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Six jours.
Ryan GATTIS.
Note : 4,5 / 5.
À feu et à sang !
Roman ou récit ? Documentaire ou œuvre de fiction ? Ce livre mélange allégrement les genres et nous livre la version de l'auteur de ces 6 jours et nous en livre un bilan officiel et commence par quelques pages intitulées :
- Les faits dont voici quelques chiffres et un résumé.
15H15 le 29 avril 1992 le jury acquitte les policiers qui ont passé à tabac Rodney King.17H00 environ les émeutes commencent !
Elles prendront fin le lundi 4 mai.
Bilan chiffré : 10904 arrestations, 2383 blessés, 11113 incendies, 60 morts imputés aux émeutes, mais beaucoup plus en réalité, ces chiffres ne tiennent pas compte des décès hors zone imputables aux diverses guerres des gangs dans une ville sans foi ni loi ! Le chiffre d'un milliard de dollars de dégâts est généralement avancé !
Un livre relatant ces événements ne peut qu'être d'une extrême violence et il l'est.
Le premier jour, la première victime est Ernesto Vera. Il ne fait partie d'aucun gang, donc il semble une victime prise au hasard. Son meurtre est particulièrement atroce. 
En fait il est victime d'une vengeance, son frère Ray aurait tué un membre d'un autre gang. Lupe Vera fille de la famille sera le bras armé d'une autre tuerie.
Ces crimes ne sont pas spécialement liés aux émeutes, mais sont rendus possible par le fait que les forces de l'ordre sont mobilisées ailleurs ! 
Un meurtre appelle un autre crime, la spirale infernale est en route dans une ville apocalyptique, où toute autorité a disparu. 
Des problèmes de communautarisme apparaissent, les Coréens doivent se défendre parfois par les armes suite aux pillages de leurs commerces. Les bandes hispaniques ou afro-américaines s'affrontent pour la main mise du trafic de la drogue.
La ville est devenue une véritable poudrière vue par le monde entier, les télévisions relayant les images du chaos qui règne.
Beaucoup de personnages narrateurs durant ces six jours. En effet pour chaque journée passée, plusieurs voix se manifestent.
Des membres de gangs ou des braves gens, infirmières ou pompiers se côtoient et se retrouvent au fil des pages ou des chapitres. Certains ne verront pas la fin du livre. 
Chaque membre des gangs a plusieurs identités par exemple : Lupe Vera, aka* Lupe Rodriguez, aka Payasa ! 
Une très belle écriture, un livre qui a sûrement dû demander des études très poussées de la part de l'auteur.
Les émeutes ne sont que le fond sonore, lointain qui permet aux gangs de régler leurs différends en l'absence de la police et des pompiers ayant déserté certains quartiers et n'étant vraiment pas les bienvenus.
Une découverte !
En fin d'ouvrage un glossaire indispensable nous permet de comprendre bon nombre de mots ou expressions hispaniques.
Quelques phrases pour expliquer le contexte de Los Angeles à cette époque :
- Tu regroupes un tas de gens venus de partout, tu les maintiens chacun à leur coin de rue, tu fais en sorte qu'ils ne se mélangent pas, qu'ils ne pigent rien à rien. Et ils sont tous à se tirer la bourre, vu que merde, tout le monde à L.A. est tout le temps en train de magouiller pour tout.
Extraits :
- Tu vois, c'est là que je pige qu'il y a un truc qui déconne vraiment. Un truc irréparable, si ça se trouve.
- Ça peut pas pas être du cent pour cent à tous les coups. Pas de regret dans cette folle vie. N'empêche, je savais qu'il risquait de vouloir se venger.
- Elle est blanche, la quarantaine, bronzée, look hippie, une fleur rouge dans les cheveux, mais elle a des formes. Des bonnes cuisses. Un bon cul. Des nichons qui vont avec. Robustes.
- A cet instant, je me rends compte que j'ai sous les yeux une zone de guerre. En plein South Central.
- Tu vois, dès qu'il s'agissait des Mexicains dans cette ville, on n'ignore rien des zazous qui se faisaient dérouiller par les mecs de la marine et tout.
- Une trentaine de personnes nous regarde comme si on était leur quatre heures sur roue.
- Plus de trois mille armes (pratiquement toutes semi automatiques, mais aussi quelques-unes entièrement automatiques) furent dérobées les deux premiers jours. Bien que confirmé, ce chiffre n'a pas été rendu public, et ceci non plus : la presque totalité n'a pas été tracée. Par conséquent, il est impératif de savoir que les gangs blacks et latinos de ce secteur sont fortement armés.
- On débarque, on inflige à ces types une bonne correction, qu'ils sachent qui sont les plus forts et les plus méchants, et ensuite on décampe. C'est un truc digne des hommes des cavernes, mais il se trouve aussi que c'est le seul langage que comprenne les gangs.
Éditions : Fayard et Le livre de poche ( 2015)
Titre original : All Involved (2015)
Traduit de l'anglais (États-Unis)  par Nicolas Richard.
* aka : Also known as, alias.