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Sous la soie.
Marie-Claire MAZEILLÉ .

Note : 5 / 5.
Émois sous la soie.
Ouvrage mêlant poésies et nouvelles de cet auteure que je découvre ici. Pour une fois je vais citer une phrase de la quatrième de couverture :
-Marie-Claire Mazeillé écrit comme elle rit, avec enthousiasme et passion .
Ce rire est communicatif !
Des textes parlant d’amour, aussi bien moral que physique, mais avec une extrême pudeur et également une grande délicatesse.
De très beaux poèmes, traitant du désir, des départs et des retrouvailles, ces petits détails qui font le bonheur de deux êtres. Les titres sont par eux-mêmes très explicites : « Sous la soie » qui donne son titre à ce recueil, « Nous allonger quelque part », « Lits », « Cahiers de vacances amoureux »,« Vous regarder nu » ou encore « Amants aimants ».
Quelques poèmes marins « Flânerie » et « Hier la mer ». qui ne peuvent que me plaire. Sur le temps qui s’enfuit, « Un temps à part » poème à deux voix, Elle et Lui, et aussi, un peu de nostalgie « Au temps qui reste ».
Des nouvelles aussi dont il est pour moi plus facile de parler.

« Nos matins d'amour », chronique d'un amour enfui au troisième matin.
J’ai été charmé par « Balade sur le Causse » et cela pour plusieurs raisons : l’histoire d'amour, des nuits torrides, des départs et des retours, des abandons et des retrouvailles. Et aussi les nombreuses citations du très beau poème d’Antoine Pol mis en musique par Georges Brassens « Les passantes ».
« Les hommes au temps qui passe » de l'adolescence à la vieillesse, les hommes dans leur complexité. Inexorablement pour tout un chacun, le temps passe. Et nos émotions et nos besoins changent, la vie continue.
« Raconte-moi » est une sorte d'hommage aux femmes d'antan. Rebelles aux formes généreuses, adeptes des plaisirs simples et des ivresses de l'amour.
« L'eau dormante », l'eau source de vie, mer déchaînée ou fleuve tranquille. Mer, aussi symbole de départ lointain pour les marins d'antan.
J’avoue être tombé sous le charme des textes présents dans ce livre.
Premier coup de cœur de l'année, et un énorme coup de cœur.
Extraits :
- Dans un train en partance pour l'oubli d'une absence.
- Cette première étreinte, que l'on croyait éteinte au souvenir des amours fanés...
- Si tu m'avais croisée, si mouillée dans ma robe en lin légère, crois-tu que nous nous serions aimés ?
- J'ai rajouté une couverture sur son sommeil avant de rejoindre la chaleur de nos draps redevenus sages.
- Le temps est redevenu menaçant. Nous savons l'un et l'autre que nous ne pouvons rien contre lui.
- Tout est tendre, j'ai une énorme envie de vous enlacer.
- J'ai le cœur joyeux. L'attente de vous est une marée de vives eaux en mer d'Iroise, suis enivrée en pleine mer, puis égarée dans le reflux.
- Les hommes au temps qui passe arpentent la vie par tous les temps. Gamin, blagueur, il dévale les jours et les années jusqu'à plus soif.
- Nos doutes y font naufrage, tels les bois flottés à l'aubier nu, abrasés et polis par nos tangages incessants.
- J'ai dévêtu mon cœur pour troubler le vôtre de rêves de dentelle. Il paraît qu'on ne connaît dans sa vie qu'un unique amour absolu.
Éditions : L’Harmattant/Poésie (s). (2017).