Les hommes

Les Hommes salmonelle sur la planète porno.
Yasutaka TSUTSUI.

Note : 4 / 5.
Fornicoti, fornicotons !
Je connais assez peu la littérature japonaise, mais le titre de ce roman m’interpelle !

Et je dois reconnaître que je ne suis pas déçu de cette lecture.
Nous sommes  avec une mission d’exploration sur la planète Makamura… Dites « La Planète Porno » car il semble (non c’est avéré) que toute chose dotée d’un embryon de vie copule allégrement !

Ceux qui ne copulent pas, s’accouplent, forniquent, font l’amour, ou baisent à qui mieux-mieux !
Bref une planète à étudier de près, de très près même ! Qu’a donc étudié de près, de très près donc, de trop près, l’unique femme de l’expédition, la Dr Shimazaki, pour être non pas tombée bien bas, mais enceinte ?
Pas mal de membres masculins de l’aventure aimeraient être l’heureux géniteur ! Mais que nenni ! C’est aucun d’entre eux ! Alors qui ? Ou alors quoi ? Car ici en matière de procréation, il faut s’attendre à tout ! Même au pire et même au pire du pire !
Il semblerait que la coupable soit une spore particulièrement active sexuellement et prête à toutes les expériences possibles et pourquoi pas avec une humaine, même si celle-ci est un peu grassouillette ! La plante en question est une engrosse-veuve ! L’erreur est manifeste, la Dr Shimazakie n’est pas veuve, mais célibataire, une plante n’est pas forcément au courant des subtilités du vocabulaire matrimonial des humains qui débarquent sans crier garde ! 
Pour trouver la solution, une équipe doit partir à la rencontre d’une tribu d’humanoïdes vivant en Nunudie d’où provient cette plante. Et cette tribu, dont on dit que ses membres sont des descendants des hippies venant de la Terre ont pour seul précepte « L’AMOUR LIBRE » et ils ont contaminé l’ensemble de la planète !
Le mot « HAINE » est banni de toute vie !
Le voyage est semé d’embûches pour les humains envoyés en mission,  Sona le narrateur, les Dr Mogamigawa et Yohachi.
Il faut en effet traverser le Marais Poissard, contourner le cap de la Branlette puis faire une bonne vingtaine de kilomètres à pied, avec tous les dangers que cela comporte !
En effet la faune et la flore sont pour le moins impressionnants et parfois peu ragoutants. Imaginez des croco-pile-à-l’heure, des tatami-popotames, méduses-culs en-l’air, des tarentines-nourrices ou des souvenirs-oubliés !
Heureusement que les Nunidiennes sont de toute beauté et que pour elles l’acte sexuel est un hommage à la vie !
Une sorte d’Iliade et d’Odyssée futuriste sur une planète dont l’évolution n’est en définitif pas pire que sur une autre, faites l’amour pas la guerre ! C’est plus agréable que le contraire !

Un très bon moment de lecture, une découverte !
Un ouvrage qui en plus pose plusieurs questions sur notre monde.

Extraits :
- On entendit le mont Geint-Le-Soir pousser un gémissement de femme en extase que nous apportât le vent.
- Ah, les algues farfouilleuses ! Qu’est-ce qu’elles sont vicieuses ! L’autre jour, mon épouse est allée se rafraîchir dans l’étang juste à côté. Au bout d’un moment ses yeux se sont troublés, et elle sortit de l’eau en titubant. Il y avait des farfouilleuses ! Ah qu’elles sont vicieuses !
- Lui qui était venu avec sa jolie femme par crainte qu’elle lui soit infidèle, je le jugeais mal placé pour se plaindre.
- Je tiens à te rappeler que nous sommes des scientifiques. Veilles au moins à toujours garder la raison.
- Ces vaches-accordéon ressemblaient peu à nos vaches ; beaucoup plus petites, elles évoquaient davantage des sangliers, mais devaient apparemment leur nom au fait qu’il s’agissait de ruminants.
- Vous savez, quand la Terre a connu sa Deuxième Révolution verte, ils ont balancé dans un vaisseau spatial quelques dizaines d’insupportables hippies pour les expulser de la galaxie, n’est-ce-pas ? Les Nunudiens pourraient être leurs descendants…
- Vous allez rire, mais si ça se trouve c’est parce que son cri de femme séductrice est extrêmement érotique que cette cigale s’est acclimatée à l’érotisme qui caractérise cette planète. Sa voix attise les pensées vicieuses.
Éditions : Collection « Iwazaru ». Éditions Wombat (2017)
Titre original : Potuno wakusei no sarumonera ningen (1977)
Traduit du japonais par Miyako Slocombe.