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Hillbilly  Élégie.
J.D.VANCE.

Note : 5 /5.
L’envers du rêve américain.
Dans une préface pleine d’humour l’auteur nous prévient : Pourquoi écrire un ouvrage autobiographique quand on a trente deux ans et rien fait d’absolument exceptionnel ? Et pourtant cet ouvrage est exceptionnel, autobiographique, mais pas que cela, c’est aussi un document sur des laissez pour compte du rêve américain, des marginaux parmi les marginaux. Nommez-les comme vous voulez, rednecks, Hillbillies, white trash, l’image qu’ils donnent est celle de pauvres blancs dégénérés par les mariages consanguins et les excès de toutes sortes. Ils sont les descendants d’Ecossais et d’Irlandais qui se sont  installés dans les Appalaches et qui ont vécu durant des décennies hors des progrès du monde.
L’auteur J.D.Vance, de son vrai nom John Donald Bowman, est né le 2 août 1984 à Middleton (Ohio) et nous raconte sa vie. Il nous explique la force du clan dans l’éducation des habitants des Appalaches. Il est un des rares membres de sa famille à avoir fait des études.
Une famille pour le moins compliquée, son père biologique est parti, sa mère s’est remariée avec un homme qui est devenu officiellement son père, mais sa mère et ce père légal ont divorcé, puis les hommes se suivent et se ne ressemblent pas forcément dans le lit de sa mère, mais tous finissent par partir !

Entre les frères et sœurs, demi-frères et demi-sœurs pour un jeune garçon, ce n’est pas toujours facile à comprendre.
Alors il vit avec ses grands parents, Mamaw et Papaw, et la vie n’est pas non plus un long fleuve tranquille.
La ville de Middleton est en déclin, l’aciérie qui donne du travail à beaucoup d’hommes réduit ses effectifs, et ces travailleurs n’ont pour la plupart aucun diplôme.
L’auteur dresse aussi un terrible constat de la communauté des Hillbillies dans un réquisitoire féroce ! Lignes par lesquelles il ne s’est pas fait que des amis !
Les personnages principaux de ce récit sont, et c’est évident, le narrateur, qui malgré ce qu’il écrit dans la préface, a beaucoup de choses à nous apprendre. Vient ensuite Mamaw, l’omniprésente grand-mère, à qui l’auteur voue un immense respect et beaucoup d’amour. On ne peut pas en dire autant de ses relations avec sa mère ! Faut reconnaître que celle-ci, entre drogues médicamenteuses et hommes de passage, est loin d’être un modèle. Il y a aussi Lindsay, la grande sœur et ses enfants adorés. Il faut de tout pour faire une famille, cette théorie se vérifie ici !
La lecture de ce livre m’a fait penser à une scène du film « Délivrance » où un jeune garçon un peu étrange joue (très bien) du banjo, les adultes qui l’entourent sont, je pense, très représentatifs des Hillbillies ! Alcools, armes et mépris des lois !

Une découverte et un récit prenant, l’enfance d’un homme qui, malgré les handicaps accumulés durant sa jeunesse, puis un parcours atypique, a étudié et réussi sa vie.
Extraits :

- J’étais un de ces gosses promis à un avenir sombre. J’ai failli abandonner le lycée. J’ai failli succomber à la profonde colère et au ressentiment que tout le monde nourrissait autour de moi.
- Tout en sachant que Mamaw était une maniaque de la gâchette, j’ai du mal à croire à cette histoire. 
- Dans la sanglante épique de Breathitt, un des récits les plus connus concernait un vieil homme accusé d’avoir violé une petite fille. Mamaw m’a raconté que quelques jours avant son procès, on l’a retrouvé flottant sur le ventre dans un lac voisin, avec seize balles dans le dos.
- Ce comportement était dû pour une part aux dispositions de Mamaw, qui n’était pas alcoolique et violente, elle. Ses frustrations, elle les déversait dans l’activité la plus productive qu’on puisse imaginer : fomenter la guerre 
- Quand les drames et les bagarres de son ancienne vie refirent surface dans la nouvelle, Maman demanda le divorce et recommença à zéro comme mère célibataire. Elle avait dix neuf ans, pas de diplôme, pas de mari et une petite fille, Lindsay – ma sœur.
- Pendant des années, observa Mamaw, les enfants avaient pu laisser dans leur cour leurs vélos non cadenassés sans risque. A présent en se réveillant, ses petits-enfants trouvaient leurs gros cadenas brisés à la pince coupante.
- Après les fêtes, vint l’alcool, avec l’alcool l’excès d’alcool, puis un comportement encore plus étrange.
Éditions : Globe Editions.(2017)
Titre original : Hillbilly Elegy : A Memoir of a Family and Culture in Crisis (2016)
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Vincent Raynaud.