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Baby Love.
Joyce MAYNARD.

Note : 3, 5 / 5.
Des adolescences américaines.
Roman datant de 1981, précédemment paru aux éditions Denoël en 1983. Ma deuxième expérience avec cette auteure après "Une adolescence américaine.
Elle sont quatre amies, la plus âgée a 18 ans. Une est déjà mariée et mère de famille, deux autres sont également mères et la dernière est persuadée de l'être aussi!Comment vivre à peu près normalement cette situation dans les années soixante dix ?
Mai 1968 est passé par là pour l'Europe, l'utopie hippies pour les États-Unis et ses résultats immédiats, la libération des mœurs, sexe et rock & roll! Il est un peu question d'alcool dans ce livre, mais la drogue n'est pour le moment que de l'herbe !
La vie et la routine semblent s'installer, ces jeunes filles ont des problèmes qui pour certaines les dépassent. Sandy se rend compte que son mari n'est pas vraiment sorti de l'enfance, Wandy a des soucis d'argent et semble attirer les ennuis, Jill pense être enceinte, mais son ami Virgil refuse cette idée! Tara, elle, accepte de poser nue avec Sunshine.
L'arrivée de nouvelles têtes va créer de nouvelles envies sexuelles entre les protagonistes de ce livre ; petit à petit les couples établis vont regarder leur entourage avec d'autres yeux.
Sandy a 18 ans et est mariée avec Mark, âgé de 19 ans et ont un fils, Mark Junior. Elle déchante vite, lui est trop jeune et immature, se rendent t-ils compte qu'ils loupent les plus belles années de leurs vies ?
Tara et Sunshine, Tara vit avec sa mère. Bobby Sterling, le père, habite dans la même rue mais n'a jamais vu sa fille !
Wanda et Mélissa, Dwight, le géniteur, est parti ; alors il faut assumer toute seule et même accepter certaines choses qu'elle regrette peu de temps après. Mais comment faire ?
Jill et son petit ami Virgil, elle craint la réaction de ses parents, lui ne s'encombre pas beaucoup de sentiments.
Ann (Joyce?) Rupert, plus âgé qu'elle, l'a quitté. Elle est venue tenter de refaire sa vie et trouver du travail, ses voisins les plus proches sont Reg et Doris, parents de Jill.
Greg peintre et Clara chanteuse, ils quittent la grande ville pour la campagne, elle veut un enfant, lui n'est pas des plus empressés, leur maison a été "visitée", alors elle veut retourner à New-York.
Wayne, interné pour meurtre, s'en est tiré étant soit disant dérangé ; il a donc évité la prison,...mais il peut être très dangereux. S'étant évadé il est un redoutable prédateur.
Tous ces gens sont entraînés dans un carrousel de pulsions sexuelles, bercés par la musique de l'époque dont il est beaucoup question. Talking Head, Rod Steward, Dolly Parson, Linda Ronstadt , Greatful Dead, Emmylou Harris etc...et un dénommé Georges Jones que je ne connaissais pas du tout !
Un roman qui s'apparente à un vaste puzzle avec de nombreux personnages dont on se demande comment les multiples pièces vont s’imbriquer les unes dans les autres ! Adolescentes, adolescents, maris et épouses, amantes et amants, couples plus âgés, une femme seule, une autre un peu dérangée qui espère que Wanda la pécheresse va lui vendre Melissa, un patron libidineux et un tueur très dérangé...Ce qui, au départ, ne semble que la chronique d'une certaine Amérique rurale routinière à l'existence plutôt ennuyeuse vire au cauchemar !
Les changements de protagonistes sont très courants, parfois sur la même page, ce qui nécessite beaucoup d'attention. Un livre que j'ai aimé malgré une certaine réticence au départ !
Extraits :
- Ann songe qu'aucun homme ne l'a touché depuis un an.
- De toute façon, Ronnie ne s'y intéresse pas. Il ne l'embrasse même pas, il la pénètre brutalement et très profond.
- Elle a une jambe artificielle, une prothèse, qu'Artie a baptisé une pro-baise.
- Après ça, elle éteindra la télé. Et puis elle avale encore un yaourt, mais seulement parce que ça aide à vomir.
- Il aimerait bien se la faire, cette nana !
- Le monde entier fait l'amour, sauf elle. Même des adolescentes de 16 ans trouvent des garçons pour les sauter dans les buissons et leur faire des gosses.
- Quand le petit sera endormi, elle laissera Mark faire tout ce qui lui plaira.
- Elle devrait être contente. Il y a tant de soirs où il veut baiser et elle n'a qu'une envie : dormir.
- Pour elle, la souffrance est indissociable de l'amour, et rien ne finit jamais par s'arranger.
- Il faut vous dire aussi que, pour un peintre, il n'y a pas de différence entre un nu et une coupe de fruits dans une nature morte.
Éditions : Philippe Rey (2013).
Titre original : Baby Love (1981).
Autre chronique de cet auteur :

Une adolescence américaine.

L'avis de Sylire