005282760 léo

L’Animal de compagnie.
Léo BARTHE

Note :
4 / 5.
Une vie de chien.
Que dire de ce livre ? Qu'il va très certainement en choquer plus d'un ! Et je suis tout à fait à même de les comprendre. J'ai entendu parler un jour à la radio d'un écrivain du nom de Jacques Abeille. Comme j'avais envie de découvrir son œuvre, je me suis renseigné et j'ai découvert qu'il écrivait également de la littérature érotique sous le nom de Léo Barthe. Les hasards du calendrier ont fait que ce roman a été édité à ce moment-là, alors j'ai franchi le pas. Je dois dire que je ne savais pas réellement où j'allais !
Un homme, Jean, rentre chez lui un soir, accompagné d'un superbe chien, Buster, animal appartenant à des amis très proches qui sont partis en voyage et qui n'avaient plus personne pour garder ce quadrupède. Henriette, son épouse, est toute surprise. Mais ils connaissent et apprécient Buster. Donc tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ce qu'ils ignorent, c'est que cette présence va changer leur vie sexuelle en profondeur.
Un après-midi que Jean rentre plu
s tôt du travail, il trouve son épouse à demi-nue dans une position pour le moins compromettante, le chien, s'activant avec la langue entre les cuisses d'Henriette.
Les premiers instants de stupeur passé
s, l'homme laisse faire. Henriette lui explique, son enfance, ses sœurs, son père chasseur devant l'éternel, et le chien de celui-ci. Les jeux avec l'animal, qui, lorsque l'une d'elles oublie de mettre une culotte, excite la bête au plus haut point.
Les appétits sexuels du couple trouvent une seconde jeunesse, parfois avec Buster, parfois sans. Henriette repousse ses propres limites, elle tente tout, Buster semble être un compagnon parfait...

Mais Edmond et Georgette, les propriétaires de l'animal reviennent, et le reprennent. Un grand vide s'installe entre Jean et Henriette, mais ils continuent leurs aventures, le sexe prenant de plus en plus de place dans leurs vies.

Quelques temps plus tard, Henriette rencontre Georgette. Au cours de la conversation celle-ci lui dit que leur chien a beaucoup changé, qu'il est devenu câlin, et qu'elle a succombé à ses avances.

Jean, pendant ce temps, essaye de retranscrire sur le papier, cette aventure. Edmond, beaucoup plus homme d'affaires, tente de mettre au point, »Un chien mécanique » qui devrait lui assurer la fortune, Georgette se prétend de bonne grâce aux essais préliminaires. Henriette également, mais comme elle préfère la sodomie, d'autres essais sont nécessaires...
En conclusion de cette aventure, Jean annonce à son épouse que son livre étant fini alors, il cherche un éditeur !
Ce genre de situation est-elle possible, je ne sais pas et je ne cherche pas à le savoir. Je sais que les déviances sexuelles vont loin, très loin, mais à ce point là ?
Très belle écriture pour un sujet d
es plus scabreux. Une lecture que je ne regrette absolument pas, malgré une certaine réticence durant les premières pages. Les dialogues entre les époux sont empreints de compréhension, les descriptions d'actes sexuels appuyées, mais sans jamais tomber dans la vulgarité.
Extraits :
- Comme un petit enfant pris en faute, elle se mit les mains sur les yeux tandis que le rouge lui montait au front.
- Je n’ai rien fait de toute ma vie qui ne procédât de ce symbole.
- Qu’est-ce donc qui donnait à la fellation cette nuit-là une puissance inattendue et déconcertante?
- Je n’y peux rien,... je n’y peux rien... c’est lui qui a commencé...
- Se fût-il mis à m’en parler que je n’en eusse pas été autrement étonné.
- Je m’appesantis dans son corps dispersé et, autant que moi-même, la réconforte de notre chaleur.
- Pour le reste de notre vie, je trouverais par trop fastidieux de narrer par le menu la suite des actions banales qui occupaient nos journées en tous points les mêmes que celles de nos semblables dont le niveau de vie, comme le nôtre, était à la fois modeste et confortable.
- Ce jeu de la petite chienne – nous le nommions ainsi quand il nous plaisait de l’évoquer entre nous –, ce jeu nous a tenus dans un constant état d’euphorie.
- Mon amour, je le saurai désormais, n’a jamais voulu se rassasier que de l’épanouissement du désir de l’autre et mon propre plaisir m’importe assez peu. Mon vice est l’inverse de celui de mes semblables. Je ne cherche la pure et exquise beauté que dans la contemplation enfiévrée d’une liberté sans frein ni borne, infinie.
Éditions : La Musardine (2018)
.