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Xavier Grall. Hommage.
Collectif.

Note : 4 / 5.
Nous te ferons Bretagne....
Finir l'année en beauté en parlant de ce livre compilé pour le sixième anniversaire de la mort de Xavier Grall, façon pour moi de marquer cette année la trentième de ce décès. Il s'agit d'une relecture complète car la dernière est très ancienne.
Des hommages comme le titre l'indique, mais pas que cela, des courriers, des textes ou poèmes et aussi de magnifiques photos, certaines signées Michel Thersiquel, autre grand artiste breton disparu. La famille Grall au grand complet, des amis, Gonzalez, Georges Perros, Nicole Corelleau «  l’hôtesse ». Des portraits à différents stades de la vie de l'auteur : enfant aux cheveux courts, homme mûr, mais marqué aux cheveux longs !
Des dessins également, en particulier de Marcel Gonzalez, un Grall tout en longueur et maigreur, le cheveux long et le regard noir et perçant, un autre de René Quéré est plus bucolique, mais très breton avec église et calvaire.
Des textes certains comme « Les vents » et « Le Christ jaune » sont de Grall lui-même, un témoignage d'une de ses filles, Lucie, d'autres intervenants que je ne connais pas, mais qui eux connaissaient bien Xavier Grall.
Des lettres adressées à différents correspondants souvent assez anciennes, en particulier à Henry Boulard dit « Bouboul » dont une datant de 1952 ! Dans un courrier de décembre 1970, il explique la difficulté de faire publier son livre « L'inconnu me dévore » par les maisons d'éditions parisiennes !
Je pense qu'il est plus sage de laisser ces lignes à de meilleures plumes que la mienne et surtout beaucoup plus compétentes par quelques extraits :
- Il est grand temps de relire Xavier Grall pour découvrir sous l'image trop facile du barde breton inspiré, le grand poète universel à qui on ne peut assigner de frontières.
Mireille Guillemot.

- Les vents étaient comme les trains, des compagnons de voyage. Mais à présent, je ne pars plus. On a barricadé mes sentes et mes haies. Je suis écroué, enterré, étique, troglodytique, entaulé. La nuit tombe...
Xavier Grall (Les vents ).
- Je ne peux me souvenir de mon père sans penser à Dieu : « tout est nostalgie de lui » écrivait-il. Non, notre père n'était pas un bigot. Il savait, en matière de religion, comme en toute chose séparer le bon grain de l'ivraie. Et l'église n'était pas épargnée. Lucie Grall.
- Son père était tanneur à Landivisiau, comme on l'était dans la famille depuis le XVIIIe siècle. Grall l'aimait et le respectait. Mais sa mère, il la vénérait. Et dans les pages qu'il lui consacre, il n'a jamais de mots assez tendres pour décrire ses gestes ou ses silences.
«  Tu dois tout à ton pays », lui dira Glenmor. Une phrase que Grall n'oubliera jamais.
Yves Loisel (auteur de Xavier Grall Biographie).
Voilà bien une lettre désabusée. C'est que j'ignore de quoi mes demains seront faits. Et que je ne suis pas seul dans la course. Il ne reste que l'espérance. Xavier Grall, lettre à Bouboul. Sarcelles le 23. 09. 1968.

- Même son pays, si loué, si chevillé à ses livres depuis le début, de tel que saisi par cette rétine impressionnée et devient autre, ne vit plus que sous la forme d'annotations génériques. Xavier Graal laisse loin derrière lui la prose poétique et les accents de barde pour la sécheresse du récit classique.
Michel Le Gentil, à propos de « L'inconnu me dévore ».

- Merci mon Xavier, de m'avoir envoyé ce petit livre qui brûle les yeux et l'âme. On « marche » avec. Et de sentir vivre dans ce qui fait son mouvement cette Bretagne éternelle est bien émouvante. Encourageant. Amitié à toi et aux tiennes. Georges.
Lettre de Georges Perros à Xavier Grall pour la publication de « La fête de nuit » (05/12/72)
- ….mais sais-tu Christ de Bretagne toute la misère de mon pays. Et la douleur du fils sur la route de l'exil. Et la détresse des chiens dans les douves. Et la cruelle vengeance des vins et des alcools dans nos cerveaux criards ? Christ de Trémalo, recueille mes sanglots. Prend les. Je suis l'homme dYs. J'ai sombré avec les rois de Celtie. Je suis d'Ys. Je reviens des fonds verts d'algues et de murènes. Je suis d'Ys. J'ai sombré dans les folles nuits du vin et des liqueurs. J'ai erré par les abysses. Je suis d'Ys. Et permet que je revive en Celte dans le libre amour des arbres et des femmes. Dans les fêtes magiques des solstices.
Xavier Grall. (Le Christ jaune) .
Éditions : Calligrammes (1987).
Quelques ouvrages consacrés à Xavier Grall (je vais sûrement en oublier!).
Mikaela Kerdraon : Xavier Grall, une sacrée gueule de Breton.
Mikaela Kerdraon : Kan ha Dikan correspondances Grall/Glenmor.
Yannick Pelletier : Xavier Grall immémoriales demeures.
Philippe Maouzan : Xavier Grall, la rage et la tendresse.
Yves Loisel : Xavier Grall, biographie.