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À toute berzingue.
Kenneth COOK.
Note : 4 / 5.

Course folle !
Titre inédit de Kenneth Cook, que je découvre avec un grand plaisir. Je suis un fan des romans de cet auteur australien, mais un peu moins de ses nouvelles. Mais des lectures à haute voix de ces dernières me les font redécouvrir ! Et  de voir les auditeurs rire aux larmes sont des moments magiques.

En fin d’ouvrage la traductrice, Mireille Vignol nous explique l’histoire de ce texte. D’abord scénario pour un éventuel film, projet abandonné, Kenneth Cook le réécrit puis passe à autre chose.
Le manuscrit ne sera retrouvé par Kerry Cook sa fille que bien des années plus tard, et enfin publié.
Une femme Katie, un homme Shaw, ils ne se connaissent  pratiquement pas mais sont pris dans une galère à la grandeur du continent australien ! Immense !

Shaw  roule dans sa petite Honda , son voyage contient tous les problèmes qui peuvent se dresser sur une route du bush, 600 kilomètres, grosse chaleur, poussière sable mouvant…etc.
Une femme lui le bord du chemin lui fait signe de s’arrêter, il l’a déjà aperçu, et il la trouve mignonne. Il ne se doute pas que du fait de sa présence à ses côtés son voyage va se transformer en chasse à l’homme et à la femme. Même dans le bush australien, la route de l’enfer est pavée de très mauvaises intentions.
En effet, un monstre a figure humaine mais à l’odeur pestilentielle après avoir tenter sans succès de violer Katie à décider de la tuer ! Et accessoirement le pauvre Shaw et en prime tous êtres humains qui se dressent sur sa route !
Commence alors une course poursuite, qui, comme c’est la coutume est semée ou parsemée d’embuches !
Accrochez vos ceintures, la fuite en avant va commencer !
Peu de personnages dans ce texte trépidant, Shaw et Katie, ils viennent de la ville, lebush est une découverte pour eux. Ils n’en perçoivent pas les dangers naturels. Un policier à bien prévenu Shaw :

-« Ne jamais quitter sa voiture, tôt ou tard, dans quelques jours une autre voiture passera et vous dépannera ! ».
Mais si en plus dans ces contrés désertiques la seule rencontre que vous faites est un  humain, plus proche en réalité d’un monstre,qui a décider de vous tuer, votre vie ne tient qu’a un fil, et ténu le fil !

Quelques personnages de second plan qui passent et meurent très rapidement.
Il ne faut pas être au mauvais endroit au mauvais moment ! Surtout quant un tueur passe dans votre quartier !
Une présence de premier plan, l’outback australien une des régions du monde la plus hostile et  l’une des plus dangereuses !
Roman étrange, qui n’est pas sans rappeler dans sa trame le film de Spilberg « Duel » où un modeste représentant de commerce est poursuivit par un monstrueux camion, pourquoi et qui est au volant nous ne le saurons jamais. Ici c’est pareil, qui sont réellement Katie et Shaw, et qui est la créature qui les persécute ? Kenneth Cook ne s’appesantie sur le sujet.
Le scénario est aussi très mince et quasi sans surprise, un livre d’action pur et dur ! Mais une lecture aussi à toute berzingue qui vous colle sur votre siège. Vous cherchez votre ceinture de sécurité  avant de vous rendre compte que vous êtes dans votre salon !
Une préface de Douglas Kennedy qui rend hommage à Kenneth Cook, une biographie de l’auteur et un mot de la traductrice complète cet ouvrage !
Extraits :
- Il avait noté avec amusement que, comme tous les hommes, il ne pouvait s’empêcher d’évaluer le physique des femmes qu’il croisait.
- Mon garçon, avait-il répété, si vous essayez de parcourir la piste dans cette boîte de conserve, on ramènera votre corps dans une housse mortuaire.
- Deux jambes la chevauchaient ; il commençait à baisser son pantalon. La chair était pâle, les organes génitaux une protubérance blême et bulbeuse dans une touffe de poils noirs. La puanteur, la puanteur.
- L’Aborigène ne comprit pas immédiatement que le conducteur du Land Cruiser voulait le tuer.
- Katie, jeune femme civilisée, en danger de mort pour la première fois de sa vie, essaya de calculer les probabilités
- Elle était crasseuse, ses cheveux emmêlés et ébouriffés, le devant de son corsage était arraché de sorte qu’elle avait pratiquement les seins nus. Elle lui sembla soudain la femme la plus délicieusement désirable qu’il ait jamais vu. Comme si elle avait perçu l’émotion qui l’envahissait, elle tira sur son chemisier pour le resserrer sur sa poitrin- Rien n’y vivait. Rien ne pouvait survivre
- Traditionnellement, l’homme sauvage n’a jamais eu qu’une seule proie : l’homme
Éditions : Autrement (2016)
Titre original : Fear is the Reader ( 2016)
Traduit de l’anglais (Australie) par Mireille Vignol.
Autres titres de cet auteur sur ce blog:
5 matins de trop.
À coups redoublés
Par dessus bord
Le koala tueur & autres nouvelles du bush.
La vengeance du wombat & autres nouvelles du bush.
L'ivresse du kangourou.
Téléviré.