à une épouse dont l’amant était mort dans le lit conjugal ! « Au bord du lit » est un texte que j’aime beaucoup, la discussion entre une femme et son époux au sujet de l’argent que coûtent à Monsieur ses « cocottes » ! Très immorale, mais amusant !
Une grand-mère donnant des conseils pas très moraux à sa petite-fille. Une beauté africaine, un homme expliquant pourquoi il est resté célibataire, pour une histoire de bûches tombant de la cheminée ! Une belle alanguie, un baron fortuné et amoureux, un homme qui plutôt que de perdre sa santé partage son épouse, une bourgeoise qui rétribue un militaire pour lui tenir compagnie, puis un remplaçant les jours d’indisponibilité du premier, puis qui garde les deux ! À chaque jour suffit sa peine.
Un jeune Breton faisant son apprentissage de la vie parisienne, une inconnue croisée dans la rue, deux nobles abandonnées par leurs époux dans la campagne normande et qui grisées par le champagne rêvent, d’autres se vengent, une « divorceuse » de haut-vol déjà responsable de huit flagrants délits d’adultères ! Un militaire que se perd dans Vannes en cherchant un lieu de plaisirs, une femme qui fait non pas le trottoir, mais « La fenêtre » et qui se trouve prise au piège, et une autre qui arpente les cimetières !
La morale n’est pas souvent sauve, les personnages font des arrangements avec eux-mêmes et leurs consciences sans que cela les trouble beaucoup. Immorale, mais jubilatoire !
C’est toujours très bien écrit, j’aime beaucoup ces textes courts qui sont un plaisir de lecture. Dommage que les recueils de nouvelles n’aient pas la place qu’ils méritent dans le monde littéraire.
En fin d’ouvrage, on trouve une liste des textes et les recueils d’origine, ce qui est, je pense, très intéressant.
Extraits :
- Le mariage et l'amour n'ont rien à voir ensemble.
- Le marchepied, tenu par deux branches de fer, était très loin, de sorte que, pour l'atteindre, Mme Dufour dut laisser voir le bas d'une jambe dont la finesse primitive disparaissait à présent sous un envahissement de graisse tombant des cuisses.
- Elle faisait des vers et des nouvelles, avait le cœur poétique et était belle à ravir.
- Quoi ! Tromper Julien ? Devenir l'amant de cette petite folle perverse et rusée, effroyablement sensuelle sans doute, à qui son mari déjà ne suffisait plus !
- Huit jours après, nous étions amis. Huit jours de plus, et nous le devenions encore davantage.
- " Le lit, mon ami, c'est toute notre vie. C'est là qu'on naît, c'est là qu'on aime, c'est là qu'on meurt.
- Depuis ce temps-là, voyez-vous, je ne ferme jamais les fenêtres ; mais je pousse toujours les verrous.
- Une femme ne peut aimer passionnément qu'après avoir été mariée. Si je la pouvais comparer à une maison, je dirais qu'elle n'est habitable que lorsqu'un mari a essuyé les plâtres.
- C'est une de ces respectables bourgeoises à vices secrets et à principes inflexibles, comme il en est beaucoup.
- Elle était veuve, j'adore les veuves, par paresse. Je cherchais alors à me marier, je lui fis la cour.
- Chaque mois, cinq mille, Monsieur, ou bien je vous renvoie à vos cocottes. Et même si... si vous êtes content... je vous demanderai de l'augmentation.
- Et tout à coup il me souffla dans l'oreille : "Si nous allions voir des filles, hein ?"
Éditions : Le livre de poche (1993)
Titre figurant dans le recueil : « Les prostituées » : L’ami Patience.