Nouvelles à
Nouvelles à ne pas y croire.

Fabien MARÉCHAL .

Note : 5 /5.
À poils et à plumes !
Disons tout net ce livre est un des plus délirants qu'il m'ait été donné de lire ! Et pourtant avec Pierre Dac et Flann O'Brien en passant par Stephen Leacock ou S.J Perlman,  je pensais avoir lu quelques modèles du genre ! Je m'étais trompé, ici c'est quasiment du delirium, mais pas très mince  !Par contre les substances qui ont amené à cette imagination débridée mériteraient d'être autorisées !
Sept nouvelles, mais contrairement au jeu des sept erreurs, ici il n'y a rien à jeter....
Voyons cela dans le détail !
Les objets font la loi, imaginez que votre cafetière s'enfuit, comme cela sans prévenir, vous vous diriez c'est fort de café ! Il faut alors songer à la remplacer, mais le monde a changé et ce n'est plus si facile que cela, certaines voitures refusent de démarrer.....Positivons, le pétrole n'est plus de première nécessité !
« Nus » est la seconde nouvelle du recueil et la plus longue....Un dicton populaire parle de « vérité toute nue » mais un autre dit « Toute vérité n'est pas bonne à dire ». Alors dilemme ! Vos invités arrivent pour manger dans le plus simple appareil...évidement cela commence par jeter un froid...mais bien vite l'hôte de la maison se dit que son invité a la plastique plus qu'agréable.....un sexe bien épilé inspire des pensées impies....les choses étant ce qu'elles sont et les mathématiques une science exacte qui dit que 2+2 font et prenez le dans n'importe quel sens 4......
Une nouvelle a pour titre « Pas de nouvelles »....c'est paradoxal pour un recueil de ce style littéraire.....car sans nouvelles, un recueil de nouvelles n'est qu'un livre blanc.....mais dans un journal télévisé c'est encore pire....écran vide et carré blanc.... le présentateur se fait des cheveux blancs tout en souriant de ses dents blanches....c'est dure la vie.
Télévision encore dans ce jeu : dénoncer, il en résultera toujours quelque chose....de l'audimat par exemple. La question peut être posée, la dénonciation est-elle une saine occupation ? Que ne ferait-on pas pour deux choses importantes : passer à la télévision à une heure de grande écoute et devenir riche...certains sont prêts à tout, même au pire. Version apocalyptique de la société future, les jeux du cirque version grand écran et visibles par un nombre toujours plus important de spectateurs. Le nom de ce jeu peut être sponsorisé par le syndicat des opticiens « Je vous ai à l’œil » allons-y d'une petite larme...merci.
« La ligne » imaginez-vous avant dans un temps pas si lointain, sur les rails les convois filaient bon train, pour où, personne ne le savait et cela ne dérangeait personne, les gares n'avait pas de noms, les horaires étaient une notion abstraite, les allers et retours inimaginables.....comment a t-on pu arriver au monde moderne...et payer pour un voyage !
« Les voisins », tout le monde sait qu'il y a à boire et à manger dans les histoires de voisinages, certains trouvent la voisine appétissante, certaines relations sont croustillantes et ne manquent pas de sel.....mais parfois tout cela se termine en eau de boudin et c'est fini le temps où tout le monde cassait la croûte ensemble !
« Les oiseaux » du film d'Hitchcock sont de joyeux drilles comparés à ceux qui peuplent le ciel dans « Ceux d'en haut ». Dans la vie il est difficile de ne rien casser, même pas un œuf....cela mérite-t-il une punition ? Oui dit un juge dont la seule ambition est de rentrer dans les plumes de l'accusé.....Un texte noir de la couleur du plumage d'un corbeau !
Des objets qui décident chez qui ils veulent vivre, un couple qui parait ordinaire, mais des invités qui le sont beaucoup moins, car non content de venir dans le plus simple appareil, ils claquent la porte en partant ! Quel manque de correction ! Mais certaines personnes sont plus correctes et vous invitent bien volontiers à leur table....pas toujours plusieurs fois, mais c'est le geste qui compte.
Des situations qui, de prime abord, semblent absurdes, mais au fond est-ce bien sûr ? Prenons l'exemple type, la télévision et ses émissions de « Télé-réalité », reflets profonds des dérives de notre société, ne parlons pas des journaux télévisés..l'art et la manière d'annoncer les pires catastrophes du monde avec un sourire niais !
On sourit et parfois on rit mais jaune, car dans certains textes les humains ne sont plus les maîtres du monde. « Ceux d'en haut » donne à réfléchir sur notre comportement vis à vis du monde animal.....et si ceux-ci dominaient le monde ? Ils nous plumeraient gentiment !
Extraits :
- Les objets ne sont pas comme les chiens. Quand ils disparaissent, ils ne reviennent jamais vers leur maître.
- C'est court, deux mois, pour faire le deuil de toute une vie. D'une civilisation.
- En quelques minutes, la moitié de mes courses tailla la route.
- En revanche, que le sexe de Martine soit rasé m'a estomaqué. Je croyais que cela ne se voyait que dans les films porno.
- Elle m'a jeté un regard tout froid, tout noir, et elle m'a dit : « Avant, tu me faisais rire. »
- Un beau brin de fille, à vrai dire. J'aime bien cette expression. Elle lui sied à ravir. Un brin de fille, çà a l'air tout naturel, c'est très gentil.
- Ne pas démoraliser le pays. Ordre du gouvernement......
- (Le visage de Brigs Bonheur, sur fond de grillages, apparaît sur l'écran géant.)
- (Le public se lève et applaudit. Le présentateur sert la main à Jean-Michel. La caméra s'élève, tourne autour du plateau, de plus en plus vite. Générique. Musique :
La Marseillaise, arrangée en version pop.)
- L'attente, c'était comme le cadeau déposé au pied du sapin avant d'avoir le droit d'ouvrir le paquet.
- Le jeune se recroquevillait dans le box. Il n'était pas là pour comprendre ce qui se joue. Et s'il le comprenait, cela ne lui servirait à rien.
Éditions : Dialogues (2012).
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