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Journaux de bord. (1947/1954)

Jack KEROUAC.
Note : 5 / 5.
Montons à bord !

Bon an, mal an les éditeurs français semblent redécouvrir les (nombreux semble t-il) inédits de Jack Kerouac  qui était un forcené de l’écriture, par exemple, un parmi tant d’autres :
- Dimanche 29 janvier, écrit 1000 mots « sanguinolents » et cela fait 23000 pour le mois. Tapé aussi des pages du manuscrit aujourd’hui. Fatigué et absorbé. Lu les journaux.
Il était aussi du moins à cette époque un maniaque de l’archivage et de la tenue de différents carnets qui le suivaient partout.
Dans l’introduction de qualité de Douglas Brinkley,  je retiens ces phrases :
- La fécondité de Kerouac, comme ses journaux le mettent en évidence, était le résultat d’esquisses constant et d’une discipline créative, ainsi que d’une croyance à l’idée d’une prose spontanée.
Ouvrage de 570 pages, divisé en 2 sections principales, la première :

The Town and the City comprend :
Cahiers de travail de « The Town and the City » suivi de « Enfin voici la forêt d’Ardenne » et de « Psaumes ».
La seconde :
Sur la route comprend :
« Journaux 1949 » et « Pluies et fleuves ».
Cahiers de travail de « The Town and the City » est une sorte d’agenda où Kerouac note la progression de son travail d’écriture.
Il commence le 16 juin 1947 pour le clore le 9 septembre 1948 sur cette phrase :
-Mais le travail est terminé.
Cet été là, Jack Kerouac a malgré tout voyagé et en a rapporté de nombreuses notes, comme ce texte : « Sur les enseignements de Jésus », « Dans le sud » ou « Sur la vie profonde ».

Puis commence « Journal des cahiers d’écriture de l’hiver 1947/1948. ». Mélange de chiffres et d’anecdotes de la vie d’un écrivain en devenir.
Si dans « Underwood Memories », il était question de forêts de sapins, ici le titre d’un texte est « Enfin, dans la forêt d’Ardenne ».
La seconde partie de cet ouvrage, en particulier « Pluies et Fleuves », est une sorte de brouillons et de notes prises sur le vif qui serviront  pour la rédaction de « Sur la route ». On se rend compte en lisant ces lignes que Jack Kerouac était un immense écrivain, car ses notes témoignent d’un grand sens de l’observation. On constate aussi qu’il était très prolifique et doté d’une mémoire assez phénoménale.
Comme dans tous les livres de Kerouac, les personnages sont très nombreux, car c’est durant ces années que Jack va rencontrer la plupart  des amis avec qui ils vont construire une partie de la légende du mouvement dit « Beat-Generation » dont Keroauc se détournera d’ailleurs assez rapidement. Mais paradoxalement ils resteront, pour certains, en contact jusqu’au décès de Kerouac.
En fin d’ouvrage se trouve d’ailleurs, dans les annexes, une rubrique « Principales personnes évoquées dans les pages des « Journaux de bord » de Jack Kerouac.
La période de ces « Journaux de bord. 1947/1954 », est, du point de vue littéraire, cruciale pour Kerouac. « The Town and the City », revu avec Robert Giroux, est enfin édité. Mais il travaille déjà depuis longtemps sur 2 projets bien distincts, la rédaction de son ouvrage phare qui va le rendre célèbre « Sur la route » et en même temps il écrit un court roman se déroulant à Lowell « Docteur Sax ».
Encore un ouvrage difficile à résumer, mais qui éclaire d’un jour nouveau les débuts d’écrivain de Jack Kerouac. Un homme qui recherchait la reconnaissance comme écrivain, qui récoltât une gloire qui le détruisit !

Extraits :
- Achever quoique ce soit est une horreur, une insulte à la vie, mais le travail de la vie a  besoin d’être accompli, et l’art est travail – quel travail !!
- James Joyce l’a bien dit : « l’histoire est un cauchemar dont je ne me suis pas  encore éveillé. » Mais il est réveillé à présent, aussi sûrement que le soleil brille.
- Aujourd’hui j’ai pris aussi la décision de ne plus me saouler, du moins plus comme je le fais d’habitude. C’est drôle que je n’aie jamais pensé à ça auparavant.
- C’est un souci d’argent d’un genre meilleur que celui d’avant la vente de T & C, car je n’avais rien alors, absolument rien.
- Je vais aller voir le gang quand même – le noble et courageux Neal, Allen le dingue, Lucien hanté, Seymour délicieux, la chérie Lee du crépuscule (elle de la nuit bebop). Et où est le Clem des feux ? Le vieux Bull ?
- Comme j’adore W. C. Fields ! – quel vieux de la vieille il est. Personne comme lui. Je vais écrire quelque chose sur lui bientôt, mes idées personnelles.
Éditions : L’infini / Gallimard (2015).
Titre original : Windblown World, The Journals of Jack Kerouac, 1947/1954. (2004)
Traduit de l’anglais (tats-Unis) par Pierre Guglielmina.