La-femme-du-concierge 3

La femme du concierge.
Jean-Michel JARVIS .
Note : 3,5 / 5.

Le concierge est au 7ème ciel !
Il est difficile de parler d’un livre lorsqu’il est le second d’une série et que l’on n’a pas lu le premier sobrement intitulé « Le concierge ».

Mais je vais malgré tout tenter de le faire.
Jacques Marrette veut changer de vie. Alors direction une autre loge de concierge, un autre quartier, d’autres voisines (Y a-t-il des hommes dans l’immeuble ?). Mais Natacha Collard, sa compagne de trente neuf ans plus jeune, est aussi du voyage !
Pour le meilleur et pour le pire.
Finie la loge des débauches, enfin peut-être, mais rien n’est moins sûr.
Donc un an après…
Jacques et Natacha vont à la découverte de leurs nouvelles fonctions. Pour Jacques, concierge aguerri, c’est surtout la découverte des propriétaires ou locataires féminines qu’il va côtoyer et tenter de séduire, chose qui n’est pas gagnée, mais qu’il faut malgré tout tenter.
La première de la liste est la jeune Chantal, pas Marie-Chantal, jeune fille un peu cucul qu’il entraîne dans la cave pour lui montrer des photos osées de Natacha… Dans un sursaut de lucidité, elle remet sa culotte en place et se sauve ! Laissant Jacques perplexe !
Puis nos deux tourtereaux rendent visite à Madame Castelli, rombière snobe d’un certain âge un peu enveloppée. Elle décide que Natacha ressemble à une poupée et émet le souhait de lui faire sa toilette… ce qui est accepté, et mis en pratique dans l’instant.
Mais Natacha se lasse, elle décide de retourner chez ses parents au grand dam du pauvre Jacques.
Elle trouve du travail chez Monsieur Caillet, « Au roi de la chaussure » et devient rapidement sa maîtresse. Les mois passent et notre valeureux concierge décide de reconquérir son ancienne dulcinée. Pour cela il demande l’aide de Monsieur Collard ; la stratégie pour l’amant repenti,  aller acheter des nouvelles sandales. Mais rien ne se passera comme prévu…
Jacques Marrette dont la devise doit être « Point de vue sexuel rien ne m’arrête » est pire qu’un anti-héros. L’auteur très complaisant le décrit ainsi, et il est loin de la vérité : moche, gros, sale, vêtu d’un marcel taché, de pantalon crade, de sandales en plastique (coquetterie inattendue qu’il cire toutes les semaines !), bref un physique répugnant. Une intelligence concentrée au niveau du bas-ventre et un sens de la moralité complètement absent. Sa seule passion, les femmes. Un être absolument antipathique… dont nous suivons malgré tout les aventures sexuelles et lubriques.

Sa maîtresse Natacha, entre de bonnes mains, celles de Jacques, va rapidement dépasser le maître dans sa quête de nouvelles sensations. Elle non plus, rien ne l’arrête ! La quête de la chaussure à son pied va s’avérer riche en émotions qu’elle provoque souvent ! Natacha, ouvre-toi !
Monsieur Caillet, l’employeur de Natacha et le père de celle-ci, Maître Collard sont quelques-uns des personnages secondaires de ce voyage baroque où règne un certain humour qui fait passer quelques situations pour le moins scabreuses  où se complait tout ce joli monde.
J’ai un avis mitigé mais une lecture agréable, malgré quelques longueurs dans le récit.

 Ce livre me permet de constater, encore une fois, que pour ce genre de littérature, les femmes sont très souvent plus douées que les hommes !
Extraits :
- C’est à ces moments-là que Natacha ne trouvait jamais un trou de souris assez large pour se glisser lorsque son compagnon prononçait plus de dix mots en présence de tiers. Elle entreprenait alors généralement une séance d’hypnose sur ses chaussures.
- Ses obsessions restaient donc les mêmes du premier janvier au trente et un décembre.
- Faut dire que je ne suis pas ragoûtant pour une jeune. Je suis gras, laid, vieux, sale et tout et tout.
- Plus précisément, il fit la posture de pensée, chose bien différente car chez Jacques Marrette, l’arrivée des réflexions à caractère non sexuel prenait toujours du temps.
-  La vérité était qu’il avait été de toute éternité Marrette le concierge, Marrette le libidineux, Marrette le salingue, un point c’est tout.
- En outre, l’œil averti du voyeur apercevait déjà de nouveaux reflets au centre de la barbe de Satan.
- Elle prenait du plaisir. Ce plaisir, c’était le sien, elle le lui avait volé, alors il la haïssait pour cela.
Éditions : Les Jardins de Priape. (2017).