Jacob M

Une vie exemplaire.
Jacob M. APPEL.

Note : 4, 5 / 5 .
Patiente vengeance.
Auteur américain que je découvre avec  ce titre, son premier traduit en français.
Jeremy Balint, jeune cardiologue promis à un bel avenir a tout pour être heureux : une belle situation, une épouse Amanda qui semble aimante et deux petites filles adorables.

Sauf qu’un incident fortuit lui fait découvrir l’infidélité d’Amanda, il la surprend avec Warren Sugarman, collègue de travail et ami qui est divorcé depuis peu.
Alors Balint n’a plus qu’un objectif, tuer son rival, mais aussi réussir le crime parfait. Il va mûrir patiemment son crime, pendant de longs mois.

Par jeu il prend une maîtresse, la ravissante Dalila, fille d’un de ses patients. Pour coucher avec la fille, il feint d’accepter de soigner le père, malgré les mises en garde des autres membres de l’hôpital.
Son plan est simple, tuer des gens pris au hasard, laisser un signe distinctif, un ruban vert en guise de signature, et plus tard tuer Sugarman, une victime parmi les autres.

Il commence sa série de méfaits par une vieille femme ; manque de chance, son époux est présent, il doit donc s’en débarrasser. Sans aucun état d’âme. Seul le premier (et le second aussi) crime pourrait lui poser un cas de conscience, mais non.
Il ne reste qu’à attendre la suite des événements. Les meurtres passent inaperçus.
Donc il récidive, mais là le jeune qu’il tue est le fils d’une femme politique très influente, et les rubans verts interpellent les enquêteurs. La presse et les médias se déchaînent, et comme d’habitude il hérite d’un surnom « L’étrangleur à l’émeraude », signe d’une gloire naissante.
Mais la vie d’un tueur n’est pas un long fleuve tranquille, la petite fille d’un voisin se noie dans sa piscine, que par négligence il n’avait pas fait réparer. Le père, ancien champion de boxe, vient lui dire deux mots et lui fait goûter ses poings !
Il y a aussi des tentatives avortées, après maintes réflexions il décide que sa prochaine victime sera une veuve, avant le but ultime de tout cela, la mort de son rival Sugarman.
Celui-ci enfin mort et enterré, rien ne se passe comme prévu, et il doit encore accomplir deux meurtres, pour détourner encore une fois les soupçons…
Et ensuite,  enfin le bonheur sera là…
Un livre très fort, qui raconte le destin brisé d’un homme brillant, pas parfait bien sûr, mais suite à un accident stupide devient un monstre machiavélique, serial killer par vengeance !  Même si la plupart de ses victimes ne sont pour rien dans la fin de son couple.

Un dernier rebondissement pour un final inattendu.
Extraits :
- D’un autre côté, il se délectait de martyriser son visiteur.
- En tenue de ville, elle était déjà splendide. En tenue de soirée-jupe à fleurs et chemisier jaune à volants- sa beauté pouvait provoquer une arythmie. Peut-être fatale.
- Observer les gens avait toujours été un des passe-temps préférés de Balint.
- Avant même d’en devenir un lui-même, il s’était toujours étonné du sentiment de culpabilité qu’éprouvaient certains assassins.
- Ça, c’était très fort. Des amis. Dont l’une couchait avec son ex-mari, et l’autre projetait de le tuer.
- Il prit mille précautions. Il visait une veuve, plus de soixante ans, dont l’annonce ne signalait aucun survivant.
- Une seule émotion emplissait Balint : le soulagement. Moins d’une minute plus tard, il roulait tranquillement le long de Hamilton Boulevard, apaisé.
- Un site britannique proposait même des paris en ligne concernant l’âge, la catégorie sociale, le lieu d’habitation ou encore les revenus des futures victimes.
- Un pas de plus vers la victoire, se dit-il. Il y était presque.
Éditions de La Martinière (2017)
Titre original : The Mask of Sanity (2017)
Traduit de l’anglais par Anne Renon.