cent mètres de silence
Cent mètres de silence.

Jim THOMPSON.

Note : 4 / 5.
Arrête ton cinéma !
Avec ce titre je continue ma découverte des titres de Jim Thompson que je n'avais pas encore lus. En plus avec ce roman, je vais inaugurer une nouvelle manière de lire cet auteur avec une double lecture. Les premiers ouvrages de Thompson sont parus en France dans des traductions tronquées. Les Editions "Rivages" ont décidé de refaire traduire les versions intégrales. 
Donc pour ce même roman, il y aura deux chroniques, une de l'ancienne traduction, ici, puis une de la nouvelle sous le titre "Un meurtre et rien d'autre". 
Joe Wilmot est exploitant dans le cinéma, ses relations avec Elisabeth, son épouse, ne sont rien moins qu’exécrables, surtout maintenant que Carol est entrée dans sa vie ! Et non pas par effraction, car c'est la femme elle-même qui lui a ouvert la porte ! A première vue la jeune fille ne paie pas de mine et pourtant ce qui devait arriver se produisit. Sous les yeux de l'épouse arrivée à l'improviste!
Mais on s'achemine doucement vers un ménage à trois car les époux ont un mystérieux projet en commun ! Projet qui bien sûr leur rapportera une coquette somme d'argent.
L'auteur nous raconte la rencontre entre Elisabeth et Joe et le couple pour le moins étrange qu'il forme pour le meilleur et pour le pire ! 
La combine semble juteuse et porte sur vingt-cinq mille dollars. Tous les protagonistes de l'affaire sont impliqués. Mais qui bernera l'autre ou alors les autres ? Car il est évident que chacun a une bonne raison de vouloir tout garder !
Mais qui sera le, la ou les plus malins ?
Ou alors un infime grain de sable va-t-il faire arrêter le film ?
Il semblerait que la perdante soit Elisabeth Wilmot qui est morte brûlée dans l’incendie de sa maison, feu qui a pris dans l'atelier de montage des films...
La bourgade est en grand deuil ! 
Joe Wilmot est un homme retords, dur en amour et en affaires. Il connaît le monde de la distribution de films et est peu regardant sur les moyens pour arriver à ses fins. Le chantage ne l'effraie pas bien au contraire... Il en use et en abuse soit ! Mais est-il capable d'aller jusqu'au
crime ?
Carol Farmer, femme étrange, plutôt, soyons galants, peu aidée par la nature. C'est aux dires de Joe qui est pourtant son amant et complice, une garce !
Mais est-elle capable d'aller jusqu'au crime ?
Elisabeth Wilmot, épouse de Joe, lui doit professionnellement parlant beaucoup. Pour le reste c'est plus souvent amour et haine mélangés, un gros paquet d'argent ne peut pas lui faire de mal. 
Mais est-elle capable d'aller jusqu'au crime ? Le problème c'est que dans la vie à malin, malin et demi !
Une plongée plutôt glauque dans le monde du cinéma, mais pas celui du strass et des paillettes. Celui des exploitants et distributeurs, du bout de la chaîne de la machine à rêves, les besogneux d'Hollywood. Ceux qui faisaient à l'époque remonter la machine à fric dans toutes les petites villes des États-Unis et du monde !
Je pense qu'avec ce roman le lecteur commence à plonger dans l'univers de la littérature noire estampillée Jim Thompson. L'écriture classique est mise au rencard ! Définitivement ?
La suite nous le dira !
Extraits :
- Elles se doutent drôlement bien qu'elles sont flouées, mais, à moins qu'on ne dépasse vraiment les limites, elles laissent courir.
Je ne dépassais jamais les limites.
- ... je n'ai plus qu'un petit détail à ajouter à notre propos : notre mariage, il est sans doute inutile.
- Alors, pour en revenir au présent...
- Et pourtant, je ne pouvais m'empêcher de penser : 
est-ce que ce ne serait pas la fin de tout ? Est-ce que ce ne serait pas croquignolet d'aller s'embrigader dans un crime pour découvrir ensuite qu'il était inutile ?
- Mais aujourd'hui, c'était différent. Il me fallait une excellente raison pour partir, et une seule me vint à l'esprit.
- Logiquement, rien n'a causé l'incendie. Et pourtant il y a eu un incendie. Vous voyez la raison de ma perplexité, Joe ?
- Je crois déjà avoir dit que personne ne voyait en Carol ce que j'y voyais, moi. Cela me convenait à merveille.
- Quand une femme ne possède plus autre chose qu'un nom, on ne peut pas lui en vouloir d'y tenir...
Éditions : Gallimard (1950 pour la traduction française) 
Titre original : Nothing More Than Murder (1949)
Traduit de l'américan par Suzanne Flour.