Les lettres de mon moulin

Les lettres de mon moulin.
Alphonse DAUDET.
Note : 4 /5 ; 
Au fil des ailes !
Les choses de la vie font que je réside pour quelques mois en Provence !
À Fontvieille plus précisément ! Charmant village qui inspira à Alphonse Daudet ses célèbres « Lettres de mon Moulin ». Ouvrage que je me devais donc de relire !
Cette version (une des très nombreuses disponible dans le commerce) comprend 24 textes composés à partir de l'année 1866.
En préambule Daudet nous raconte l'achat de ce moulin, puis son « Installation » dans ce lieu abandonné depuis plus de vingt ans et hors d'état de moudre quoi que ce soit ! Les lapins et un vieil hibou s'étaient appropriés la masure.
Du midi nous prenons « La diligence de Beaucaire ». Parmi les passagers, le rémouleur dont l'épouse belle et jeune est pour le moins volage. Parmi les autres voyageurs deux boulangers antipathiques se moquent du brave homme...
Mistral est à l'honneur dans « Le poète Mistral », compte rendu d'une journée de fête à Maillane... Provence éternelle !
Les Noëls et ses messes de minuit, au nombre de trois, dont la dernière un peu bâclée, il faut le reconnaître.
Les nouvelles : «  Le phare des Sanguinaires », « L'agonie de la Sémillante »et « Les douaniers » se passant en Corse sont maritimes et également les plus tragiques.
Dans « Ballades en prose » , le premier texte « La mort du Dauphin » est triste, le Dauphin, l'enfant de sang royal, se meure. Il ne comprend pas que son pouvoir ne repousse ni la maladie ni la mort.
Dans « Le Sous-préfet aux champs », celui-ci délaisse ses fonctions pour un après-midi de vraie vie... et de farniente !
Daudet brocarde avec humour les ecclésiastiques, du bon pape et sa mule. « Le curé de Cucugnan », Dom Balaguère, qui a, un soir de Noël, oublié que la gourmandise est un péché, ou encore le révérend Père Gaucher fabriquant un élixir, qu'il goûte allégrement !
Ceci n'est qu'un court résumé d'une lecture agréable qui gagne en compréhension lors que l'on commence à connaître les lieux où se déroulent ces histoires.
Certains des personnages de ces textes sont mondialement connus, « l'Arlésienne » ou « La chèvre de Monsieur Seguin »!
On voyage, la Provence bien entendu, Maillane, Fontvieille, Beaucaire, Graveson entre autres. Le bassin méditerranéen, l'Algérie et la Corse.
Ce livre très complet comprend également une chronologie de la vie et de l'œuvre de l'auteur, une préface signée Colette Becker, une bibliographie et un très intéressant final intitulé « Archives de l'œuvre ».
Une écriture agréable qui n'a pas pris une ride !
Extraits :
- À l’horizon, les Alpilles découpent leurs crêtes fines… Pas de bruit…
- Mais le plus touchant encore, ce sont les chiens, ces braves chiens de berger, tout affairés après leurs bêtes et ne voyant qu’elles dans le mas.
- La haine, c’est la colère des faibles !.. Si j’étais la rémouleuse, je me méfierais…
- Malheureusement, des Français de Paris eurent l’idée d’établir une minoterie à vapeur, sur la route de Tarascon.
- Depuis ce dimanche mémorable, le parfum des vertus de Cucugnan se respire à dix lieues à l’entour .
- Mais alors, crie-t-il, d’être Dauphin, ce n’est rien du tout !
- Ah ! ces anciennes maîtresses, une fois mariées, il n’y a pas plus bégueules qu’elles. Depuis que j’en ai fait Mme Bixiou, celle-là s’est crue obligée de devenir bigote, mais à un point !
- Ce palais restauré, c’est la langue provençale. Ce fils de paysan, c’est Mistral.
- C’était toujours l’effet que produisait, quand elle arrivait quelque part, cette bonne face grisonnante avec sa barbe de chèvre et ses yeux un peu fous ; aussi le frère Gaucher ne s’en émut pas.
Éditions : G.F. Flamarion (1968, remise à jour 2018)