27 juin 2011

Retour aux sources.....

 Boite aux lettres

 

Nous allons, mon épouse et moi retrouver notre boîte à lettres favorite.....

Pour nous trouver.....la maison d'en face....l'adresse à côté d'une église....je sais en Bretagne cela court les rues et les chemins....quelque part à Plouezec....

Une rencontre est prévue avec Majanissa et peut-être Kathel....

A bientôt.

Yvon

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25 juin 2011

ÉVEILLÉ Patrick / Le guide de la Bretagne insolite & relax.

Bretagne insolite 
Le guide de la Bretagne insolite & relax.*
Xavier ÉVEILLÉ.

Note : 5 / 5.
Promenons-nous.....en Bretagne.
Déjà quand dans les remerciements de l'auteur je vois : Ólöf Pétursdóttir, je me dis deux choses, que ma cousine islandaise est très connue....et que ce livre doit être très bien, puisqu'elle y a participé ! Prenons ensemble les chemins de traverse pour traverser la Bretagne historique, la seule la vraie, celle des cinq départements. L'auteur est journaliste et homme de terrain, alors suivons-le pas à pas. Dans son avant propos il dit que nous autres bretons avons un sens inné de l'auto-dérision, je l'approuve.
Cinq illustrateurs (comme les départements ….hasard ou conviction historique) que je me dois de citer : Clam, Gégé, Gromy, Jiluk et Lefeuvre. Certains ont déjà participé à d'autres ouvrages de Trinka.
Deux classements, l'un par thèmes : Hébergements atypiques, Cafés & cabarets, Parcs de loisirs & sorties ludiques, Restos & salons de thé, Boutiques & visites d'artisans, et pour s'instruire Musées & découvertes nature. A noter aussi pour chaque catégorie une carte où sont répertoriés les lieux  à visiter ! La seconde liste répertorie les différents thèmes mais les classe également par département ce qui est une excellent idée. Une maison plantée sur une ancienne cheminée, à plus de 15 mètres du sol...titre du chapitre « Homme suie home », une nuit en prison (dorée sur tranche!) c'est possible à Belle-Île- en-mer ! Village indien à Languidic « Des Tipis en guise de penty », mais dans les prés il est plus facile de rencontrer des vaches que des bisons (futés ou non cela dépend des jours!) À Quemper-Guézenec, une nuit au moulin de Kergozou, les ailes de ce moulin ne brassent l'air que grâce à un moteur d'aspirateur bricolé par un génie qui ne manque ni d'air ni d'idées ! Une visite est envisageable pour moi peut-être bientôt. Il est également possible de prendre de la hauteur, dans les arbres, sur pilotis, pas nécessaire de faire le cri de Tarzan, ni de passer de la chambre au salon au bout d'une liane. Un chapitre se nomme malgré tout « de la septième vague au septième ciel » dépaysement garanti.
Je ne vais pas être bref sur les comptoirs, certains méritant le détour, ni sur les restaurants, certains méritant un retour après une première entrée. Le « Pesked » un café-restaurant où il vaut mieux être bien amarré suivant les marées qui ne font pas toujours marrer tout le monde...un endroit qui parait-il ne manque pas de sel...ni de spécialité de rhum...pour la route du Rhum, c'est ailleurs ! Un mot sur le fin du fin.... « Le café Librairie » ici celui de Berrien « L'autre rive » accostons...à la fin du premier chapitre..ou avant !
À Rennes « Les chaussettes de l’Archiduchesse » n'est pas uniquement réservée à la noblesse...l'idée est simple ; aller à la laverie c'est une corvée...allez-y tambour battant....les chaussettes oubliées sont sur le fil !
« La maison café » à Nantes avec un décor digne d' « Orange mécanique » alors ne les roulez pas et évitez de chanter « Singing in the rain ».
Les auberges ne sont pas toutes espagnoles, elles peuvent être « Des voyajoueurs » et tenues pas une dénommée Madame Anne-Sophie Hochet, qui dit très joliment :
-Je suis très joueuse par nature indépendamment de mon nom de famille. (dérision quand tu nous tiens.
Un champ de maïs transformé en labyrinthe...c'est géant....vous êtes vert...
A toute vitesse un petit tour à Loheac, et ce titre...Gwenn ha du à damier, dérapage contrôlé....attention au contrôle biniou !
Restons dans les transports et non pas trans ports..avec « Le vapeur du Trieux, les gars de la Micheline » qui relient la gare de Paimpol à celle du Trieux....il faut aller au charbon ...Trugarez deoc'h, matelots !
Un mot pour des gens qui n'habitent pas loin de chez moi, Nathalie et Arnaud Beauvais, du restaurant « Le jardin gourmand ». En plus de ses qualités de cuisinière,  madame écrit des livres de cuisine qui mettent l'eau à la bouche, et qui se vendent comme des petits pains. Ma plus jeune fille est une grande fan et j'aime bien aller manger chez elle.....tentative d'invitation à peine déguisée...Dommage que le dessin qui illustre ce texte ne soit pas un peu plus ressemblant.
Une bolée, une niniche, sucette au beurre salé, un peu de miel dans le chouchen...j'arrête cette énumération gastronomique.....enfin un petit macaron pour la route..à Etel pas de barrière entre nous ...ils valent bien un détour et quelques grammes supplémentaires ou un supplément de bagage.
A Guérande et cela non plus ne manque pas de sel....on peut échanger une botte avec le châtelain ? Hé oui....mais il faut être fin tireur....On croise, pas le fer c'est fait (voir un peu au dessus) quoique...mais la route d'un poète ferrailleur à Lizio, qui lui ne vit pas dans une tour d'ivoire. Un site mégalithique à Montneuf ? Cherchez l'erreur, le calendrier ne doit pas être le même.
Dans les autres curiosités (et non pas pilosités) un coiffeur de rue à Concarneau comme dit l'auteur du livre « à l'hair libre » donc pas la peine de couper un cheveu en quatre...le débat est clos, la ville aussi d'ailleurs.
Je ne peux pas, bien évidement, faire une liste non exhaustive des merveilles et curiosités que recèle ce livre de 225 pages que l'on trouve dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. Et qui maintenant va prendre place dans la boîte à gants de la voiture.
Une colle mais je préviens aimablement (là je me force) qu'il n'y a rien à gagner, à part peut-être ma considération peu distinguée. Que signifie ce sigle :
M.P.U.C.B.T.B ….................l
J'en connais qui donne leur langue au chat !
Le lien, ici
Éditions : « La ligne pourpre » à Quimperlé. 2011. Site (non mégalithique) ici.
* 100 lieux de vie surprenants.

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22 juin 2011

BELLEC Hervé / Si c'est ma femme, je suis pas là.

Si c'est ma femme 
Si c'est ma femme, je suis pas là.
Hervé BELLEC .

Note : 4 /5.
Pluie et chaleur !
Un recueil de nouvelles d'Hervé Bellec est toujours une découverte, « Un bon Dieu pour les ivrognes » me revient obligatoirement en mémoire ! Ici, sept nouvelles, sept femmes, sept destins amoureux parfois, tragiques souvent. Elle n'est pas souvent belle la vie !
La pluie comme stimulant érotique pourquoi pas ? Est-ce pour cela que, nous bretons, aimons bien revenir au pays, la première jeunesse passée ? Le soutien gorge est plus classique comme objet de fantasme, surtout dans les pays très secs. Par contre il semble que le mélange des deux soit détonnant …..cela libère les pulsions et les seins...... Dire qu'en Bretagne il ne pleut que sur les cons, dans ce cas précis me rappelle cette chanson de Brassens « Le blason », vibrant hommage aux femmes.
« Une journée classée rouge » un jour qui semble ordinaire, un homme, une femme plus jeune, des départs en vacances, la route, circulation et embouteillages, la nuit tombe, une envie pressante, arrêt sur une aire d'autoroute, un chaton abandonné.... la raison de l'homme bascule.
Chaud devant mais aussi tout autour, la canicule rend toute vie difficile sauf pour les mouches qui prolifèrent. Un homme et une femme, ex-couple venu vivre à la campagne après un drame familial, tente de survivre, en tant qu'êtres humains et également avec un semblant de civilisation dans un monde étouffant où l'eau est une denrée devenue très précieuse. Revivre un peu....comme avant l'espace d'un moment..
Tout le monde court après quelque chose....mais courir pour perdre des kilos c'est comme perdre son temps et son âme. Pour quel résultat?.. pour rêver d'une bière fraiche, d'une cigarette et d'un livre. La vie est courte alors s'il faut la poursuivre, parfois l'envie n'est plus là.
Marie-Vieille taupe m'a fait penser à une vieille chanson d'Edith Piaf.... "Ils sont arrivés se tenant par la main", ils marchent sur la plage, elle devant, lui ensuite, la patronne du bistrot les regarde, les observent,  vers quels drames vont-ils ? Elle se remémore sa vie, enfant de l'occupant dans le microcosme d'une île bretonne. Le monde est là, la femme qui a débarqué et qui est restée, les joueurs de dominos, le Capitaine, la sale gosse prétentieuse et mal élevée, et ce couple avec dans la bouche de la femme cette phrase couperet :
-« Écoute on en a déjà parlé mille fois ».

Pour qui sonne le glas...Un très beau texte, sûrement un des plus réussis à mon goût de ce livre.
Une soirée au camping, un coin tranquille, une épouse enceinte lisant des haïkus mots qui riment avec cactus. Plus tard l'histoire ne manquera pas de piquant! Quel est le nom qui correspont aux numéros....22, 29, 35, 44, 56, et le 37 ? C'est où?
Un écrivain aux prises avec des tasseaux, du lambris, des murs et qui essuie les plâtres...et en plus une nouvelle à écrire...et le bricolage, la maison. C'est dur la littérature. Mais les nouvelles, comme les hirondelles et les contractuelles vont par deux, et ensuite tout va mieux.
Des femmes, des jeunes ou des plus vieilles, objets de désir ou de rejet, aimées ou détestées, parfois détestables, des Claire qui ne sont pas obscures, des Cécilia qui attendent au camping, des Solange fausses cariatides de bistrot, une Babette qui ne pensait pas partir en guerre et toutes les autres.....
Des hommes bien sûr qui n'ont pas toujours le beau rôle, joggeur contraint et forcé ou fugitif rentrant au bercail faute de mieux, Capitaine qui a remplacé la ligne de flottaison de la mer par celles des verres de rouge... les vieux îliens pas toujours raffinés, l'homme mené par le bout du nez ou par un autre organe...Des Baptiste qui ne sont pas des saints, des écrivains qui n'en sont pas non plus...
Une galerie, non pas d'art, mais pas de monstres non plus, portraits de personnages vivants et ordinaires que l'on croise à chaque coin de rue.
C'est comme d'habitude chez Hervé Bellec bien écrit ; en supplément les thèmes sont variés de l'amour à la mort, du présent au futur avec par exemple « Par une longue nuit de canicule » qui décrit un monde peu réjouissant. On trouve au hasard de ces récits des similitudes, un dessinateur dans deux histoires, un meurtre commis dont on trouve mention aux informations dans une autre histoire, cela donne une unité à ce recueil de nouvelles.
Une phrase parmi tant d'autres résume bien une certaine philosophie de la vie :
- Ce n'est pas tous les jours qu'on leur sert au menu des cuisses aussi appétissantes que le jarret de leur kig-ha-farz dominical.

Heureux hommes...du kig-ha-fars tous les dimanches..avec l'âge les plaisirs changent !
Extraits :
- La bonneterie était un art en soi, un art majeur.
- Le baroque me semblait d'une limpidité évidente qui m'imprégnait d'une paisible mélancolie et quoi qu'on en dise, je suis maintenant à peu près certain que la mélancolie est le début du renoncement. Donc d'une paix relative.
- C'était quoi une chatte ? Un estuaire où une source ?
- Cupidon avait sans doute la tête ailleurs au moment où il distribuait les cartes.
- C'est de Brest, bien évidemment dont elle parlait. Elle détestait cette ville. Rien de surprenant, je connaissais un tas de gens qui ne pouvaient pas blairer Brest. Mais j'en connaissais également un paquet qui ne l'aurait pas quitté pour tout l'or du monde.
- Qu'importe, ça serait l'Irlande, que Dieu bénisse la pluie qu'il la mouille et les écrivains nés sur son sol. Oui, j'avais envie d'Irlande, de violon et de bière brune.
- Elle m'avait donné son numéro comme elle m'avait donné le reste, sa jeunesse, son ventre, sa joie de vivre tout le bataclan. Et je m'étais servi.
- Les trous du cul du monde, en quelque sorte. Or, ici, au sud de nulle part, il fait plus de 40° à l'ombre.
- Plus que la cruauté des mots, c'est la nonchalance avec laquelle elle les avaient prononcés qui m'avait scié sur place.
- Elle le tient. Par les couilles ou par le cou. Instinctivement, on lui chercherait une laisse. Et cette salope qui continue à l'appeler mon chéri.
- Mon père était comme eux, la même posture, le même pinard.
Éditions : Dialogues (2011).
Le magazine de la librairie "Dialogues" avec un interview d'Hervé Bellec.
Autres chroniques d'Hervé BELLEC

BELLEC Hervé / Demain, j'arrête d'écrire.  
BELLEC Hervé / Félicité Grall   
BELLEC Hervé / La nuit blanche.   
BELLEC Hervé / Un bon dieu pour les ivrognes.
Logo Dialogues

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19 juin 2011

ENGRAND Stanislas / On n'a pas tous un oncle d'Amérique.

 Oncle d'amérique

On n'a pas tous un oncle d'Amérique.
Stanislas ENGRAND .

Note : 4,5 / 5.
À chacun son odyssée !
Encore un auteur à découvrir, ce qui est très bien. Donc nous allons suivre pas à pas Ulysse (est-il heureux?) dans sa quête de lui-même et de ce mystérieux oncle dont il a peu de souvenirs qui est parti un jour aux États-Unis et n'en ai jamais revenu....et nous lecteurs, comme le narrateur, nous le comprenons. Famille, je vous hais.
Si le célèbre roman de James Joyce « Ulysse » se déroule en l'espace d'une journée, ici le temps passe plus lentement, plusieurs années et quelques vies s'écoulent dans l’atmosphère austère de familles profondément bourgeoises et catholiques aux mœurs strictes mais non dénuées de secrets bien enfouis dans la mémoire et les alcôves des protagonistes de ce roman.
Revenons donc à cet oncle qui, à l’instar de celui de Jacques Tati, dénote un peu dans les repas dominicaux gigot-flageolets des parents du narrateur. Peintre, photographe, écrivain, scénariste à Hollywood, portraitiste des vedettes féminines du moment, mais fidèle à sa fiancée « Polka » décédée il y a de nombreuses années.
Nous rencontrons donc Ulysse à un âge respectable qui nous narre sa vie, du catholicisme au militantisme....de son copain Frantz dont la mère et la sœur se promenaient seins nus au bord de leur piscine privée,  à un autre ami retrouvé suicidé sur un banc public. De Pénélope partie à tire d'ailes en Australie à une jeune américaine conquise dans un avion....la vie prend de la hauteur, et elle en a besoin..
Les personnages ont des noms soit bibliques soit religieux ou alors composés et délicieusement obsolètes ! Dans la première catégorie, le narrateur Ulysse, son épouse envolée Pénélope et leur fils Télémaque. Le tonton américain d'adoption a choisi comme pseudonyme Jean Saint-Jean. Dans la seconde catégorie, on trouve (entre autres) Benoit-Joseph, Marie-Charlotte (surnommée amicalement Cacotte) qui rime avec bigote et pour qui le sexe est synonyme de damnation éternelle ! Emilie, Suzanne, Madeleine sont d' autres membres des différentes fratries, tout ce beau monde se nommant plus prosaïquement Mordacque ou Delagny !
Au hasard de ces pages, on trouve des psy, un nommé Barnabé et l'autre répondant au doux prénom de Barbara...l'un est lacanien l'autre pas, enfin il me semble ! Certaines pages avec Barnabé sont truculentes, comme une grande partie de ce livre.
Pas mal d'humour avec par exemple une grand mère surnommée « Le bélier » mais dont le nom de jeune fille est « Duboeuf » !
C'est bien écrit, très agréable de lecture et personnellement ce livre m'a beaucoup parlé, de part l'évocation de Jacques Brel, des actrices américaines du temps jadis... celle également des albums de Tintin de ma jeunesse.
Puis vient la révolution de mai 1968 : la libération sexuelle, les cheveux longs et souvent les idées courtes, du militantisme au psychanalyste, de l'amour libre au divorce couteux.. Bref l'impression de s'être un jour trompé de route. Et ce n'est pas drôle tous les jours ! Mais ce livre est une sorte de piqûre de rappel....Très bien venue. On ne peut pas être et avoir été.
A découvrir.
Extraits :
- Il pratiquait, en disciple de Lacan, une invention du maître. La séance à durée variable. Il arriva qu'il me mit à la porte quelques minutes après mon arrivée.
- Le sphinx, en mettant intelligemment bout-à-bout de vraies phrases, avait cette fois à améliorer le rapport entre le prix de la séance et les paroles prononcées.
- Comme je le regardais, incrédule, il m'avait tendu le papier sur lequel était écrit : « j'ai décidé de mettre fin à mon analyste. »
- Nos relations avaient glissé de l'amour à l'amitié puis à l'affection. Le ciment s'était désagrégé lentement et la répétition des histoires familiales est un puissant moteur inconscient.
- Une grande aventure à l'échelle de l'enfant ! Tout était merveilleux, à commencer par la voiture qu'avait acheté oncle Jean, qu'il avait encore en Amérique plus de trente ans après.
- Un paquebot n'est qu'un théâtre flottant.
- Le père de Robert était fantasque. Il s'était fait construire un cercueil et y prenait régulièrement un « petit bain de mort » dans lequel il se prenait en photo afin de méditer sur le sens de la vie.
- Les bouches de chaleur, avec leur nom prédestiné, avisaient ma curiosité sexuelle et accompagnaient mon univers clandestin.
- Jacques Brel avait trouvé la formule qui me convenait. On apprenait dès l'enfance ce qui ne me servait à rien.
- Mais le meilleur arriva sans prévenir : l'apparition de la grande sœur qui s'installa, seins nus, au bord de la piscine.
- Même post-mortem, ce Bon-papa inspirait encore de la peur à ses filles. Je n'avais pas encore tous les éléments pour comprendre la raison de cette emprise.
- Écrire ça sert autant à s'exprimer qu'à se connaître.
- Les névroses des parents ne s'additionnent pas, elles se multiplient.
- L'apparition de ce personnage pittoresque était le signe qu'une page se tournait dans la famille. Éditions : Siloë (2011)
Le site, ici
Le blog, là.

 

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16 juin 2011

NEDREAAS Torborg / La nuit volée.

La nuit volée

La nuit volée.
Torborg NEDREAAS .

Note : 5 / 5.
À la recherche de l'âme perdue !
Après avoir découvert cette auteure norvégienne grâce à son somptueux recueil de nouvelles « Derrière l'armoire, la hache », je ne pouvais décemment pas m'arrêter là !
Un homme cherche une femme croisée quelques jours plus tôt, il ne sait pratiquement rien d'elle, ni son nom, ni un quelconque détail qui pourrait l'aider. Il se souvient de ce moment qu'il voudrait recommencer ou au moins prolonger. Cette nuit où il entendit la confession de cette inconnue.
Une rencontre d'un soir un peu pluvieux du printemps, un homme seul, une femme également solitaire dans une gare avec une valise. Il l'aborde, elle ne fuit pas, ils marchent, puis elle accepte d'aller chez lui.
Elle désire parler, épancher sa vie de silence ; pour cela elle a besoin d'un début d'ivresse alors elle boit. Elle impose deux conditions, que l'homme ne regarde jamais la pendule, elle se sentirait humiliée et cesserait son récit, et veut à boire et des cigarettes. Le temps passant, sa langue se délie, elle se raconte.....ses années où elle s'est tue et a menti . Elle prévient, c'est une histoire très dure ! Est-il prêt à tout entendre ? Car elle va lui voler sa nuit ! Il a le choix prendre son corps ou son âme, il a son libre arbitre, mais il ne possédera que l'un ou l'autre.
Il décide d'écouter.....
Pour cette femme, dans une petite ville où l'hypocrisie est élevée au niveau d'une religion, l'histoire serait presque banale. Très jeune elle est amoureuse d'un de ses professeurs, guère plus âgé qu'elle. Elle ignore qu'il est fiancé et il se garde bien de lui dire. Cette liaison secrète durera des années. La nuit s'écoule, les révélations deviennent plus précises au fur et à mesure que l'ivresse augmente. Le narrateur est subjugué et commence à mieux comprendre cette femme et à avoir un autre regard sur elle, de la compassion, puis une sorte de passion. Elle vit et travaille dans une mine près d'une petite ville très fermée où le conformisme est obligatoire, ses parents ne s'entendent plus, elle très croyante, lui développant un grand sentiment de culpabilité. Elle a, adolescente, le sentiment d'être la laissée- pour-compte de la famille. La religion pèse d'un poids considérable sur la vie quotidienne, et l'amour est le péché, la chasteté un dogme, le reste, le mensonge, l'hypocrisie...ne sont que balivernes....Trahie par Johannes son amour de jeunesse, contrainte d'avorter, en porte-à-faux vis à vis du reste de sa communauté, nous suivons donc la vie chaotique de cette femme à qui rien n'est épargné .
En plus de son histoire personnelle de cette narratrice, dont nous ne savons pas le prénom, l'auteur nous parle de la vie de l'époque, la pauvreté, les conditions de travail, celles des femmes aussi, entre les enfants et les désirs sexuels des hommes, les nombreux avortements dans la classe ouvrière, le poids de la religion, puis l'éveil politique, les grèves.
Une femme, qui au bord du gouffre, décide de raconter sa vie, dure existence de jeune fille pauvre et mal dans sa peau et dans sa condition de femme. Amoureuse absolue elle souffrira de la plus extrême solitude dans un monde qui la rejettera et la brisera . Un homme n'est que le prétexte, une oreille , pour briser le destin de cette femme. Qui semble avoir choisi l'autre? Mais lui au matin retrouve sa solitude....et le fol espoir de la retrouver!
C'est très bien écrit, et cela confirme tout le bien que je pensais de cette auteur suite à la lecture de son recueil de nouvelles. L'auteur réussit tout au long de ce roman à ne pas tomber dans le piège du misérabilisme.
Les moments où l'homme s'exprime, le texte est en italique, chose que je respecterai dans les extraits.
Extraits :
- Certains jours sont comme ça.... vides. Ils vous font mal, dedans, ils vous montrent du doigt, ils vous rejettent.
- Voilà pourquoi je dois revenir sur cet instant ; je dois le revivre, car il entrouvrit une porte sur la personnalité de cette femme que je ne connaissais pas.
- Physiquement, je ne la désirais pas. Mais je souhaitais que cette promenade ne finisse jamais.
- Vous savez comme moi que faire l'amour est un plaisir et souvent, pour moi, un bonheur. Alors que l'amour est plutôt affreux......
- Une histoire de mal d'amour et d'argent, d'adultère et d'érotisme, du diable de sa suite.
- Une histoire laide. Horrible. L'horreur. Avec du sang, de la morve et du pus.
- Des amours adolescentes ? Eh bien, dans leur amour, les filles ne sont pas aussi innocentes qu'on pourrait le croire.
- Sur le plan érotique d'autres hommes m'ont davantage apporté. Mais aucun ne m'a fait épanouir ou n'a déployé autant mon âme comme celui-là. Tu peux me dire pourquoi ?
- Il y a des lois qui régissent le monde entier, mais une ville comme la nôtre a les siennes en propre. C'est une espèce de sous-produits des zones, une caricature même. L'hypocrisie générale, qui est tolérée ailleurs, chez nous fait profession de foi.
- Elle rit ; elle s'amusait vraiment de sa comparaison, et je perçus comme elle avait dû être jolie quand elle était heureuse. Elle alluma une cigarette avec plaisir. Lentement elle souffla l'allumette. C'est comme si elle embrassait très lentement la flamme jusqu'à ce qu'elle s'éteigne.
- Et moi aussi, je voulais être heureuse. Ou plutôt, je voulais ne plus avoir mal pendant quelque temps. Je voulais me reposer un peu de cette douleur.
- Elle posa ses poings contre ses yeux. Je notais que je serrais les accoudoirs de mon fauteuil de toutes mes forces, comme si j'avais peur de tomber ; alors je me détendis.
- Pour sortir de ma prison, il n'y a pas de porte, dit-elle lentement, tirant une longue bouffée de sa cigarette.

- Il dormait dans mes bras, nous étions enlacés, et lui dormait, et moi j'étais seule.
- Et pourtant, c'était comme s'il était mort. Non, pas mort.
Parce que la mort n'est pas le pire des cas de ce qui peut séparer deux êtres.
- La bouteille est une bonne amie pour celui qui sait bien la traiter, et c'est une fausse amie pour celui qui pense qu'il peut lui donner n'importe quoi.
- C'est le deuxième. Le deuxième, c'est le début. C'est la première circonstance fortuite qui constitue la chute de la femme, comme on dit.
- C'est comme ça. On ne meurt pas d'amour.
- Ainsi, tu as connu une partie de ce tout que l'on appelle les pogroms du foetus.
- Mais aimer un homme, ce n'est pas toujours la même chose que coucher avec lui.
Éditions : Cambourakis (2010).
Titre original : av måneskinn gror det ingenting (1950)

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15 juin 2011

Week-end noir....La fin....

Juin 2011_Penmarc'h 054
Livre de poche.....format bigouden !
En tout premier lieu un grand merci à notre charmante hôtesse Isabelle pour sa gentillesse et son accueil. Cette dame est la mémoire vivante de Saint Guénolé, l'écouter raconter la vie de ce petit port a été pour moi un moment très instructif ! Les tartines de pain beurre (demi-sel) ont également contribué à la magie de ce petit déjeuner où j'ai été rejoint par Michel Papet, auteur qui résidait dans le même gîte que mon épouse et moi.
Juin 2011_Penmarc'h Bigou

Un autre grand merci à toutes et tous les bénévoles qui donnent un charme particulier à ce festival.
Écrire un roman au chalumeau, le soir...non pas au fond des bois... mais sur le quai de Kerity (Penmarc'h, ne pas confondre avec l'autre, celui de Paimpol, surtout célèbre pour m'avoir vu naître) ! Des preuves en voilà au moins une :
Juin 2011Chalumeau

Écrire, le soir, au coin du feu.
Le maitre d'oeuvre est Marc Morvan, sculpteur quimpérois, dont quelques œuvres escortées par lui-même, des bigoudennes en échasses et mon ami Jean Kergrist, sont parties à l’assaut de l'Élysée!!!! Des statues géantes pour un nain....J'avais bien aimé cette photo devant la porte du Palais Présidentiel !
Laurence Fontaine, la gagnante du grand prix de l'année passé, était de retour en Bretagne avec son nouveau roman « Larmes rouges sur Belfast » qui se passe, je vous laisse deviner où.
J'ai retrouvé quelques compères du célèbre « Gang des barbus » Christian Blanchard, Yvon Coquil et Michel Dréan. Nous avons aussi revu avec grand plaisir Jean Failler toujours très entouré....
J'ai croisé pour la première fois Patrick Raynal, qui était président du festival, j'ai rencontré aussi Max Obione, dont le recueil de nouvelles porte le nom évocateur de « L'ironie du short », clin d'oeil à Blondin ?. La photo de la couverture est très jolie.... Je vais aussi découvrir les livres de Michel Papet dont le roman« Les liens du sang » a été porté sur grand écran. Une autre rencontre et une future redécouverte José Carlos Somoza dont j'ai lu il y a quelques années « Clara et la pénombre », très bon roman !
Voilà j'espère n'avoir oublié personne, mais je suis sûr du contraire......donc l'année prochaine je serai peut-être un peu moins bien accueilli par ceux que j'ai oubliés....
La mer.....
Juin 2011_La mer

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10 juin 2011

Week-end noir.......

affiche2011
Tous les renseignements ici...
http://goelandmasque.free.fr/

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07 juin 2011

STAMM Peter / Paysages aléatoires.

 Paysages

Paysages aléatoires.
Peter STAMM.

Mensonges !
Note : 3,5 / 5.
Ayant décidé de lire des ouvrages se trouvant dans ma bibliothèque, je fais donc une seconde tentative avec cet auteur suisse de langue allemande. Bien que la première pour son roman « Agnès » ne fut pas une réussite !
Kathrine habite un petit village au nord de la Norvège, divorcée avec un enfant à charge, elle n'a jamais quitté le cercle polaire! A vingt huit ans son travail dans l'administration des Douanes n'est pas pire qu'un autre et sa situation pas plus mauvaise que celle de certains autres habitants du port. Elle a quelques amis parmi les marins, Christian le Danois et Alexander le Russe, une aventure par-ci, par-là, quelques soirées un peu arrosées ; la vie suit son cours. Elle fait la connaissance de Thomas qui paraît avoir toutes las qualités pour être un bon mari et un second père pour Randy, son fils.
Mais son remariage avec celui-ci va se révéler catastrophique ! Il faut dire que la belle famille est un cas d'école d'hypocrisie et de religiosité rare ! Une lettre anonyme envoyée à son chef de bureau va la déstabiliser et la découverte des mensonges répétés de son époux vont la pousser dans le lit de Morten un ami d'enfance avec qui tout le monde la voyait mariée, mais les circonstances de la vie en ont décidé autrement. Alors elle abandonne son travail, quitte le cercle polaire et part rejoindre un homme qui ne l'attend pas ! Bien évidement toute fuite est obligatoirement vers le sud, et pour Kathrine ce sera Paris, puis Boulogne sur Mer, mais cet homme tant désiré, lui, ne la désire pas ! Il a sa vie chez lui, une amie avec qui il ne vit pas, mais un sentiment de fidélité malgré tout. Alors que reste-t-il à Kathrine si ce n'est le retour, retrouver les longues nuits polaires et s'apercevoir que comme Ulysse on peut faire un long voyage, mais que le bonheur est parfois au coin de sa propre vie.....Le sentiment de culpabilité hante la plupart de ces personnages, qui tous, pour beaucoup, sont des éternels voyageurs, marins ou pècheurs, des hommes ayant des foyers dans différents pays nordiques qui sont des invités pour des durées variables en fonction des marées ou de la rotation des bateaux.
Kathrine est attachante un peu paumée, pathétique dans sa recherche de l'homme idéal ou plutôt celui qu'elle idéalise. Un voyage initiatique est pour elle une nécessité, mais le but est un simple alibi, il faut voir autre chose,  d'autres gens, sortir de sa routine, surtout quand celle-ci est pesante pour ne pas dire oppressante. Ce qui donne une galerie de portrait allant d' avocates suédoises à un officier de marine très hospitalier.
J'ai aimé l'écriture très simple, agréable et relativement facile de lecture. Autre avantage c'est court. Par contre certaines péripéties en particulier la rencontre avec des touristes suédoises en goguette, si elle donne un peu d'humour au récit et une certaine ambiguïté au personnage de Linn, n’apporte pas grand chose à l'histoire. Il est difficile, je pense, d'imaginer la vie dans ces contrées inhospitalières, sorte de huis-clos nocturne à ciel ouvert, où l'existence est régie par l' hypocrisie et ce sentiment de faute perpétuelle créée par la religion et l'isolement.
Bref, un roman qui m'a, malgré quelques réserves, réconcilié avec cet auteur.
Extraits :
- Le père de Kathrine mourut, il ne se réveilla pas un matin. Il n'était pas encore vieux.
- Il avait fallu réchauffer le sol quatre jours durant pour que les fossoyeurs puissent creuser la tombe.
- Les véritables frontières étaient ailleurs : entre le jour et la nuit, l'hiver et l'été, entre les personnes.
- Les hommes, c'était la blague qui circulait, refusaient de se marier en hiver parce que la nuit de noces durait alors trois mois.
- On se mariait en été, et en hiver on divorçait, on passait alors une nuit avec un autre homme qui n'épargnait pas sa peine.
- Tout ce qui était arrivé par la suite avait été une erreur.
- Son existence s' effilochait au gré des paysages aléatoires dont sa vie était faite.
- C'était son Amérique à elle. Des villes ténébreuses pleines de bandits. Des rues luisantes de pluie où marchaient des gens solitaires.
- Mais ça n'était pas du vrai. Rien n'était jamais du passé au village.
- « Je ne veux pas rentrer », dit-elle, puis, à un moment plus tard : « J'ai envie de coucher avec toi. De faire l'amour. »
- Mille fois mille faisait un million, pour découvrir cela, il n'était tout de même pas nécessaire d'aller jusqu'à Paris.
- Les hommes aiment. Les femmes se laissent aimer.
- L'amour éternel était une invention des auteurs de romans.
Éditions : Christian Bourgeois (2002)/10/18 (2004).
Titre original : Ungefäre Landschaft. (2001).

 

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04 juin 2011

Collectif / Shangai, fantômes sans concession.

Fantomes
Shanghai, fantômes sans concessions.
Collectif/ Romans d'une ville.

Note : 4,5 / 5.
Fantômes et fantasmes.....
Cinq auteurs seulement pour ce court recueil, cinq femmes : Wang Anyi, Chen Danyan, Wei Hui, Cheng Naishan, Tang Ying, pour autant de destins féminins dans une ville et une époque oscillant entre passé et modernité.
« La chambre de l'amant » débute ce recueil. Tout est étrange, la narration, soixante quatorze groupes de lignes pour le récit et quatre pour l'épilogue, variant parfois d'une seule ligne à une demie page. Nous faisons la connaissance d'une femme seule, sortant d'un hôpital suite au décès tragique de ses parents. Elle voudrait être romancière, mais passe ses nuits à espionner deux fenêtres d'un bâtiment situé en face de chez elle ! Un jour elle traverse la rue....Peu de personnages, cette femme, le mystérieux voisin, un jeune homme courtier en assurances, un vieillard préposé à l’ascenseur, pour un texte osé sur l'amour qui dévie jusqu'à l’obsession sexuelle et une forme de folie.
Très marquant et original.
« Linda fille de bar » est d'une écriture plus classique mais également très dépaysant. Linda est entraineuse dans une boîte de nuit plutôt bas de gamme. Sa vie n'est pas reluisante, elle habite avec ses parents un taudis malodorant, mais son charme lui ouvre des portes et le cœur de certains hommes. Elle ne rechigne pas à chiper les petits amis de ses consœurs pour mieux les larguer ensuite. Bref une mentalité un peu douteuse, mais elle a un rêve : devenir une artiste peintre reconnue. Pour cela elle prend des cours aux beaux-arts et elle part en stage à la campagne cherchant à se rapprocher du professeur de dessin....
Une belle histoire avec un format inhabituel pour une nouvelle, presque cinquante pages.Quelques lignes ne sont pas en l'honneur de certains occidentaux vis à vis de la population chinoise, surtout féminine.
« Valses d'un hiver », très beau texte plein de nostalgie. En pleine révolution culturelle, une adolescente, au contact de sa mère digne représentante d'une ancienne bourgeoisie shanghaienne, découvre le bal et les valses de Strauss. Quelque chose lui semble complètement démodé dans ce genre de rencontres, mais petit à petit elle se sent prise au jeu. Hélas, ce changement de vie et d'époque n'amènera pas que du bonheur.
« Ton nom, mon prénom » la beauté des villes dépend-elle de la beauté de ses habitantes ? C'est la question que pose ce texte. On apprend également beaucoup des petits gestes qui semblent frivoles pour garder un semblant de coquetterie ! Par exemple se passer du baume en tube sur les lèvres, en imitant le geste très féminin de se remettre du rouge à lèvres ! Quant à la mode vestimentaire en ces années d'uniformité, là non plus les idées ne manquaient pas. Un texte qui parfois ressemble plus à un essai qu'à une nouvelle, mais très instructif pour comprendre l'influence des femmes sur l'histoire de la ville au quotidien. Une petite liste de ses beautés locales, ou personnages ayant laissé leurs empreintes dans l'esprit des gens ; Eileen Chang, romancière, Sai Jinhua, courtisane qui sauva la Cité Interdite de la destruction, Zhang Zhiyun, actrice...etc...sans oublier les « Shangai Babies » avec Madame Zhong comme exemple.
Un constat social pour le moins surprenant et alambiqué ! Les apparences, toujours les apparences...
« Ruelles » est un très court texte qui termine ce recueil. Son titre est la traduction la plus approchante possible d'un mot chinois « Longtang » qui n'a pas d'équivalent en français. Une promenade nostalgique dans la vieille ville et ses particularités. Une très belle description pleine de tendresse et de pudeur.
Des femmes dont certaines aimeraient un destin artistique, écrivain ou peintre, vastes espoirs ou projets trop audacieux, suivant leurs conditions sociales. Une autre voulant garder son identité, ses racines, tente d'oublier des années de révolution culturelle.
Un mot des auteures que l'on peut qualifier de contemporaines, car nées entre 1946 et 1973, elles ont chacune leur style propre avec une petite préférence pour Wei Hui et « La chambre de l'amant » qui est aussi la plus jeune des cinq.
Une découverte, mais ce recueil n'est pas réellement à sa place dans cette collection, ce qui n'enlève rien à ses qualités.
Extraits :
- Elle ferme les yeux, les gouttes d'eau chaude laissent de petites traces sur sa peau et un irrépressible désir monte en elle, sous le mouvement de ses doigts, son corps gémit, se tord, et explose.
- Elle reste enfermée avec lui plusieurs jours. Chaque orgasme est une rencontre avec l'homme aux cheveux longs, celui avec qui elle ne fait pas l'amour.
- La vie est ainsi faite : tout peut vous arriver et c'est comme si rien ne vous était arrivé.
- Le miroir lui renvoie ses traits tirés, encore accentués par le maquillage, les traits d'une fille qui aurait trop traîné dans la nuit.
- Au moment de se quitter, elle lui avait dit : « Ne te fais pas avoir par cette saloperie d'amour ! »
- Avec l'âge, ces années me parurent naïves et frivoles, et pourtant si difficile à oublier.
- Cette nouvelle époque était tellement inopinée qu'elle déstabilisa beaucoup de monde. Les gens croyaient le bonheur proche, pourquoi furent-ils happés par la tragédie ?
- Les hommes espèrent toujours être le premier amant d'une femme et les femmes être la dernière compagne d'un homme.
- « Une femme, si elle est seulement jolie, à quoi sert-elle ? L'important, ce sont ses capacités.... »
- L'éclat de ce Paris de l'Orient se déploie sur ce fond d'ombre depuis plusieurs dizaines d'années. À présent, tout semble vieux, laissant peu à peu apparaître les marques du temps.
- Les ruelles de Shanghai sont sensuelles, intimes comme le contact de la peau ; fraîches et tièdes au toucher, elles gardent secrets leurs émois.
Éditions : Autrement/ Romans d'une ville. (2004)

 

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03 juin 2011

Collectif / L.A.noir (Présenté par Denise Hamilton)

 L

Los Angeles noir.
Collectif / Denise HAMILTON (Présenté par)

Note : 4 / 5.
Une autre ville, un autre pont....
La Californie sous un regard noir, loin des clichés et des stéréotypes habituels. À part Michael Connelly (dont je ne suis pas un inconditionnel) encore un zéro pointé, je ne connais aucun autre auteur ! Il serait temps que je me soigne. Alors commençons le traitement.
Un dernier mot, souvent sur les blogs littéraires on rencontre des lectures communes, ici c'est une lecture inversée, mon amie Joëlle m'a prêté ce livre, et en échange elle lit « Londres noir ». Innovons !
« Mulholland Drive » cela rappelle un film, un très grand film, deux très belles femmes, quelques scènes assez torrides. Ici ce sont les chutes qui font par deux et qu'importe la voiture de luxe ou pas la casse est assurée !
« Leimert Park. Une époque dangereuse » ce n'est pas le tout de le dire, il faut la vivre, cette époque ! Même si le cadeau d'anniversaire est Esméralda ! Une histoire de drogue, de musique, de vengeance et bien sûr de femmes fatales. Fatalement.
« San Marino. Minuit dans Silicon Alley » Il est ici question d'un vol de puces ! Il est vrai que c'est plus facile à embarquer qu'un éléphant et cela rapporte plus, et c'est vraiment plus lucratif surtout au kilo. Mais la vie a des aléas, parfois. Et là c'est énorme ! Éléphantesque ! On ne sait vraiment plus à quel saint se vouer.
« Los Feliz. La méthode » Une serveuse, venant d'ailleurs pour réussir, tombe sous le charme d'un natif de L.A. Mais attention jeune dame..la faune locale peut mordre. Surtout quand le passé s'en mêle. Un bon texte sur le monde des acteurs dans le creux de l'ancienne vague.
Le mystique « Beverly Hills. 90210 Morroco Junction » attention que la jonction ne devienne pas une injonction. Mais une femme, prenant la suite de son père, connait tous les secrets d’alcôves et autres de tout ce beau monde. Ses sources sont les plus fiables des environs. Mais ne le criez pas sur les toits. Un personnage très attachant et beaucoup d'humour dans l'écriture.
« Los Angeles River. La clochette » est une histoire étrange....méfiez-vous des gens qui veulent vous sonner les cloches !
« Mar Vista . Liens de sang » est une histoire sur la cruauté des enfants vis à vis d'un des leurs handicapé et d'une autre « ethnie » sous le regard indifférent pour ne pas dire complice des adultes. Glaçant !
Un mot pour « Belmont Shore.When the ship comes in » titre d'une chanson de Bob Dylan, plus que l'histoire, somme toute classique d'un cambriolage qui tourne mal, c'est l'écriture qui m'a plu. Rapide, en phrases courtes et parfois sans verbes, style qui convient très bien à la nouvelle noire.
Un personnage nommé Arty, pas loquace, mais très efficace, enfin vu le rôle qu'on lui demande de jouer. Une mystérieuse numéro 19, nous ne sommes pas « Au village » pourtant, une tueuse occasionnelle, bienvenue au club ! Une paire d'amis de longue date, des serveuses et des gangsters, des musiciens et de la drogue, les deux semblent aller de pair. Des jeunes et moins jeunes cherchant la gloire, le sexe et l'argent, croisent et côtoient des ex-célébrités passées de mode voulant retrouver tout cela. L'âge d'or arrive ou n'est déjà plus qu'un souvenir pour certains. Un inspecteur de police obsédé par les faits divers mettant en cause des enfants et des armes à feux, la prolifération des fusils et autre engins de ce type multipliant les accidents. Triste constat. Par contre un garçon devient une sorte de super héros pour avoir échappé à la mort victime d'une balle dans la tête. Une nouvelle qui fait froid dans le dos, avec l'éternelle question de la vente d'armes aux USA. Une femme qui marche à L.A, c'est de la folie, comme le grand amour, qui parfois est mortel ! Un homme qui fête ses cinquante ans, c'est le bel âge se dit-il en préparant une surprise à son entourage !
Des jaunes, des noirs et des blancs, italiens, hispaniques, exilés russes, le mélange des genres, des gens et des cultures, la Californie, mais sous son côté sombre.
Des écritures très différentes mais c'est la loi du genre, un bon recueil qui m'a, malgré tout, moins emballé que celui sur Londres.
Des courtes biographies des auteurs et l'habituelle playlist musicale complète cet ouvrage.
Extraits :
- Ann était à fond pour la souffrance.
- Comme la plupart de leurs potes d'un côté de la loi comme de l'autre, Esméralda avait toujours fait bander Cravitz.
- La drogue, c'est le pouvoir. L'amour pourra jamais t'emmener aussi loin, conclut Athéna Powers dans un sourire.
- Le cerveau était un organe d'une souplesse inouïe, quand même. Il priait pour garder le contrôle de ses intestins.
- Je le sais, vous vous diriez : « quelle péquenaude ? » Mais vous ne me connaissez pas.
- OK, j'avais un problème avec les hommes. Je m'ennuyais facilement.
- Ici, il y a deux genres de gens riches : ceux qui sont riches du compte en banque et ceux qui sont riches d'informations. Je fais partie de la seconde catégorie.
- Comme je l'ai déjà dit, à Beverly Hills, les flics ne parlent pas. Les victimes ne parlent pas. Je suis la fille de mon père. Alors pourquoi parlerais-je ?
- Un garçon qui a reçu une balle avait forcément un cœur d'acier.
- À force de vouloir devenir quelqu'un d'autre, j'avais dévoré toute mon enfance.
- Dans la vraie vie, les histoires ne se terminent jamais véritablement ; elles ne font que se transformer.
- Cela devait faire dix ans que je n'avais pas reçu une telle proposition. Elle m'aimait encore, apparemment.
- Pour un homme de son âge, lui disaient amoureusement sa femme et sa maîtresse, il avait l'air en forme et même bien fichu.
Éditions : Asphalte (2011).
Titre original : Los Angeles Noir (2007).

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