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Washington noir.

(Présenté par George PELECANOS).

Note : 4 / 5.
Peine Capitole!
Dans sa préface George Pelcano définit ainsi sa la littérature noire :
- Pourquoi le noir ? Il implique un fort taux de conflit, ce qui est le moteur principal de la plupart des bonnes fictions. Il permet aussi d'explorer des problématiques sociales ainsi que de mesurer la force et la fragilité humaine, qui font partie de notre quotidien.
Je ne peux qu'être d'accord avec lui.
Les auteurs participants à ce recueil sont : Robert Andrews, Jim Beane, Ruben Castaneda, Richard Currey, Jim Fusilli, James Grady, Jennifer Howard, Lester Irby, Kenji Jasper, Norman Kelley, Laura Lippman, Jim Patton, Georges Pelecanos, Quintin Peterson, David Slater et Robert Wisdom.
Georges Pelecanos est le seul que je connaisse, et Kenji Jasper a écrit une des nouvelles du recueil "Brooklyn Noir". Quatre parties "D.C.dévoilé"; "Rues et Ruelles"; "Flic et voleurs"; et "La colline et ses frontières " composent ce livre.
"L'indic de confiance", c'est bien d'être cet homme, mais mort à quoi sers-tu ? "La capitale du monde", c'est la nuit improbable entre un policier de couleur et une prostituée venant de Moldavie. Il devrait l'abattre, mais il ne peut s'y résoudre. Mais comment se sortir de cet imbroglio ? Une très belle histoire, une des meilleures du recueil. "La ruelle de Salomon", certains affronteront le jugement dernier ! La loi de la rue peut être expéditive. "La femme et l'hypothèque", comment Sally, fraiche divorcée, va-t-elle pouvoir vivre et surtout garder la maison de famille alors que son budget est en forte baisse? Une seule solution, la mort de l'ex-mari, et l'argent de l'assurance-vie ! Oui mais comment et surtout très vite? Pas très moral tout cela. La mort n'est jamais bien gaie, mais mourir noyée dans l'eau des toilettes, ce n'est pas très glorieux, même si l'on est une femme superbe! "Dieu n'aime pas les trucs moches" est le titre de cette nouvelle, et pourtant il a laissé faire ! Le Fantasy Night Club, boîte à la mode, était plein à craquer ce soir là. Alors qui et pourquoi ? L'engrenage qui conduit un frère et une sœur à sortir de ce que l'on nomme le droit chemin. Des morts et du sang ! Jackie est amoureux de "Jeannette", mais l'inverse n'est pas vrai...alors Jackie c'est un peu (beaucoup) le dindon de la farce.
Dix sept ans, c'est jeune pour participer et rater son premier cambriolage, mais c'est déjà bien d'être encore en vie. Un policier qui travaille au noir dans une boîte de nuit, un rescapé d'Auschwitz qui se remémore sa vie en Allemagne, l'arrivée des soldats dans l'appartement de sa famille, et qui constate la lente dégradation de son quartier. Un dealer en fauteuil roulant, un Nigérien vendeur de produits de contrefaçon, un témoin de bonne foi plus malin que l'assassin, la morale est sauve. Un journaliste de proximité toujours sur les mauvais coups, accepté ou pas par la police, un prêtre officiant dans les quartiers pauvres, un serveur exploité qui se rebiffe, une femme qui regrette une nuit d'amour torride et les photos qui jetteraient un froid si son père les voyait !Des écriture très différentes d'un auteur à l'autre, c'est le lot du genre!
Un melting-pot d'histoires et de personnages de tous horizons, des Africainsvendeurs de rue, des Afro-Américains venant des états du sud, un juif Allemand, une Américaine de la petite bourgeoisie, des clandestins d'Amérique centrale, un écrivain broyé par des intérêts énormes en jeux etc...On trouve aussi toutes les représentations du vice, des hors la loi, mac et prostituées, dealers et drogués, voleurs et braqueurs en tous genres, petites frappes de bas étages, marginaux et quelques représentants de l'ordre un peu désabusés.
Une version noire, très noire de la capitale fédérale américaine.On est bien loin de la vision habituelle du pouvoir et du monde diplomatique, image d'Épinal vue dans les médias. Le monde politique et "Le principe fondamental". Tout s'achète, à condition d'y mettre le prix !
Comme d'ordinaire, une biographie, des auteurs et une playlist musicale termine cet ouvrage.
Extraits :
- Il fallait que la beuh s'occupe de moi comme une amie et me dise quoi faire.
- Tout ça parce qu'une fois de plus t'as pas su te tirer à temps.
- Shermann essaya de tout assimiler. Et toi qui pensais que c'était dur de grandir à Barry Farms...
- Au cas où ça se reproduirait. Et au train où allaient les choses par ici, ça allait se reproduire, c'est sûr.
- L'arrière-cour de la résidence était un terrain vague ou même l'herbe était trop déprimée pour pousser.
- Ils disaient qu'il était méchant. Méchant-cinglé, du genre à préférer vous planter avec un cran d'arrêt plutôt que de discuter avec vous.
- Il fallait réfléchir vite pour survivre.
- Sally commençait à avoir l'impression qu'ils étaient en train de discuter de maladies vénériennes et non de transactions financières.
- Papa a raison, on ne peut pas réfléchir en dessous de la ceinture.
- Des étrangers. Merde, des étrangers en Afrique. Pas nos électeurs.
Éditions : Asphalte (2013)
Titre original :D.C.Noir (2006).