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The Doors.

23 nouvelles aux portes du noir.
Collectif. (Ouvrage dirigé par Jean-Noël Levavasseur)*

Note : 3,5 / 5.
Derrière la porte..le mystère et la mort.
On ne change pas ce qui réussit, à la limite on rajoute certaines plumes pour arriver à un total de 23 auteurs :
Luc Baranger, Marion Chemin, Thierry Crifo, Serguei Dounovetz, Michel Embareck, Denis Flageul *, Hugues Fléchard, Pierre Hanot, Stéphane Le Carre *, Jean-Noël Levavasseur, Michel Leydier, Jean-Luc Manet, Olivier Mau, Pierre Mikaïloff, Mathias Moreau, Max Obione * , Jean-Bernard Pouy, Sylvie Rouch, Bruno Schnebert, Caroline Sers, Bruno Sourdin, Jan Thirion *, Marc Villard. Et encore une fois sous la houlette de Jean-Noël Levavasseur et comme pour "Les Ramones", il faut que je revoie mon éducation musicale.
La nouvelle qui commence ce livre "We'll be home for Christmas" raconte, sous forme d'une correspondance entre Jim et Nigel, comment nait l'idée de la création d'un groupe de rock. L'un est au Vietnam en plein cœur d'une guerre dont on lui promet la fin prochaine, l'autre est sous le soleil de Californie. Au Viêt-nam la drogue coule à flot, en Californie aussi sûrement....un très beau texte qui me rajeunit et qui démontre que la jeunesse des uns fut plus sereine que celle des autres!
"The Ballad of Sarah" nous raconte l'histoire de cette jeune fille fan de Dylan et de Kerouac, grosse, grasse et mal dans sa peau au milieu d'une famille digne de "Délivrance". Et le seul compagnon de ballade qu'elle trouve est un nommé.....Charles Manson. Pauvre Sarah!
"D'esprit à esprit" ou l'art et la manière de gâcher un concert quand le chanteur arrive ivre.
J'ai beaucoup aimé la nouvelle "Perception des portes", souvenir, souvenir des culottes blanches des filles!
Mai 68, une femme, Miss Skun, et l'odeur de fauve : tous les mâles alléchés....et sur les Champs-Élysées la droite défile....Adieu joli moi de Mai!
Un bistrotier, un client nommé Isidore, un homme riche, des filles, cela boit et pense au reste, mais ailleurs.....Pauvre France!
Une virée rennaise, la rue de la soif ; la fête, l'alcool et les larmes, Kerouac est mort!
"Le couteau de mots" c'est dur la vie surtout quand on est du mauvais côté du manche.
"Un ou deux francs, une ou deux vies", fuir n'est jamais facile dans un pays moderne, une fois, c'est déjà dur, mais retenter le diable une seconde fois, quand l'âge est là, on changerait bien sa vie contre une autre....
"Misogyne Morrisson" Un peu amoral mais j'aime bien. Tim Morrisson, sosie français du Jim mondialement connu, ce n'est pas drôle tous les jours, car cela a commencé comme une blague agréable et quelques temps après, cela se termine en drame, beaucoup moins agréable bien sûr.
Des personnages plutôt atypiques, certains qualifiés de moches même par leur mère, un flic qui lit Thorau, des soldats luttant en première ligne contre le Viêt-cong, des hommes en prison qui aiment bien leurs petites habitudes, vice ou habitude le tabac, la promesse demain j'arrête de fumer....un homme se dit qu'il serait vraiment temps.
Un peu trop de nouvelles à mon goût et pour certaines, la filiation avec "The Doors" est un peu tirée par les cheveux, mais ces petits défauts sont heureusement compensés par la grande qualité de certains textes.
J'ai beaucoup aimé l'écriture d"Attention mon petit Jim", pépite surréaliste et l'humour de "Coltrane, Simpson, Lorette et moi", et pourtant l'histoire n'a rien de drôle.
Cette lecture est une sorte de devoir de vacances en vue d'une table ronde avec quelques- uns des auteurs qui aura lieu le dimanche 16 décembre à Larmor-Plage dans le cadre d'un salon littéraire du roman noir sobrement nommé "Larmor aux trousses".
Extraits :
- Je parle pas d'Elvis et des Monkees, je te parle d'une musique qui reste à inventer. Mais des textes me font penser que c'est réalisable...
- Heureusement, avec le cahier il y a Dylan et Kerouac.
- Il était aussi mal que ce jour où je l'avais rencontré chez lui, habité par cette culpabilité d'alcoolo qui lui collait à la peau.
- J'ai couru dans tous les sens de bar en bar, couvert d'écailles maléfiques, à la recherche du coeur sauvage de la vie, souffle glacé. J'attends la paix qui descend et ferme les yeux.
- J'ai tout raté. Même les enfants je les ai ratés. Ils sont moches, j'ai pas honte de le dire, surtout la petite dernière, un laideron, pire que sa mère....
- Je n'en parle jamais, je déteste ce côté ancien combattant racontant ce petit soubresaut de l'histoire d'il y a quarante ans. C'est la première et la dernière.
- «Faire la soif », ça consistait à rejoindre le haut de la rue Saint-Michel, après dix-huit heures, et à commencer une lente descente jusqu'au fin fond de la rue Saint-Malo.
- J'ai feuilleté distraitement jusqu'à un article avec un titre au scalpel : « Mort de Jack Kerouac, le pape de la Beat generation ».
- Là-haut, les gars avaient fait du bon travail puisque on se serait cru quelque part entre Mars et le désert navajo.
- Quant à l'inspiration : elle déclinait aussi sûrement que mes bras se couvraient de croûtes jaunâtres.
- Sans me forcer j'étais Jim, son incarnation, son fantôme et son mystère.
Éditions : Buchet-Chastel (2012)
*Dessins de Riff Reb's.