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Les trois lumières.

Claire KEEGAN .

Note :3,5 / 5.
L'Eire de la campagne.
Malgré beaucoup de commentaires très élogieux sur ce livre, il n'a jamais été dans mes priorités, mais certains événements font que je pense qu'il est nécessaire de le lire. Est-ce le sentiment mitigé que m'avait laissé «  L’antarctique » qui fait que je repousse cette lecture....sûrement !
Format pour le moins inusité...novella ou court roman ?
Une jeune enfant est laissée en pension par son père dans l'Irlande rurale et bigote. En effet sa mère encore une fois enceinte ne peut s'occuper de tout. Surtout qu'il vaut mieux ne pas compter sur l'aide du père qui oublie de laisser les bagages de la petite fille. Il va donc falloir trouver des vêtements pour cette jeune enfant. Les Kinsella qui l’accueillent semblent un couple uni, mais sans enfant et aussi sans honte, ni secrets ! La vie s'organise petit à petit, chacun apprivoise l' autre dans la routine du temps et des saisons qui passent. Certains soirs des voisins viennent jouer aux cartes, les mises sont minimes, et la bonne humeur de rigueur. La religion et la messe bien sûr tous les dimanches matins. On parle aussi des grévistes de la fin de l'IRA, du second à mourir dans ces circonstances atroces..... mais Belfast est loin !
Mais les Kinsella sont-ils réellement des gens sans secret....Quelques paroles vont briser le rêve...
La narratrice....(je n'ai pas souvenance d'avoir trouvé son prénom dans le récit) découvre autre chose que sa propre vie, et se rend compte que les adultes étaient très différents les uns des autres, ici la vie est simple, le mari travailleur et les cartes restent un jeu. Elle regarde tout cela avec des yeux d'enfant.
« La famille d’accueil » les Kinsella, Edna, la mère et John le père, semblent une caricature d'une famille modèle. On ne trouve pas dans leur description la férocité que mettaient Edna O'Brien ou John McGahern lorsqu'ils parlaient de l'Irlande rurale. Les parents de la narratrice, Mary et Dan, sont un peu les oubliés de l'histoire. Le père apparaît au début, il a perdu une génisse aux cartes, et une autre grossesse de Marie pose certains problèmes à la famille.
On sent une ambiance irlandaise, et pour moi les références sont nombreuses : John McGahern pour la vie rurale et un récit très intimiste où il semble ne rien se passer ; Edna O'Brien pour Dan le père joueur et irresponsable, Colum McCann pour la mort d'un gréviste de la faim. Mais ces trois auteurs ont mis la barre très haute, encore une fois je reste dubitatif. Un bon livre sur un sujet qui m'intéresse je l'admets, mais pas un grand livre. Une lecture que j’oublierais je pense très facilement et sans doute rapidement. Par contre je comprends très bien toutes les louanges qui ont été écrites sur ce livre plus féminin, je pense.
Bizarrement j'ai eu l'impression d'un récit se passant dans les années 1950 alors qu'en fait il se déroule au début des années 80.
Extraits :
- C'est une chose dont j'ai l'habitude, cette manière qu'ont les hommes de ne pas parler......
- « Viens à l'intérieur, a Leanbh* »
- Quand les hommes arrivent de la cour, la cuisine s'assombrit provisoirement, puis redevient clair lorsqu'ils s'assoient.
- Pourquoi est-il parti sans même me dire au revoir, sans jamais préciser qu'il reviendrait me chercher ?
- Là où il y a un secret, dit-elle, il y a de la honte, et nous n'avons pas besoin de honte.
- Ils ont annoncé au premier journal qu'un autre gréviste est mort.
- Et ainsi les jours passent.
- Elle a pleuré mais elle n'a pas honte.
- Je continue à marcher et j'essaie de ne pas penser à ce qu'elle vient de dire même si je pense quasiment à rien d'autre.
- Les choses étranges se produisent, dit-il. Une chose étrange s'est produite pour toi ce soir mais Edna ne pensait pas à mal.
Éditions : Sabine.Wespieser éditeur (2011)
Titre original :Foster (2010)
*Expression familière et affectueuse gaélique signifiant enfant.
Autre chronique :
L'antartique.