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Routes 66.

Yvan Le QUÉRÉ.
Note : 4 / 5.
66....année nostalgique.

Tous les bretons de ma génération, ancien fou de foot (eh oui il y a longtemps!) ont entendu parler d'Yvan Le Quéré que je ne pensais pas retrouver sur ce blog !
Je reconnais bien volontiers un certain chauvinisme, Lanvollon et Pommerit le Vicomte sont le berceau de ma famille et mon nom est cité dans ce livre .Ce n'est pas de moi que l'auteur parle, mais certainement d'un cousin éloigné que je ne connais pas !

En Avant de Guingamp, club mythique d'une époque révolue, le temps où les joueurs venaient de la région, la couleur qui comptait était celle du maillot, pas celle des billets de banque. Yvan Le Quéré est avec Coco Michel une figure emblématique de cette équipe et d'un certain état d'esprit, tout en ayant une carrière professionnelle de professeur d'anglais, langue qu'il a appris sur le tas durant plusieurs voyages Outre Manche et la fréquentation assidue des petites anglaises ! Je retiens une phrase de la quatrième de couverture :
-A une époque que les moins de vingt ans auraient voulu connaître, les plus de quarante redécouvrir et les plus de soixante revivre à nouveau.
Comme je fais partie de la troisième catégorie, je revis , moi natif de Kerity, mais contrairement à l'auteur, je n’habitais plus dans le Far West breton et la route 66 était loin de mes pensées !
L'année 1966 revisitée elle aussi....un concert de Rock n'roll au cinéma « Le Celtic » à Guingamp au programme : Dick Rivers, Lucky Blondo et Dany Logan …..Yvan est de la partie, ses copains également, mais sa grand-mère chez qui il habitait aussi..... Une nouvelle prof de philo capable de provoquer une érection collective dans un lycée de Guingamp, les élèves n'en reviennent pas, eux plus habitués au genre adjudant-chef ! Mais une question se pose bien avant qu'Alain Souchon la mette en musique. Qu'est-ce qui se cache sous la mini-jupe de Mademoiselle Orémon ? Les paris vont bon train......
AEG-Brest. Première titularisation dans l'équipe fanion pour un match de coupe de l'Ouest ! La consécration puis la gloire …...la victoire et une bise de Claudine l'Hostis en prime de match, le bonheur tient à pas grand-chose. Le bac et le diplôme que l'auteur pense décrocher facilement....c'est OK...mais juste avec le mystère de la note de philo !
Les vacances et l'on rejoue « A nous les petites anglaises » en version originale non sous-titrée dans le texte, le bonjour à « Yvonne » car d'une manière très étrange les anglais ont un problème avec les prénoms Yvon et Yvan qui se féminisent,  ....un affront avec un rendez-vous de Susan Smith…et ensuite un départ ventre à terre..pour échapper à la colère d'un père.....cela sert d'être sportif........Bye bye England !
La rentrée scolaire, c'est Rennes, un appartement chez l'habitant en l’occurrence une habitante sourde. Les études, les copains et la fête.....l’occasion qui fait le larron à cause d'une clef oubliée ; reste une solution : dormir sur le palier......mais une charmante voisine mal mariée va parfaire les leçons d'anatomie de notre vaillant étudiant, la suite hélas le mari chauffeur de poids lourds international perd son job et Yvan, sa professeure particulière et ses cours du soir en tête à tête !!!! L'année se termine par le réveillon....et le livre par un épilogue du style, que sont-ils devenus....?
Une « Mémé » omniprésente en début du livre, mais dans le bon sens du terme, capable d'accompagner son petit-fils à un concert de rock en coiffe.....Les parents qui, comme le bon vin, se bonifient en vieillissant. Les copains comme tous les copains, il y a les bons et les mauvais jours, avec le temps ils ne restent que les souvenirs des bons jours. Les bons jours, on les doit souvent aux filles anglaises, françaises, ou aux femmes un peu plus âgées quand les circonstances sont favorables. Quelques autochtones vrais ou faux, un commissaire de police venant du midi, une famille de bouchers venant d'on ne sait pas où, le père, la mère, le fils et aussi une fille pas spécialement belle !
La musique : les Beatles, les Rolling Stones, Creedence pour les Britanniques, Eddy Mitchell et bien sûr Johnny Hallyday et son slow « Retiens la nuit », surtout celle du réveillon !
Un dernier mot sur un des personnages primordiaux de cette jeunesse bretonne « La Reine des Près »......je n'en dirais pas plus !
Heureuse époque du politiquement incorrect, où l'on buvait de la bière, fumait des Gitanes et jouait au football le dimanche ! Pour moi, l'année 1966 fut la fin d'une époque...le 1er janvier 1967, je perdais ma liberté et mes cheveux pour 16 mois de service militaire dans « La Royale », comme tous bretons qui se respectent ! Direction le Centre d'expérimentation du Pacifique, les îles et le soleil............et la question qu'est-ce que je fais là ?
Extraits :
- C'est l'année où l'Angleterre gagne la coupe du monde de football ; la France étant évidemment éliminée au premier tour, composée de onze blancs chétifs qui ne mettent même pas la honte à 49 millions d'habitants.....
- Son épouse, la tante Yvonne « comme la soeur de mon père » a une bonne tête à faire des crêpes et réussir ses confitures. On la voit parfois en tableaux dans "Paris-Match" mais elle ne pose jamais nue. La soeur de mon père non plus d'ailleurs.
- Lorsque j'ai atteint mes dix-sept ans, j'ai vite ressenti que Mémé avait bien intégré que non seulement, j'étais bien entendu un être à part entière... voir plus, mais que j'étais surtout un individu, entièrement à part.
- La petite L'Hostis a été la plus belle prime de match que je pouvais espérer. C'était une fleur sauvage aux senteurs de la forêt : savant mélange de myrtille, framboise et fraise des bois.
- Boédec...,Bouëtté... Bromard... Carpaillé...Cotel....Une par une, l'antre du lycée avalait ses proies.
- Et puis il y avait ce parfum de liberté qui n'existait pas en France. Les femmes qui fumaient dans la rue : ça sentait bon la blonde partout. Mes copains anglais qui, à l'école, travaillaient surtout à se laisser pousser les cheveux.
- Et, en plus, c'est pas du petit boudin breton, c'est du petit canon. Ce n'est pas du craquelin de Lanvollon, c'est de la brioche.
- Je connaissais Gros Jean comme devant. Je découvrais petit Yvan par derrière. Et ça avait du mal à passer. Ça faisait même mal. Très mal.
- À l'époque, on allait souvent au bal à Pommerit le Vicomte. Pommerit le Vicomte , c'est un petit patelin à côté de Guingamp. Un quart d'heure en voiture, pas plus. Voir dix minutes, parce que souvent on était un peu bourré. Dans les années soixante, on pouvait conduire un peu bourré, il n'y avait pas de problème.
Éditions : Baudelaire (2010)