Trafics mortels

Mortels trafics *
Pierre POUCHAIRET 
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Note : 4, 5 /5.
Incidents de parcours.
Ecrivain déjà confirmé, auteur de plusieurs romans que je découvre avec cet ouvrage.
Nous sommes au Maroc, un homme est torturé, puis tué… il ne semble pas savoir pourquoi !
Dans un hôpital parisien, deux enfants sont assassinés. Là aussi la première question que se pose les enquêteurs est pourquoi ? La vidéo surveillance semble indiquer que les dernières personnes présentes dans la chambre sont la mère d’une des deux victimes et un homme inconnu. Pourquoi cette mère marocaine aurait tué son fils et son compagnon d’infortune, l’autre malade ?

En Espagne, une bande de trafiquants hétéroclite sous la direction de membres d’un puissant cartel mexicain prépare une importante livraison en France, une partie dans le midi, le reste dans la banlieue parisienne.
Pour les policiers parisiens, une piste s’effondre. La mère de famille était déjà morte au moment du l’assassinat de son fils ! Reste à résoudre le mystère de la femme figurant sur la vidéo et de l’homme qui l’accompagne.
La route des trafiquants n’est pas un long chemin tranquille, un banal accident de la circulation va les obliger à revoir tous leurs plans.
Ce qu’ils ignorent, c’est que la police, grâce à un informateur, est parfaitement au courant de cette livraison et guette leurs moindres mouvements. Le piège se referme… petit à petit, mais rien ne sera simple, ni pour les uns ni pour les autres
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Parmi tous les protagonistes de ce roman, on trouve deux sortes d’individus, les bons et les méchants, la police et les trafiquants avec un policier infiltré qui n’a pas, bien évidement, une place de tout repos, risquant sa vie et dans des circonstances peu agréables.
Parmi les forces de l’ordre, beaucoup de personnel féminin et pas dans des rôles subalternes !
Un personnage hors-normes est un des plus attachants du livre. Le dénommé Danzin, vieillard, un des derniers survivants des banlieues, qui voit tout, semble tout entendre et note tout ! Un précieux auxiliaire bénévole pour les enquêteurs
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Un très bon roman mené à un train d’enfer, plein de rebondissements sans aucun temps mort. Une écriture efficace sans fioriture, chose que j’aime particulièrement dans ce genre d’ouvrage.
Mais aussi on devine chez certains policiers de la vieille école, une certaine nostalgie, pour ne pas dire beaucoup de regrets, d’une époque hélas révolue.
On sent tout de suite que l’auteur connait son sujet sur le bout des doigts, ce qui donne un roman plus que plausible, quasiment pris sur le vif.
En fin d’ouvrage un très précieux glossaire qui permet au lecteur de se retrouver dans les nombreuses abréviations rencontrées au fil des pages.
Extraits :
- L’affaire était si sale que les magistrats et l’état major de la préfecture de police n’avaient pas hésité : Brigade criminelle saisie.
- La Crim’, c’était le « 36 » ! En déménageant, il avait le sentiment qu’ils perdraient leur âme.
- Plus de trente ans que son mari ramenait des morts à la maison, elle en avait connu des histoires glauques. Comme la plupart des femmes de flics, elle vivait toutes les enquêtes par procuration.
- La population avait changé, les habitations aussi, des barres d’immeubles au milieu de carcasses de voitures. 
- Un supermarché, krack, coke, héroïne, schit, kalachnikovs… vous trouverez tout ce que vous voulez comme fournitures de première nécessité.
- On va se faire toute la cité avec une palanquée de services : CRS, BRI, RAID, DCPJ, SDPJ93, les Stups, d’ici au grand complet et nous.
Éditions : Fayard (2016).
*Prix du Quai des Orfèvres 2017.