Brest
Brest des écrivains

Collectif
Note : 3,5 /5.
À la fin de la terre…
Il y a dans ce livre et c’est normal beaucoup d’écrivains. Ce qui l’est moins c’est que les écrivains ici parlent d’autres auteurs, anciens ou contemporains, vivants ou décédés ! La liste est longue, très longue, alors je vais tenter de résumer sans vexer personne.
Après une préface d’Alain-Gabriel Monot, trois parties pour nous parler de Brest :
Voix de Brest, Chants de Brest et Brest : Souvenirs, impressions, témoignages. Viennent ensuite une table des auteurs et un index des écrivains.
Dans la première partie, un auteur contemporain parle d’un de ses collègues, décédé, ou encore en exercice. Kenneth White nous parle de Victor Segalen, Nicole Laurent-Catrice de Mac Orlan, Éric Auphan d’Henri Queffélec, Arnaud Le Gouëfflec de Jean Genet sous le très beau titre de « Querelle de Brest ».
Quelques plumes amies : Louis Bertholom nous raconte la triste virée de Jack Kerouac à Brest dans « Sur la déroute avec Jack Kerouac ». Faute de retrouver ses ancêtres, l’auteur américain a croisé Pierre Le Bris, libraire brestois et son épouse Blanche qu’a aussi rencontrés Louis Bertholom. Une nuit de dérive, une piste nocturne pleine de rencontres alcoolisées. Kerouac donne une version un peu romancée de ce voyage dans « Satori à Paris ».
Marie-Josée Christien nous parle de Claire Fourier dans un très beau texte : Brest en figure de proue d’un monde intérieur. Pour nous rappeler que Claire Fourier a écrit récemment le superbe « Les silences de la guerre » maintes fois primé.
Quelques lignes sur Hervé Bellec dont le recueil de nouvelles « Un bon dieu pour les ivrognes » se déroule, si ma mémoire est bonne, à Brest. Marie le Gall est aussi à l’honneur « Marie Le Gall, le Brest des failles et des chagrins ».
Gérard Alle s’énerve après Arnaud Le Gouëfflec.
Hervé Bellec, on le retrouve dans un vibrant hommage à Jean François Coatmeur. « Jean-François Coatmeur, Le regard noir d’un humaniste » . Il a beaucoup écrit de romans noirs sur la ville en particulier le superbe «  La sirène de minuit » qui décrit un Brest noir gouverné par l’extrême droite. Une œuvre à découvrir. 
Parmi les auteurs que je n’ai pas encore lus, il faut sérieusement que je me cultive en lisant enfin Philippe Le Guillou et Georges Perros, un personnage haut en couleurs.
Il n’y a pas à proprement parler de personnages au sens habituel du mot dans ce livre, mais des auteurs parlant de cette ville à nulle autre pareille. Beaucoup d’écrivains ont en effet jeté l’ancre dans la rade et l’encre a coulé à flots pour magnifier la ville du Ponant.
Pour terminer ce livre et ma chronique, un retour dans le passé pour retrouver des grands auteurs ayant célébré Brest, Chateaubriand, Corbière, Michelet, Flaubert, Loti et beaucoup d’autres !
Extraits :
- Avec eux les marins ! Tous, trempés, douloureux, crispés, hurlant, transmettant ordres et contre ordres, pris dans les rets des vents et des pluies.
- La seule chose qui permettait au jeune Segalen de s'espacer un peu à cette époque-là, c'était son vélo, acquis lors de ses treize ans.
- Sa mère lui fit découvrir la mer à cinq ans, à Étables, dans ce qui s'appelait encore les Côtes-du-Nord.
- Mieux encore, face aux brisants dont on se rapproche dangereusement, le bosco, laconique : « être bouffé par les homards, c'est tout de même plus flatteur que par les asticots ».
- « Écrire c'est  adresser une prière à Dieu » disait-il dans sa quête de pureté qui l'amena rapidement au bout de ses forces, rongé par l'alcool et la benzédrine.
- Jack Kerouac est devenu la figure de proue de toute une jeunesse en rébellion. Il en était ulcéré.
- Car Brest est un monde à soi seul, une ville de Bretagne, certes, mais cependant une cité à part, irréductible.
Éditions : Alexandrines. (2015).
Sur cette ville on peut également lire l'excellent « Brest l'ancre noire », recueil de nouvelles déjà ancien paru aux éditions Autrement.