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Recel de bâtons.
Vincent RAVALEC.

Note : 3,5 / 5.
Dieu existe-il ? 
Recueil de sept nouvelles de cet auteur que je découvre avec beaucoup de retard, ce livre datant de 1995 !
 
Les nouvelles ont pour titres : « Une bonne dose de faits divers » ; « Voyage à New York » ; « Un après-midi à Aquaboulevard » ; « L'existence de Dieu » ;
« Le monde est fou » ; « Du pain pour les pauvres » ; « Tapin pour dames ».
Dans « Une bonne dose de faits divers », un homme perd tout, et il n’avait déjà pas grand-chose à lui. Son appartement brûle, sa femme meurt dans l’incendie, heureusement qu’il a un bon, un très bon copain, un ami en réalité ! Celui-ci va devoir le supporter pendant quelque temps et cela n’est pas des plus simples ! Un long texte pour commencer ce livre. Une triste, mais belle histoire d’amitié masculine.
Quand un loser intégral gagne un séjour à New-York, devinez : cela tourne en catastrophe, rien ne fonctionne comme prévu ! Séjour de rêve envolé !
Paris, un jour de forte chaleur, la piscine est un des lieux les plus appréciés. Les gens s'y côtoient sans trop de problèmes, sauf qu’une bande de jeunes filles sont importunées ; un vieux poète familier de l’endroit prendra leur défense. Un grand merci, Monsieur !
« L'existence de Dieu » se passe dans un club échangiste, cela copule, lèche et suce dans tous les coins… et Dieu s’il existe, est-il là ? Je ne pense pas que les familiers de l’endroit se posent la question !
« Le monde du cinéma est un monde de fous ». Dans la nouvelle qui porte ce titre l’auteur nous le prouve. Le pire est de se dire qu’il faut parfois plus de gens qui travaillent sur le projet pour faire un mauvais film qu’un bon !
« Tapin pour dames ». Ahmet, Daniel et Moshe sont toujours à la recherche de la combine de génie qui va leur rapporter de l’argent sans se fatiguer… même un peu !
Alors après bien des échecs, l’idée du siècle ! Créer « Macadam Cow-Boys » et offrir leurs charmes contre rétributions ! Messieurs, au boulot, les clientes arrivent. D’accord, parfois il faut se forcer !
Des hommes ayant de légères obsessions, la civilisation Inca et Moctezuma et autres pour l’un, les supers héros américains pour l’autre.
Une sacrée galerie de paumés défile au fil des pages et des récits !
Trois Pieds Nickelés à la recherche d’argent pas trop durement gagné !
Argent gagné, à la loterie. Alors ce policier, la veille de sa retraite, sillonne les rues de Paris, distribuant de l’argent aux pauvres de tous poils et de tous acabits ! Bravo !
J’aime bien l’écriture un peu « Speed » et agréable. Ces contes urbains nous décrivent un monde moderne pas très reluisant où la morale n’est plus une vertu première, ni le courage. Je pense par exemple à « Un après-midi à Aquaboulevard » !
Extraits:
- New York mon pote. Big Apple. C'est ce qu'il avait lu dans un roman. La Grosse Pomme. Les meurtres, la drogue et la délinquance en pagaille. Des plus riches aux plus misérables.
- ... ce qui ma foi était un peu vrai, d'un côté l'étoile de David autour du cou et de l'autre la main de Fatima, tout le monde partant pour s'amuser et se détendre, youpi les amis, c'est la plage de Paris, croyez-moi on va en profiter.
- Une fois que l'on avait vu ça on avait moins de doute sur l'existence de Dieu, on savait que tout pouvait être possible.
- Et dans la bouche d'un créatif, Old avait le goût terrible du curare mortel. Old était la cire sans appel dont se cachait l'avis de décès.
- Le deuxième facteur de bordel qui m'avait également complètement échappé c'était le Beaujolais nouveau.
- Au début il avait cru à sa mission. La police c'est primordial. C'est nous les garants de la démocratie.
- On a tous des hallucinations, en ce moment c'est la croissance et la prospérité.
- Trônant au milieu de la pièce, sur l'unique fauteuil de l'agence, une énorme femme était vautrée, projetant des volutes de fumée au-dessus d'elle comme un gros tas de gélatine incandescent.
Éditions : La Dilettante (1995)