Gens-du-Connemara

Gens du Connemara.
Patrick H.PEARSE.

Note : 4 / 5
Bienvenue en terre Gaélique.
Patrick H.Pearse (Pádraig Mac Piarais dans la version gaélique) est surtout connu comme premier et éphémère président de la République provisoire d’Irlande. Membre éminent des Pâques Sanglantes de 1916, il fut fusillé à la prison de sinistre réputation de Kilmainham le 3 mai 1916.
Comme écrivain, il fut auteur de poésie, de théâtre et de discours politiques. Il fut également fondateur en 1908 et directeur d’une école bilingue de St Enda, à Ranelagh, dans la banlieue de Dublin. En 1903, à 23 ans, il devient rédacteur en chef de "L'épée de lumière".
Ce livre regroupe, après une  très intéressante préface de Pierre Joannon, deux  recueils « La mère » et « Iosagan », avec en annexe ce même texte mais en version théâtrale.

Les textes composant « La Mère » sont en plus du titre qui donne son nom à  cette première partie, « Le Dearg-Doal », « Les routes », « Brigid-aux Chansons », « Le voleur » et « La pleureuse ».
Pour Iosagan, cette partie commence par un avant-propos de l’auteur, puis « Iosagan », « Le prêtre », « Barbara » et « Eoineen aux oiseaux ».
« Le Dearg-Doal », en français « Le scarabée » est une femme tout de noir vêtue, solitaire, bannie de sa communauté car elle porte malheur. Un jour elle sauve une petite fille et s’attire la reconnaissance des parents. Mais le malheur revient au galop.
« Les routes », ne sont pas faites pour des petites filles seules. Nora l’apprendra à ses dépens, enfin sans trop de dégâts malgré tout.
Qui est « Iosagan » ? Et pourquoi le vieux Matthias le prend en amitié ? Il aime bien les enfants Matthias et ceux-ci lui rendent bien. Mais Iosagan est un mystère pour le vieil homme, celui qui dénote dans l’Irlande catholique, n’allant jamais à la messe !
« Barbara » est adulée par Bridenn mais les temps changent et elle perd son statut de favorite, c’est la vie. Mais elle regagnera pour la dernière fois la première place, celle de favorite !
Maire est une femme pleine de bonté, elle a le don de calmer les enfants, mais elle n’en a pas. Cela ne durera pas.

Brigid est une chanteuse de grand talent, mais le jour du concours les membres du jury préfère une candidate plus jeune. Mais pour la finale elle décide malgré tout de partir seule pour Dublin !
Anthony est le voleur, mais c’est pour la bonne cause, la santé d’Eibhlin, sa petite sœur malade. Une femme attend depuis des années son fils, sans savoir ou alors elle feint d’ignorer qu’il a été exécuté par les Anglais.
Un prêtre en devenir, un petit garçon imite les gestes d’un homme d’église, il semblerait que sa vocation soit profonde !
Eoineen attend les hirondelles, il leur parle, et aimerait partir avec elles, un jour peut-être… pour le Pays de la Lumière.
Une écriture que j’ai trouvée simple et très naïve, sans que cela me dérange vraiment.

Il a noté que l’auteur emploie beaucoup de mots et d’expressions gaéliques pour les mots usuels surtout pour les formules de tendresse entre les parents et leurs enfants.
« A stoir », Mon trésor,  «  Ma stoirin » Mon petit trésor,  « A chuid » » « A ruin » « A chuisle », Ma chérie.
Extraits :
- Jamais personne n’avait connu Marcuseen atteint de rhumatismes excepté lorsqu’on lui demandait de danser.
- Nora commença à imaginer comment étaient les choses. Elle se figura la fine route montante, blanche sous le clair de lune. Les gens marchaient vers l’école par petits groupes.
- Les hommes d’Irlande ne savaient-ils pas qu’elle était la meilleure chanteuse du Iar-Connacht ?
- Je montais à bord d’un navire et le lendemain matin j’étais à Liverpool, chez les Anglais.
- Nora ne pouvait le comprendre tout à fait mais elle pensait que c’était un mélange de Latin et de Gaëlique, il y avait un mot étrange qui n’était ni du Latin ni du Gaëlique.
- A partir de cette nuit Brideen ne voulut plus pour tout l’or du monde aller dormir sans que Barbara n’aille au lit avec elle. Elle ne voulait plus s’asseoir sans que Barbara ne soit assise à ses côtés. Elle ne voulait plus sortir s’amuser sans que Barbara ne l’accompagne.
- Quand je ferme mes yeux je vois un pays affreux et solitaire. Je le vois là, devant mes yeux, mon Père ! Un pays solitaire, terrible. Il n’y a ni montagne ni colline ni vallée dans ce pays, mais une grande plaine plate et sablonneuse.
Éditions : Terre de Brume. Terre d’ailleurs. Irlande. (2016).
Iosagan agus Sgéalta Eile (Iosagan et autres histoires) (1907).
An Mhàthairagus Sgéalta Eile (La Mère et autres histoires) (1916).
Traduit de l’anglais (Irlande) par Frédéric Collemare.